Nouvelle Ère – Submersion – Chapitre 31

Sanctuaire, Grèce, fin juin 2006

A regret, Veresh referma son laptop non sans avoir au préalable imprimé ses dernières captures d’écran qu’il ferait parvenir au bureau du Grand Pope. Au vu des circonstances, il avait décidé unilatéralement avec lui-même de ne pas ennuyer le maître du Sanctuaire avec ses dernières découvertes, lesquelles s’enchaînaient désormais à un rythme effréné pour ne pas dire effrayant. Néanmoins, il n’était pas question de tarder plus alors qu’il venait de découvrir un premier fil de discussion sur Reddit[1] basé sur le contenu de l’un des blogs récemment répliqués. Déjà, le subreddit en question comptait plusieurs abonnés ; il ne manquait plus grand-chose pour que le trafic engendré le plaçât dans les sujets dits populaires.

« Tu vas mourir de chaud, habillé en noir comme ça. »

L’avis critique de sa petite amie incita Veresh à jeter un coup d’œil à sa tenue du jour dans le reflet de ses écrans :

« Pourtant, les Européens portent cette couleur pour les enterrements, non ?

— C’est la coutume, en effet, mais pas une obligation. Et quand on connait un peu le Chevalier d’or de la Balance – elle eut un joli rire qui comme à son habitude fit fondre le cœur de Veresh – on sait qu’il préfèrerait de la couleur autour de son cercueil ! »

Dont acte. La robe qui arrivait juste en dessous du genou et qui drapait la haute et svelte silhouette de June comme une seconde peau était ornée de larges fleurs exotiques qui s’épanouissaient sur le fond en coton blanc. Ses concessions à la solennité du moment résidaient dans sa longue chevelure qu’elle avait sagement nouée dans sa nuque et ses chaussures, plates et fermées. Elle ne portait aucun maquillage. Elle n’en portait jamais de toute façon : pour quoi faire ? Elle était si belle au naturel !

« Veresh ? »

Perdu dans sa contemplation émerveillée du chevalier de bronze du Caméléon, le jeune Pakistanais s’ébroua alors qu’elle tapotait le verre de sa montre d’un index impatient :

« Si tu dois te changer, c’est maintenant sinon on va être en retard ! »

* * *

Le caporal Orwell leva les yeux de son carnet et reposa son stylo sur la petite table en bois qu’il avait poussée sous la fenêtre restée entrouverte depuis l’aube. En face de lui, le bleu profond et infini de la mer Égée : il ne se lassait pas de ce tableau.

Ce n’était cependant pas le paysage qui l’avait sorti de sa concentration mais le silence. Incongru. Dans la rue principale en contrebas de la petite maison à étage qu’il occupait depuis son arrivée, plus aucun bruit ne s’entendait au point qu’il se leva pour se pencher au-dessus du bureau et regarder à l’extérieur. Il aperçut quelques silhouettes qui se hâtaient dans l’ombre projetée par les bâtiments puis, balayant la rue du regard, repéra ce qui n’était pas là la veille : des voiles de crêpe noir noués aux fenêtres. A toutes les fenêtres.

Il avait bien noté, depuis quelques jours, une légère altération dans les sourires et les rires qui ponctuaient son quotidien et qu’il ne se lassait pas d’écouter même si les trois quarts du temps, il ne comprenait absolument rien de ce qui les motivait. Si, à son arrivée, les habitants l’avaient d’abord considéré avec circonspection voire méfiance, celles-ci avaient fait long feu devant son air avenant, son accent américain qu’il s’efforçait d’angliciser – avec un succès tout mitigé – et surtout son insatiable curiosité. Sa jeunesse et son visage de joli garçon avaient achevé de gagner à sa cause ses voisines de tous âges et de l’intégrer à la vie du quartier. Pas assez cependant pour qu’il saisît ce qui avait ainsi attristé ceux qu’il avait pris l’habitude de côtoyer et dont il devinait désormais la cause.

Une silhouette familière au bout de la rue l’incita à se ruer dans les escaliers pour aller à sa rencontre :

« Ilona ! »

Il avait fait en sorte d’étouffer son exclamation mais dans l’atmosphère devenue pesante, il n’en eut pas moins l’impression d’avoir hurlé. Devant son air penaud, l’Ukrainienne qui s’apprêtait à le rabrouer, se radoucit aussitôt :

« Thomas. Que fais-tu dehors ?

— Qu’est-ce qui se passe ici ? Souffla-t-il en désignant d’un geste indécis les environs. Où sont passés tous les gens ? Et ces tissus noirs aux fenêtres ?

— … Tu n’es pas au courant, donc.

— Au courant de quoi ?

— Le chevalier d’or de la Balance, Dôkho Chen, est décédé il y a trois jours. » Elle rajouta d’une voix douce devant l’air soudain perdu du jeune homme tout en posant une main sur son poignet : « Il était vieux et très malade : la mort a été une vraie délivrance pour lui.

— Mais il n’était … »

Ni vieux, ni malade quand je l’ai rencontré ! Orwell se mordit les lèvres ; il n’était pas censé évoquer son rôle dans les événements survenus deux ans plus tôt, ni même sa connaissance des chevaliers d’or. Tout juste avait-il admis connaître Saga Antinaïkos pour justifier de sa présence sur l’île, et uniquement parce que celui-ci l’y avait autorisé.

