Sanctuaire, Grèce, Temple du Capricorne, Août 2006 – le même jour, un peu plus tôt
Rencogné contre l’accoudoir du sofa, Shura leva les yeux vers le Cancer lorsque celui-ci sortit enfin de la salle d’eau environné d’un nuage de vapeur qui en disait long sur le temps qu’il avait passé sous la douche. La peau nue et mate de l’Italien, dont les hanches disparaissaient sous une serviette éponge immaculée, était encore humide, sa tignasse hirsute gouttant sur sa nuque puis entre ses omoplates. Partagé entre sa fascination désormais libre de s’exprimer et le malaise qu’à l’inverse il s’efforçait de réprimer depuis l’adolescence et plus encore depuis qu’il savait, l’Espagnol observa malgré lui le parcours tortueux de l’eau entre les crevasses et les boursouflures qui ravageaient le dos d’Angelo, tandis que celui-ci se dirigeait vers la fenêtre ouverte. Une cigarette tirée du paquet de cigarettes posé sur le guéridon se matérialisa au coin de ses lèvres et, non sans un soupir fatigué, il s’appuya des deux mains sur le rebord de l’encadrement.Lire la suite »
Le maquis avait envahi le sentier au point de le dissimuler totalement par endroits ; Saga cependant n’hésitait pas malgré les branches basses qui fouettaient ses jambes. La pente s’accentua et il se retrouva bientôt à dévaler plus qu’autre chose l’étroite sente pierreuse creusée au flanc de la falaise à une bonne cinquantaine de mètres au-dessus de la Méditerranée, jusqu’à atteindre un replat plus large. Sur cette terrasse improvisée s’ouvraient les arches creusées à même le calcaire de quatre cellules pourvues de solides barreaux et d’une vue imprenable sur la mer.