New York, États-Unis d’Amérique, Juillet 2006
Il s’apprêtait à retourner sur ses pas quand la porte s’ouvrit enfin :
« Aioros ? Qu’est-ce que tu fais ici ?
— Bonjour Myriam.
— Oh… oh, oui, bonjour, pardonne-moi, j’ai beaucoup de patients en ce moment et je t’avoue que c’est un peu la course. Je ne m’attendais pas à te voir, c’est tout, rajouta-t-elle avec un sourire contrit devant l’air désemparé de son visiteur. Mais entre, je t’en prie ! »
Le cabinet de Myriam était aménagé au rez-de-chaussée du vieil immeuble dans lequel elle habitait, deux étages plus haut. En passant devant la salle d’attente dont la porte était ouverte, Aioros avisa effectivement trois personnes qui attendaient leur tour, les uns plongés dans leurs lectures, les autres baillant aux corneilles.
« Tiens ! – Elle lui agitait son trousseau de clés sous le nez – tu n’as qu’à aller m’attendre en haut. Enfin, si le cœur t’en dit bien entendu, parce que j’en ai encore pour une bonne heure ? Je ne veux pas t’obliger ! Tu peux aussi revenir plus tard si ça t’arrange, ou si…
— Ça ira très bien, la rassura-t-il avec un sourire lumineux. J’ai tout mon temps.
— C’est parfait alors. Enfin, je ne veux pas dire que c’est parfait que tu n’aies rien d’autre à faire de plus important, reprit-elle d’une voix précipitée, juste que…
— J’ai compris ! Allez, vas-y, tu es attendue. »
Indécise, elle lui jeta un dernier coup d’œil puis pivota sur elle-même pour s’engouffrer dans la salle d’attente en hélant son patient suivant. La porte de son cabinet claqua derrière elle et non sans un petit soupir, Aioros s’engagea dans la cage d’escalier.
L’appartement n’était pas précisément rangé, mais il n’était pas en désordre non plus : il s’agit du lieu de vie d’une personne très occupée. Il y était déjà venu, quelques fois. Assez en tout cas pour y avoir pris quelques repères, à l’occasion des matins où il était resté.
La montagne de dossiers médicaux empilés sur le bureau poussé sous une fenêtre aux voilages beiges était toujours là, de même que les graffitis et autres schémas épars que Myriam gribouillait lorsqu’elle se plongeait dans l’étude d’un cas. Deux tasses de thé vides occupaient l’espace entre le clavier et l’écran d’un ordinateur ; dans l’une d’elles plongeait un crayon.
Amoncelées sous la table basse en verre, des revues médicales côtoyaient des magazines dédiés au développement personnel ; le grand cabas dans lequel Myriam remisait ses travaux manuels – essentiellement du tricot, et un peu de broderie – trônait toujours au pied du canapé, un vieux sofa défoncé dont l’état discutable était masqué par une savante superposition de plaids multicolores à longues franges. En face, quelques centaines de livres s’alignaient sur des étagères qui occupaient l’intégralité du mur. Et il n’y avait toujours pas de télévision, remarqua Aioros un peu chagriné, considérant qu’à l’issue d’une discussion qui avait viré au débat, Myriam avait concédé que si le Sagittaire était amené à passer plus de temps dans l’appartement tandis qu’elle-même était prise par ses multiples obligations, une télévision permettait plus ou moins utilement de faire passer le temps plus vite. Visiblement, elle avait oublié.
Tout comme elle avait oublié qu’il arrivait aujourd’hui, alors qu’il l’en avait informé à peine deux jours plus tôt.
Quand il se laissa tomber sur le canapé, ses yeux tombèrent sur un prospectus oublié sur la table basse : il invitait les bénéficiaires à se rendre au centre social du quartier pour la distribution des paniers de la semaine. En plus de ses activités professionnelles, qu’elle exerçait ici, à son cabinet, ainsi qu’à l’hôpital et qui lui prenaient un temps certain, Myriam était également bénévole au sein d’une association qui venait en aide aux familles en difficulté.
Et il s’étonnait encore de son oubli ?