« Une cérémonie en son hommage est organisée au pied du Domaine Sacré, présidée par le Grand Pope. Tous ceux qui ont connu ou côtoyé Dôkho seront présents. Mais j’y pense : peut-être cela t’intéresserait-il d’y assister ? »

A l’instar de tous les habitants – et surtout habitantes – de l’île, Ilona connaissait et s’amusait des questions incessantes du caporal Orwell au sujet de l’histoire des lieux et des coutumes locales. Sa proposition s’inscrivait de toute évidence dans ce constat ; elle ne pouvait pas deviner que son émotion supplantait largement ce qu’il considérait tout à coup comme une futilité.

« Oui – sa voix était enrouée et il se racla la gorge – oui, j’en serai très honoré. »

* * *

Palais du Domaine Sacré, Sanctuaire, Grèce

Les deux mains posées sur l’appui extérieur de la fenêtre, une cigarette à demi-consumée coincée entre son index et son majeur droits, Saga observait l’accès à l’amphithéâtre en contrebas du Domaine Sacré et surplombant le village de l’île. Il y avait foule.

La rumeur sourde et informe propre à une multitude en train de s’amasser avait commencé à s’élever avant le levé du jour et trouvé Saga en train de tourner en rond dans son bureau aux fenêtres grandes ouvertes sur une fraîcheur nocturne toute symbolique ; il ne s’était même pas couché. A quoi bon ? Le sommeil le fuyait depuis le décès de Dôkho et il était désormais trop fatigué pour lui courir après. Sa constitution de chevalier d’or lui permettait pour l’heure de résister aux effets les plus délétères de l’insomnie mais tôt ou tard, ceux-ci le rattraperaient s’il ne remédiait pas très vite au problème.

Dans son dos, la surface habituellement impeccable de son bureau disparaissait sous les amoncellements de courriers, dossiers, rapports et autres journaux accumulés depuis plusieurs jours et qu’il n’avait eu ni le courage ni l’envie de traiter, à l’encontre de ses habitudes quotidiennes. A l’instar de ses compagnons, lui aussi s’était replié sur lui-même afin de prendre le temps d’examiner ce deuil auquel il devait désormais faire face, et de décider de la meilleure façon de l’appréhender. Ou la moins pire.

La porte du bureau s’entrouvrit dans un chuintement discret, pour livrer le passage à Kanon qui vint se poster près de son jumeau devant la fenêtre. Ils ne s’étaient pas concertés mais comme son jumeau, le cadet Antinaïkos avait rassemblé et attaché avec soin sa longue chevelure dans sa nuque pour l’occasion. Il était loin le temps où en signe de deuil, les Grecs se coupaient les cheveux mais les atavismes avaient la vie dure et ni l’un ni l’autre n’avait eu besoin qu’on leur rappelât l’antique tradition pour se plier à sa signification la plus profonde.

« Argol a tenté de regrouper les ordres entre eux avant de les autoriser à entrer mais il a fini par renoncer. Trop de monde », précisa Kanon qui avait suivi le regard de son aîné. « Tu imaginais ça ? »

A vrai dire, oui, Saga imaginait très bien que Dôkho était aimé et respecté au point de drainer toutes les forces vives du Sanctuaire à ses funérailles ; il n’avait cependant pas envisagé que la popularité du Chevalier d’Or de la Balance irait jusqu’à surpasser l’aversion que lui-même inspirait à certains, pourtant aujourd’hui bien présents.

Une petite dizaine de chevaliers de bronze se tenait à l’écart de leurs semblables, eux-mêmes mélangés aux chevaliers d’argent qui disparaissaient les uns après les autres sous la voûte. Malgré les années et la distance, le Pope reconnut sans peine la plupart d’entre eux et avisa sans surprise mais avec une légère déception la chevelure blonde de June du Caméléon qui les rejoignait, remorquant à sa suite un Veresh tout de blanc vêtu, sa main dans la sienne. Il la vit sauter au cou du chevalier d’Andromède et saluer ses autres camarades avec amitié avant de les présenter au jeune Pakistanais. Allons donc, que s’était-il imaginé ? Que parce que la jeune fille de l’époque avait choisi de prêter allégeance au Pope assassin au lieu de se rebeller comme son condisciple, elle couperait les ponts avec celui-ci et ses compagnons pour autant ? Il les observa plus attentivement, nota la présence inattendue du chevalier du Phénix – d’aucuns murmuraient depuis des années qu’il était mort, au temps pour les rumeurs auxquelles le Pope n’avait jamais cru – et fit la moue en voyant le chevalier du Dragon se détacher de ses camarades pour s’acheminer en direction d’une entrée latérale qui menait à la tribune d’honneur. Il n’avait pu faire autrement que d’accepter. A dire vrai, il n’avait pas même été question du contraire et Rachel n’avait d’ailleurs pas eu besoin d’insister.

L’inimitié entre les deux hommes n’avait, de toute manière, plus la moindre raison d’être : le temps, avec son cortège de tragédies, avait fait son œuvre et du point de vue de Saga, les choses occupaient enfin leur juste place. Cette certitude l’autorisait à considérer le Chevalier du Dragon d’un autre œil et à prendre la mesure de la peine qui l’affligeait aujourd’hui. Pour Shiryu aussi, Dôkho avait occupé la place d’un père que le chevalier de bronze n’avait jamais connu, plus encore que pour quiconque. Et perdre un parent sur lequel on avait fondé toute son existence, Saga savait ce que c’était.

