Sanctuaire, Grèce, Juillet 2006
« Je suis désolé. »
De l’air piteux ou du ton frustré de Veresh, Rachel était bien incapable de deviner auquel des deux elle dut de ne pas se laisser submerger par la colère ; toujours fût-il que devant l’impuissance manifeste de l’informaticien, elle ravala ses imprécations, prit une profonde inspiration et hocha la tête :
« Merci d’avoir tout tenté.
— Tout, non ! Fit le Pakistanais avec précipitation. Mais le risque est trop grand de détruire le disque dur avec les moyens dont je dispose ici. Ils sont conséquents, c’est vrai, précisa-t-il encore, mais à ce niveau de complexité, il faudrait faire appel à des technologies très particulières dans des conditions qui le sont tout autant.
— Tu penses à quoi ? »
Veresh haussa les épaules et glissa un coup d’œil de côté qui se perdit dans le vide.Lire la suite »
Ce matin-là, une bonne heure avant le lever du soleil, ce fut avec un profond soupir de lassitude que Saga pénétra dans son bureau : oui, la pile de journaux était toujours là et non, elle n’avait pas diminué. Au contraire. Quasi une semaine qu’il n’y avait pas mis les pieds ; cela n’avait pas empêché ses assistants de remplir scrupuleusement leur devoir en prévision de la première tâche à laquelle le Pope du Sanctuaire s’astreignait chaque jour depuis bientôt vingt ans.
La berline noire quitta la route principale quelques kilomètres après la sortie de Mercury pour s’engager sur une piste qui dans les faits n’excéda pas quelques centaines de mètres : à l’issue d’un large virage qui s’achevait loin des regards, la voiture aux vitres fumées retrouva un ruban d’asphalte en parfait état qui filait droit au milieu de nulle part.