Sanctuaire, Grèce, juillet 2006
L’odeur âcre de la fumée saturait l’atmosphère depuis trois jours mais les habitants n’avaient pas le choix : s’ils ne profitaient pas des premières heures de l’aube pour rafraîchir leurs demeures, la chaleur les rendait invivables.
Réprimant une toux inutile, Thomas Orwell reporta son attention sur Ilona qu’il aidait à préparer le repas du jour alors même que le soleil n’était pas encore tout à fait levé. Très vite, l’Américain avait calqué son rythme sur les habitants de l’île car il avait compris que dans le cas contraire, le manque de sommeil et l’épuisement qui en découlait finiraient par le rendre fou.Lire la suite »
Ce matin-là, une bonne heure avant le lever du soleil, ce fut avec un profond soupir de lassitude que Saga pénétra dans son bureau : oui, la pile de journaux était toujours là et non, elle n’avait pas diminué. Au contraire. Quasi une semaine qu’il n’y avait pas mis les pieds ; cela n’avait pas empêché ses assistants de remplir scrupuleusement leur devoir en prévision de la première tâche à laquelle le Pope du Sanctuaire s’astreignait chaque jour depuis bientôt vingt ans.
La berline noire quitta la route principale quelques kilomètres après la sortie de Mercury pour s’engager sur une piste qui dans les faits n’excéda pas quelques centaines de mètres : à l’issue d’un large virage qui s’achevait loin des regards, la voiture aux vitres fumées retrouva un ruban d’asphalte en parfait état qui filait droit au milieu de nulle part.