Il observa à la dérobée son jumeau qui allumait une cigarette, sans doute la première de la journée et probablement la dernière. L’influence de Thétis n’était pas pour grand-chose dans ce changement d’habitude, qui s’était imposé de lui-même à la naissance d’Andreas, comme si l’arrivée de son fils avait en partie comblé chez Kanon un manque dont il n’avait pas conscience mais qu’il éprouvait le besoin de pallier depuis son retour au Sanctuaire. Les traits du cadet étaient sereins et rien dans son visage ne trahissait ne serait-ce qu’un inconfort face au deuil subi par le Zodiaque. Parce qu’ils étaient jumeaux et qu’ils se partageaient l’un l’autre, Saga avait pleinement conscience qu’il ne s’agissait là que d’une façade mais aujourd’hui encore, il demeurait fasciné par sa maîtrise absolue de ses émotions. Lui-même n’était pas un amateur en la matière mais Kanon lui avait toujours été supérieur et ce, depuis l’enfance.

Ce constat le ramena plus de deux décennies en arrière – déjà ? – et sans doute le visage de Saga démontra-t-il brillamment à quel point son analyse comparative était pertinente quand son frère lui demanda :

« Quelque chose ne va pas ? »

D’abord Saga considéra en silence l’air interrogatif de son jumeau, il comprit ensuite qu’il n’était pas dupe, aussi esquissa-t-il un sourire dont il ne tenta même pas de dissimuler la tristesse :

« Depuis, j’ai les enterrements en horreur. »

Les mots informulés qui avaient conduit à cet énoncé virent Kanon pincer les lèvres et un nuage assombrir brièvement le vert profond de ses iris. Tirant une dernière fois sur sa cigarette, il l’écrasa d’un geste brusque dans le cendrier posé sur le rebord de la fenêtre, effleurant la main de son aîné au passage. Saga crut bien que cette fois encore, comme toutes les autres fois où la mort de leur mère s’invitait entre eux, Kanon ne dirait rien, regarderait ailleurs ou, dans le meilleur des cas, hausserait les épaules. Son cœur fit un bond quand les doigts de son jumeau se refermèrent sur son poignet pour l’étreindre avec une force qui confinait à la dureté :

« Dans ce cas, vivement qu’on en termine. »

* * *

Ça aurait pu être pire. Alors que l’enceinte se vidait progressivement de tout ce qu’elle comptait tantôt de chevaliers de bronze et d’argent, mais aussi d’apprentis, de membres du personnel du Domaine Sacré et d’habitants de l’île du Sanctuaire sous l’œil vigilant d’Argol de Persée et de la tripotée de gardes qu’il avait postés aux endroits stratégiques, Saga poussa un long et profond soupir.

Le cercueil renfermant le corps de Dôkho avait disparu sous l’une des nombreuses arches obscures de l’amphithéâtre pour être acheminé un peu plus tard jusqu’au cimetière du Domaine Sacré. Le Pope l’y accueillerait ; ses pairs, qu’il sentait s’agiter dans son dos, se tiendraient à ses côtés. Personne d’autre.

« Grand Pope.

— Chevalier du Dragon. »

Les deux hommes s’étaient déjà salués de manière plus informelle quand Shiryu s’était présenté au Palais à son arrivée sur l’île avec la bénédiction de Rachel. Depuis, ils s’étaient tenus côte à côte lors de la cérémonie, avaient coupé d’une même main le gâteau de son symboliquement partagé au-dessus du cercueil de Dôkho et scellé l’adieu officiel au pair pour l’un et au maître pour l’autre. Shiryu aurait par la suite toute latitude pour venir se recueillir sur la tombe de Dôkho quand bon lui semblerait sans avoir à en référer au maître du Sanctuaire ; une évidence pour n’importe qui, un premier gage de paix et de confiance mutuelle pour ces deux-là.

« Je sollicite ton autorisation pour poursuivre l’œuvre de mon maître aux Cinq Pics. »

Les poings serrés, le dos droit et le menton levé, Shiryu soutenait le regard pénétrant de Saga sans ciller. Ses traits, parfaitement neutres, ne trahissaient rien de ses pensées mais le Grec le connaissait assez pour deviner que cette demande ne dissimulait aucune mauvaise intention. Il glissa un coup d’œil fugace sur le côté, en direction de Shunrei. La jeune femme se tenait un pas en retrait et si ce n’était les quelques mots de politesse qu’ils avaient échangés à l’arrivée du couple, il n’avait plus entendu sa voix depuis. La Chinoise n’avait jamais quitté l’ombre du Dragon et avait patienté des années durant avant d’obtenir ce qu’elle avait toujours espéré : son amour. Ou du moins ce qui s’en rapprochait le plus. En tous les cas, cela semblait lui suffire, comme en témoignait son regard serein et dépourvu de toute animosité alors qu’elle adressait un signe de tête à Rachel qui le lui retourna avec la même bienveillance.

« Autorisation accordée, répondit Saga d’une voix suffisamment profonde pour résonner dans l’enceinte et être entendue de ceux qui s’étaient attardés. Le recrutement de la prochaine génération est en cours et le Sanctuaire a besoin de toutes les bonnes volontés pour la former. Nul ne saurait être mieux placé que toi pour perpétuer l’enseignement précieux de Dôkho. Je te remercie », rajouta-t-il encore, en tendant la main à Shiryu.

Une rumeur discrète se diffusa depuis le petit groupe de chevaliers de bronze qui attendait le Dragon à la sortie de l’amphithéâtre, comme une inspiration soudain retenue qui se dissipa quand le Chinois serra avec fermeté la main du Pope. A côté de celui-ci, Rachel esquissa un sourire, le premier qui affleurait à son visage depuis le début de la cérémonie. Saga s’en trouva soulagé : non que, contre toute attente, elle ne lui eût pas semblé particulièrement affectée au cours de l’hommage mais elle s’était tenue mentalement trop loin de lui pour qu’il réussît à l’atteindre au cours des dernières heures.

« Le moment venu, je serai très honoré d’accueillir ton neveu – Shiryu souriait à son tour avec au coin des lèvres un soupçon de malice, Saga en aurait juré – lorsqu’il aura atteint l’âge requis et si, bien entendu, le destin me prête vie d’ici là. »

Un gloussement bref gondola le silence, dont le Pope ne put deviner de qui il émanait. Il ne lui permit pas moins de prendre conscience de sa soudaine rigidité et de celle de son jumeau qui s’était rapproché.

« Et pour ma part, j’en serai très heureuse », intervint Thétis qui sans plus de façon prit les mains du Dragon entre les siennes avant d’échanger un sourire avec lui.

« Et donc, ça te fait rire.

— Que tu n’y aies pas pensé plus tôt ? Oui, je l’admets. »

Le sourire de Rachel était devenu assez large pour la révéler coupable et parce qu’il était véritablement heureux cette fois de voir revenir de la lumière dans ses yeux et de la vie sur ses traits, Saga se laissa aller lui-même à un sourire amusé et admit :

« Je t’accorde que c’est un moindre mal.

— Et moi, j’ai mon mot à dire ? Protesta Kanon pour la forme.

— Tu es Balance ?

— …

— Le sujet est donc clos. »

Et le sort en est jeté, songea Saga tout en observant les chevaliers de bronze qui emboîtaient le pas à leur camarade et dont il avait épargné les vies quelques quinze années plus tôt pour complaire à la fille qu’il aimait et qui était partie avec l’un d’entre eux, mais aussi par respect pour le Chevalier de la Balance aujourd’hui disparu. La main que Rachel glissa sous son bras le tira de ses réflexions et il avisa dans le même temps son jumeau, un bras autour des épaules de son épouse, qui lui souriait. Oui, ça aurait pu être bien pire.

* * *

« C’est lui je te dis. J’en suis certain. »

Aioros suivit du regard la direction que son cadet lui désignait mais il n’aperçut que le dos d’Ilona dans la petite troupe au loin qui redescendait vers le village. Le cimetière du Domaine Sacré se situait à mi-pente, à quelques encablures du temple de la Vierge, sur le flanc sud du Mont Étoilé et offrait ainsi un point de vue imprenable sur la mer et le petit port de pêche du Sanctuaire. Plissant les yeux sous le soleil brûlant de la mi-journée et dont le sol caillouteux réverbérait la chaleur, le Sagittaire secoua la tête et allait temporiser les propos de son frère quand celui-ci s’élança vers Aldébaran qui grimpait le sentier qui menait au cimetière :

« C’était le caporal Orwell, n’est-ce pas ? Avec Ilona.

— Je…

— Si ce n’était pas lui, il lui ressemblait vraiment beaucoup. »

Accompagné par Camus, Shura était à son tour parvenu à leur hauteur et l’espèce de confusion dans laquelle il avait semblé baigner tout au long de la cérémonie avait désormais laissé place à un air inquisiteur contre lequel le Chevalier du Taureau savait ne pas faire le poids. D’autant que même Aioros à présent le scrutait, la tête légèrement penchée sur le côté et les bras croisés.

« Alors ? » Insista Aiolia sans voir Milo qui arrivait dans son dos et haussait les épaules avec impuissance en réponse au coup d’œil inquiet du Brésilien.

« C’était prévisible, fit la voix lasse du Scorpion au détour des pensées d’Aldébaran.

— Il n’était pas censé assister aux funérailles, objecta son compagnon d’axe.

—  Il n’est pas censé être ici tout court, donc… » Milo s’interrompit en apercevant Camus qui l’observait. Lui aussi il sait, comprit-il sans toutefois lire sur son visage les reproches que l’autre homme aurait été en droit de lui adresser pour lui avoir menti. Le Verseau donnait plutôt l’impression de jauger la situation et de vouloir rester en retrait en attendant de découvrir les tenants de l’affaire.

« C’est lui, en effet, admit Aldébaran comme les regards convergeaient vers Milo qui n’essayait même pas de faire semblant. Mais il ne m’appartient pas – le Taureau avait levé une main pour contrer les objections – de vous exposer les raisons de sa présence au Sanctuaire.

— Qui d’autre est au courant ? S’enquit Aioros. Je veux dire, hormis Saga ?

— Et Kanon, et Rachel ? Et Thétis ? Et nous deux ? Et Argol ? Et… Ok, personne d’autre », ironisa Milo non sans un petit sourire d’excuse au Sagittaire qui eut un soupir résigné.

Shura avait froncé les sourcils de contrariété et ses lèvres minces s’étaient resserrées au point de disparaître. A peine tourna-t-il la tête à l’approche d’Angelo qui se planta devant le Taureau et le Scorpion, les mains au fond des poches et les yeux cachés derrière ses Ray-Ban miroir, posées de travers sur son nez :

« J’avais cru comprendre que les cachotteries n’étaient plus dans l’air du temps ?

— Parce que tu crois qu’on nous a laissé le choix, peut-être ? Riposta Milo avec humeur.

— Eh bien maintenant, tu peux cracher le morceau. »

Un toussotement poli mais ferme retentit dans leurs dos et le Cancer leva les yeux au ciel avant de pivoter comme ses alter ego vers Saga qui se tenait derrière eux, parvenu là par la grâce d’un passage dimensionnel si finement calculé qu’ils n’avaient rien senti.

« On vous doit des explications mais on a besoin d’en savoir plus pour qu’on ne vous raconte pas n’importe quoi. Parce qu’on a du mal à y voir clair. »

Milo laissa échapper un sifflement agacé et choisit de s’abîmer dans la contemplation du ciel tout en secouant la tête ; ce fut le Lion qui se dévoua :

« Clair à quel sujet ? »

Il y eut d’abord un silence, comme Saga les passait en revue l’air pensif. C’était déjà un miracle en soi qu’Orwell se fût satisfait de sa résidence au village du Sanctuaire depuis son arrivée sans chercher à explorer l’île plus avant. Dans le cas contraire, cette mise au pied du mur improvisée serait survenue bien plus tôt et le Pope n’aurait peut-être pas eu le temps de préparer sa réponse. Il avait néanmoins pris en compte les avertissements d’Aldébaran et de Milo, du moins pour partie : après tout, les meilleurs mensonges ne sont-ils pas ceux qui reposent sur un fond de vérité ?

Il prit le temps de jeter un coup d’œil par-dessus son épaule : un peu plus loin, le cercueil de Dôkho était positionné à côté de la fosse creusée tantôt pour l’accueillir, et qui voisinait avec la tombe de Shion. Aucun discours n’était prévu pour l’inhumation alors que ses seuls compagnons d’armes seraient présents pour partager leurs ultimes pensées avant que la terre ne recouvrît à jamais celui qui l’avait foulée avec tant de courage et d’enthousiasme pendant tant d’années. Mü, accompagné d’un Shaka vigilant qui ne le lâchait pas d’une semelle depuis le décès de la Balance, se tenait déjà là, les épaules et la tête basses, debout au pied de la pierre tombale fraîchement gravée et d’un blanc d’autant plus éclatant qu’elle se dressait au milieu de stèles multiséculaires pour certaines. Thétis, qui venait d’arriver en compagnie de Kanon et de Rachel, lança un regard désolé en direction du Pope qui hocha imperceptiblement la tête ; sans hésiter plus avant, la Suédoise glissa sa main dans celle de Mü et quelques instants plus tard, la lourdeur ambiante qui pesait sur les esprits et les cœurs commença à s’alléger.

Aiolia, qui n’avait pas bougé en face de Saga dans l’attente de sa réponse, desserra imperceptiblement les poings et même si leurs pairs se détendaient peu à peu à peu à leur tour, ils ne quittaient pas les deux hommes du regard. Ce n’était pas le bon moment, admit in petto le Grec résigné, mais y en aurait-il jamais un qui le fût ?

« Le Général Corman tenait un journal. Celui-ci a été volé le jour de sa mort, laquelle pourrait bien ne pas être accidentelle. »

Une brise trop chaude s’enroula entre les oliviers qui flanquaient l’entrée du cimetière et les crissements des cigales parurent redoubler d’intensité. Devant l’immobilité absolue des autres chevaliers d’or qui ne quittaient pas leur Pope des yeux, celui-ci exhala un petit soupir et reprit :

« Les services secrets américains m’ont interrogé ; je leur ai assuré que le Sanctuaire n’était en rien impliqué dans cette affaire.

— Et c’est le cas ?

— D’après toi, Angelo ? Répliqua sèchement Saga ce qui lui valut un sourire torve :

— Je vérifiais.

— Quoi qu’il en soit, ils sont inquiets car ils ont des raisons de penser que Corman aurait pu y consigner des informations sensibles.

— De quel genre ? S’inquiéta Aioros.

— Je ne sais pas, mentit Saga avec un minuscule pincement au cœur. Assez en tout cas pour malmener l’ancien assistant du Général qui s’est retrouvé dans une position disons… délicate.

— Et donc, en grand humaniste désintéressé que tu es, tu l’as fait amener ici pour sa propre sécurité en remerciement des services qu’il nous a rendus, j’ai bon ? »

Le sarcasme du Cancer, qui avait allumé une cigarette et appuyé une fesse sur la seule portion de muret en pierres sèches à l’ombre d’un olivier, vit Aldébaran baisser les yeux et Milo réprimer un rire nerveux. Shura avait dressé un sourcil ; Camus s’installa à côté de l’Italien qui lui tendit son briquet ; les frères Xerakis échangèrent un regard entendu.

« J’ai dit que je ne savais pas ce qu’il y a dans ce journal – la voix de Saga était glaciale – Pas que je ne voulais pas le savoir. »

D’autant plus maintenant que des petits malins s’amusent à mettre des photos du Sanctuaire sur internet.

Ce qui n’a peut-être rien à voir.

Ou peut-être pas.

Le Pope s’ingéniait à maintenir sur ses traits une neutralité cultivée avec soin depuis des années ; l’œil aiguisé d’Angelo qu’il perçut par-delà les ombres et celui, songeur, d’Aioros qui dodelinait doucement sans un mot, sapaient passablement ses efforts aussi éleva-t-il la voix afin d’être entendu de ceux qui les attendaient pour l’inhumation :

« Nous aurons l’occasion d’en reparler, je vous le promets. D’ici là – il étendit le bras en direction du cimetière – et si nous allions lui dire au revoir une dernière fois ? »

 

 

 

[1] Reddit a été fondé en 2005.

10 réflexions sur “Nouvelle Ère – Submersion – Chapitre 31

  1. Ambiance changeante au sanctuaire… C’est bien que Shiryu et Saga (et par extension tous les bronzes et l’armée d’Athéna) aient enfin réussi à faire la paix autour de la dépouille de Dohko, mais c’est pour mieux que ça reparte en quenouille juste après avec les inévitables Aiolia et Angelo.

    Ils font la paire, ces deux-là, quand il s’agit de foutre Saga dans la mouise!!!

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    • Alors la paix, la paix…. Je ne sais pas si on en est déjà là ! XD Disons qu’on est plutôt dans l’apaisement pour le moment. De l’eau a coulé sous les ponts, les rancoeurs s’estompent mais tout ne s’oublie pas. Saga reste un Pope assassin qui lors de sa prise de pouvoir a fait le ménage en mode « tu plies le genou ou tu meurs » (en résumé). Ceci étant, le résultat est que le Sanctuaire se porte bien, qu’il assume son rôle dans le monde et qu’il entre progressivement dans une nouvelle dynamique. Donc, l’un dans l’autre… (XD). Quoi qu’il en soit, je pense qu’on peut voir le « rapprochement » de Saga et Shiryu comme une étape positive pour la suite 😉

      Si Saga n’avait pas ses petits cailloux dans la chaussure, ça lui manquerait, je suis sûre XD De toute façon, Aldé et Milo l’avaient prévenu : cette histoire ne pouvait pas être passée sous silence trop longtemps et tôt ou tard, ça allait sortir. Eh bien c’est fait 🙂 Et encore : là, il ne s’agit encore que de Orwell et du journal de Corman.

      Ce chaptre est une transton pour la sute que j’espère pouvor sortr rapdement ! Encore un tout grand merc pour ta lecture et ton ressent, à bentôt !

      PS : comme tu peux le constater, une lettre de mon claver vent de me lâcher, je te lasse devner laquelle… T_T

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  2. Ouh là, ça commence à sentir mauvais cette histoire de théories du complot en ligne, si Reddit s’en mêle… La seule chance qu’a Saga dans cette histoire, c’est que Twitter n’existait pas encore! Mais je crains que ça ne fasse que retarder l’inévitable…

    Et alors tu parles de révélations au mauvais moment… Cela dit effectivement, ça allait bien finir par arriver. Et c’était probablement nécessaire, parce que j’imagine que les funérailles de Dhoko passées, Saga va devoir empoigner sérieusement ce problème (d’autant plus au vu du début du chapitre). Et il aura certainement besoin d’impliquer tout le monde!

    Je n’avais pas réalisé que Shiryu allait devoir entraîner Andreas! C’est ballot XD Heureusement que Saga et lui ont, disons, posé les bases d’une collaboration fructueuse pour le Sanctuaire.

    Sinon j’avoue que ta vision du couple Shiryu/Shunrei m’a fait sourire de coin… « son amour, ou du moins ce qui s’en rapprochait le plus », ah c’est clairement pas la grande passion. Je plains un peu Shunrei, même si apparemment elle est satisfaite de son sort. Je crois que j’ai une vague envie de la secouer et de lui dire « va vivre ta vie, ma grande » qui remonte de la dernière fois que j’ai vu l’anime!

    Comme d’habitude, merci pour ce chapitre, qui me laisse présager quelques moments croustillants pour la suite!

    Lily

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    • Tu as raison, heureusement que ça se déroule en 2006 et pas en 2016… Tu imagines l’enfer ? Notre pauvre Saga n’aurait même pas eu le temps d’enterrer Dôkho XD

      L’île du Sanctuaire est relativement petite et même si les chevaliers d’or ont globalement tendance à rester dans le Domaine Sacré quand ils s’y trouvent, la présence d’Orwell aurait fini par être sue. Au final, heureusement que ce sont Aldé et Milo qui ont été mis au courant, eux qui vivent à demeure au Sanctuaire et qui de ce fait, participent bien plus à la vie quotidienne que d’autres qui ne sont que de passage. S’ils croisent Orwell, c’est moins problématique, et cela retarde l’échéance. Quoi qu’il en soit, désormais les choses vont s’accélérer, au moins du côté du journal de Corman.

      Eh non, Saga ne va pas se débarrasser de Shiryu, faut croire que c’était écrit XD (bon, je ne garantis pas que la formation d’Andreas ne donne pas lieu à des débats sans fin, hein… XD)

      Ah ah, bon, Shiryu était mon premier amour saint seiyesque et donc, forcément, je n’aimais pas beaucoup Shunrei ! (le « mon amour » dans la VF lors du combat Cancer/Dragon m’avait beaucoup énervée à l’époque XD) Par souci de cohérence avec moi-même (… quoi ? :p), j’ai donc opté pour une relation « raisonnable » pour les deux partis. Je n’en écrirais pas les détails mais je peux dire ici que c’est ce dont Shiryu avait besoin – du calme, de la stabilité, de l’apaisement – après sa relation avec Rachel et la tragédie qui s’en est ensuivi. Et j’ai effectivement choisi de rester sur le concept de la Shunrei qu’on nous a toujours présenté, à savoir la jeune femme qui attend patiemment et sagement son compagnon. Il en faut, aussi, des femmes qui font ce choix en toute connaissance de cause, et je trouve d’ailleurs que c’est aussi une forme de courage. Si elle est heureuse comme ça, c’est l’essentiel ! 😉

      Les ennuis ne font que commencer, j’aimerais tellement pouvoir faire un film plutôt que d’écrire les événements ! Tout va vite dans ma tête mais pas sur l’écran, c’est très frustrant T_T

      Encore merci pour ta lecture et ta fidélité, je te dis à bientôt !

      Al’

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  3. L’heure de l’adieu à un chevalier, si ce n’est aimé, mais en tout cas, respecté de tous.
    Je vois que dans UDC, le chevalier du Phénix est aussi joyeux que dans le manga… 😅

    Saga et Shiryu qui « enterrent » la hache de guerre…. peut-être le dernier prodige de Dhoko .
    La réaction de Kanon quant à l’entrainement de son fils est comique…. (je n’arrive toujours pas à me faire à l’idée de Shiryu soit en capacité de former Andréas, tant l’écart de niveau entre les deux est monstrueux).

    En effet, le « situation » du Sanctuaire va vite devenir ingérable. Tous les moyens (y compris les plus tordus) vont être bons pour s’en sortir. Pour avoir lu les drabbles, ça ne vas se faire en clin d’oeil.

    Hâte de lire tout cela en détail (et de voir l’apparition de James ainsi que l’évolution de Sybil et Rosa).

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    • Si Ikki n’était pas Ikki, on s’ennuierait XD

      J’aime bien ta vision des choses : c’est vrai que d’une certaine manière, Dôkho, même mort, a réussi à réconcilier des irréconciliables et s’il s’était agi de quelqu’un d’autre, pas sûr qu’on aurait abouti à ce résultat. Vraiment, il occupait une place majeure pour chacun.

      De mon point de vue, statistiquement, il est forcément arrivé qu’il n’y ait pas de chevalier d’or pour former la génération suivante. Par exemple, tiens, si on regarde TLC, ils meurent quasiment tous. Pourtant, deux siècles plus tard, on a quand même des chevaliers d’or. C’est donc que la génération a suivi celle de Shion et Dôkho (dans le canon) a forcément été formées en partie par des non-golds. Donc des maîtres forcément inférieurs en matière de puissance par rapport à leurs apprentis. Et après sans doute que le cycle normal s’est rétabli, ou peut-être pas. On ne peut pas le savoir. Pour moi, la formation ne se limite pas à enseigner des arcanes : il s’agit aussi d’apprendre à maitriser le 7ème sens, à se maîtriser tout court, et acquérir tout un tas d’autres compétences techniques, martiales et humaines. Pas besoin d’être un gold pour enseigner ces choses à un futur doré 😉

      Les drabbles offrent un aperçu de la suite, sachant que bien entendu, ma cervelle a tiré chaque fil et en fait autant de pelotes XD Cette histoire est sans doute un peu trop ambitieuse et devrait m’occuper jusqu’à la retraite si ça continue à ce rythme XD

      James ne va plus tarder à faire son apparition ! So, stay tuned 😉

      Un tout grand merci à toi pour ta lecture et tes gentils mots, à bientôt pour la suite !

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      • Hello,

        Je reconnais que tu as raison, les chevaliers d’or ne peuvent pas tous recevoir une formation faite uniquement par un gold (que ce soit de leur signe ou d’un autre).

        Disons que j’ai une vision assez négative de Shishi (son côté psychorigide me freine), d’où mes réticences à accepter qu’il soit apte à former Andréas.

        Hâte de voir l’arrivée de nouvelle génération (mais également la « rencontre » entre Sybil et Angélo).

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      • Coucou !

        Mais… mon pauvre Shishi ! C’était mon chéri quand j’avais 12 ans, m’enfin ! 😀 Concernant Andreas, je pense pour ma part qu’un peu de psychorigidité ne lui fera pas de mal parce que, quand même, ça ne va pas être un gamin facile. Tu imagines ? Fils de chevalier d’or, neveu de Pope, enfant unique et élevé en Antinaïkos pur jus… Dans le genre à baffer, il va se poser là. Angelo va le détester (il ne l’aime déjà pas beaucoup, vu que dès qu’Angelo le prend dans ses bras, il se met à hurler XD) et Sybil n’en parlons pas ! Donc sortir du cocon du Sanctuaire et se retrouver face à quelqu’un d’ultra serein, juste et objectif ne pourra que lui faire le plus grand bien.

        La rencontre Sybil / Angelo, ce ne sera pas dans le prochain chapitre, mais probablement dans celui d’après (enfin, si j’arrive à y mettre tout ce que je veux dedans)

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  4. Coucou Al’ !

    Excellent chapitre, comme toujours ! Un chapitre qui a répondu à plusieurs de mes interrogations concernant la place des Bronzes dans ton univers. C’est drôle, on en avait justement parlé toutes les deux récemment, au sujet de Shun notamment. Et donc même Ikki est présent. La boutade sur le fait que tout le monde le croyait mort m’a bien fait sourire. Bien vu le clin d’œil à l’original et au Phoenix qui renaît toujours de ses cendres.

    Autre point que j’aimerais partager avec toi à l’issue de cette lecture : le rôle de maître formateur de chevalier d’Or que tu vas faire jouer à Shiryu. Ton choix de le voir devenir le maître d’Andreas en tant que futur chevalier d’Or de la Balance me paraît plein de sens. Et ce d’autant plus que j’ai toujours imaginé Shiryu comme étant un très bon pédagogue. D’ailleurs, dans ma première fanfic, j’en avais fait le formateur de pas moins de deux chevaliers d’Or. Le chevalier du Capricorne, et le chevalier du Cancer (qui n’était personne d’autre que son propre fils). Enfin tout ça pour dire que j’adhère totalement à ton idée. Bon et le petit « Tu es Balance ?… Le sujet est donc clos » de Saga à Kanon m’a beaucoup plu lui aussi. Par contre, ça risque d’être difficile pour Thétis de laisser partir son garçon aux Cinqs Pics, car ce n’est pas la porte à côté non plus. Enfin , disons qu’elle a encore le temps de se préparer à cette idée. A moins que la formation des gardiens dorés ne se fassent d’office au Sanctuaire ? Ce qui réglerait la question.

    Et donc voilà : le pot aux roses concernant la présence d’Orwell au Sanctuaire a été découvert. J’imagine que le reste des révélations ne va pas tarder non plus… J’en connais certains qui risquent de finir par vraiment prendre de travers cette accumulation de secrets à leur égard… A moins que la gravité de la situation ne permette de resserrer les rangs.

    J’ai aussi apprécié les références aux traditions ancestrales concernant le deuil (le gâteau de son, le fait de se couper les cheveux ou à défaut — un tel geste eût été criminel ! — de les retenir en queue de cheval). Toujours ton souci du détail que j’apprécie tant. Et ça m’a fait plaisir de retrouver Shunrei au côté de Shiryu (même si sa position dans le coeur du Dragon ne doit pas être la plus enviable de toutes non plus ; enfin tant que tout le monde y trouve une certaine forme d’équilibre…).

    Comme toujours, j’ai hâte de découvrir la suite de ton récit et je te félicite pour tout ce superbe travail d’écriture. Tu nous régales à chaque fois de ta plume. Merci !

    Passe un bel été et à bientôt !

    Bises,

    Phed’

    PS: et je te répondrai bientôt en d’autres lieux pour te remercier pour ta dernière lecture et ton dernier commentaire sur mon bidule à moi, ainsi que pour prendre de tes nouvelles 😊.

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    • Hello Phed’ !

      Merci beaucoup pour ton appréciation enthousiaste de ce chapitre, ça fait bien plaisir ! D’autant que j’ai eu du mal (doux euphémisme) à le sortir celui-là. J’ai eu jusqu’à 3 versions en même temps, sachant qu’à un moment donné, j’étais partie sur la description détaillée des funérailles de Dôkho avant de me mettre une claque derrière la tête pour arrêter mes bêtises XD (j’ai même fait des recherches sur les chants grecs antiques en rapport avec le deuil et les lamentations…)

      Pour les bronzes, il m’a semblé nécessaire d’apporter des précisions parce que je ne pouvais décemment pas faire apparaître Shiryu mais pas les autres. Et s’ils apparaissent, eh bien il fallait forcément un minimum d’explications XD Je suis restée sur la base de la side-story écrite par Kiranagio en son temps concernant la révolte des bronzes à la sauce UDC, que tu peux retrouver sur AO3. Et, oui, bien vu pour le clin d’oeil à Ikki, c’était totalement mon objectif, alors merci de l’avoir remarqué 😀

      Je vois qu’on a le même avis concernant Shiryu, je pense que c’est le fait qu’il ait lui-même été formé par Dôkho qui joue à plein sur cette impression qu’il ferait lui-même un bon maître. De plus il est posé et patient, et prend le temps d’expliquer les choses (parfois un peu trop souvent, certes… XD). Enfin, pour moi, le maître n’a pas nécessité d’être du même niveau que son élève pour le former. Alors, si, Andreas partira au Cinq Pics ! Pour plein de raisons, dont déjà le fait d’être séparé de sa famille pour s’aguerrir, s’endurcir et gagner en autonomie. Ensuite, si Andreas était entraîné au Sanctuaire par Shiryu, autant te dire que notre pauvre Dragon aurait toujours un Gémeau ou deux dans les pattes pour lui parasiter son enseignement XD Donc niveau efficacité, bof quoi. Enfin, Andreas ne va pas être un enfant « facile » XDDD donc ça ne lui fera pas de mal de se rendre compte qu’il n’est pas le centre du monde, ni le meilleur : nous pouvons faire confiance à Shiryu pour lui mettre du plomb dans la cervelle XD (et Thétis fera avec parce qu’elle reste un chevalier d’or elle aussi et qu’elle en connait le prix).

      En effet, ils savent pour Orwell… mais pas pour le reste. Pas encore. Ca risque de faire un peu beaucoup, je suis bien d’accord, et au plus mauvais moment qui plus est. A voir comment Saga va décider de gérer ça.

      Le gâteau de son était présent dès le début d’UDC, il était également présent à la fin, il fait partie du lore à présent 😉 Quant aux cheveux, donc c’est un « reste » de mes recherches : les hommes se coupaient effectivement les cheveux en signe de deuil à l’époque antique et heu…. ben non, quoi. Pas nos chevelus a-dorés, voyons ! XD

      Cette histoire, je l’ai voulue comme une sorte de All Stars Game, avec l’apparition de personnages inattendus : June qui est la petite amie de Veresh, Spartan et Geist dans les chapitres précédents, les argents (Jamian, Argol) et maintenant Shunrei. C’est ma façon de reboucler avec le canon, une sorte d’hommage si tu veux. D’autres sont prévus au programme d’ailleurs 😉 Concernant Shunrei, elle aura son utilité, comme tous d’ailleurs, à un moment donné ou à un autre. Stephen King disait que si on fait apparaître un personnage même ultra secondaire, il doit apparaître au moins deux fois, sinon autant ne pas le faire apparaître du tout 😀

      Un tout grand merci à toi pour ton retour sur ce chapitre 🙂 Le prochain est prêt mais août n’est pas une période favorable pour une publication donc ça attendra septembre et avec un peu de chance, j’aurais avancé d’ici là sur le suivant !

      A très bientôt donc ! :-p

      Bises !

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