Il se surprit à sourire, attendri. Il était ici au cœur de l’univers de Myriam, au cœur de tout ce qui la constituait et devait savourer la chance qu’elle lui offrait de la connaître dans toutes ses composantes. C’était sa façon à elle de lui témoigner cette confiance qu’elle avait eu tant du mal à lui accorder au départ et à cette idée, il se rembrunit : pour sa part, il n’avait de cesse de lui mentir et il était temps que cela s’arrêtât.
Le temps s’écoula lentement tandis qu’il s’efforçait de s’intéresser à un livre qu’il avait pioché dans sa bibliothèque quelques mois plutôt et qu’il ne poursuivait que lorsqu’il se trouvait chez elle. Autant dire qu’il pouvait recommencer depuis la première page ; il ne se rappelait plus de rien. Aussi ce fut avec un soulagement non feint qu’il entendit la porte d’entrée s’ouvrir enfin et il était déjà debout lorsqu’elle déboucha dans le salon :
« Ça y est, j’ai terminé pour aujourd’hui !» Claironna-t-elle avec un grand sourire, se haussant sur la pointe des pieds pour un baiser fugace avant de se dérober aussitôt à son étreinte : « Ah non, laisse-moi aller prendre une douche, je pue !»
Elle ne puait pas du tout mais il n’eut pas le temps de le lui confirmer : elle avait déjà disparu à l’autre bout de l’appartement.
Derechef, il sombra dans le sofa et dans son livre qu’il finit toutefois par abandonner une bonne fois pour toutes. De toute manière, sa cervelle était incapable de se concentrer alors que pour la énième fois, il répétait mentalement les mots qu’il s’était résolu à lui confier et tentait d’imaginer ses réactions : il avait beau retourner la scène dans tous les sens, ce que lui proposait son esprit en la matière ne le rassurait pas.
« Me voilà. »
La voix était plus posée et empreinte d’hésitations ; il releva les yeux pour la regarder debout et immobile à l’entrée du couloir par lequel elle avait disparu tantôt. Les boucles de ses cheveux bruns taillés au carré étaient encore humides et son visage démaquillé lui conférait les traits d’une adolescente. Malgré la chaleur de cette fin de printemps, un pull fin à col roulé et à manches longues masquait ses cicatrices.
« Je suis désolée de t’avoir aussi mal accueilli, reprit-elle doucement. Et aussi d’avoir oublié que tu revenais aujourd’hui. J’espère que tu me pardonneras.
— Pourquoi devrais-je t’en vouloir ? »
Il s’était rapproché et elle se laissa aller dans les bras qu’il lui avait ouverts :
« Tu as ta vie, tu l’avais avant de me rencontrer et il n’y a pas la moindre raison que cela change. Et puis, c’est ce qui m’a plu chez toi.
— Oh, vraiment ? Que je te case à la fin de la journée dans mon agenda, quand il me reste de la place ?
— Que tu fasses ce que tu aimes, et que tu aimes ce que tu fais.
— Tu es adorable, on te l’a déjà dit ?
— Hum, attends, laisse-moi réfléchir : oui. Il me semble bien.
— Cabotin.
— Il faut bien que je mette moi aussi mes qualités en avant.
— Parce que tu as des défauts ? Hormis celui de t’abrutir devant la télévision, je veux dire ?
— Je ne m’abrutis pas, je m’informe.
— Tout le monde dit ça.
— Je ne suis pas “tout le monde”.
— Voyez-vous ça ! »
Elle éclata de rire avant de l’embrasser. Une main de chaque côté de son petit visage, il lui rendit son baiser avec une telle tendresse qu’elle se recula un peu, rouge de honte tout à coup :
« Je ne t’ai même pas demandé, mon dieu… !
— De quoi est-ce que tu parles ?
— Votre oncle, à Aiolia et toi ! Vous êtes partis tellement vite quand vous avez appris son décès, je n’ai pas osé t’appeler, pour savoir, enfin… Je suis terriblement navrée pour vous deux. J’aurais dû t’appeler. Pardon.
— Tu veux bien arrêter de t’excuser ? »
C’était dit si gentiment qu’elle ne put que répondre au sourire qu’il lui tendait. Un sourire triste, il en avait conscience et le voyait dans ses yeux, le devinait à cette hésitation qui tout à coup la rendait aussi maladroite qu’attachante.
A plusieurs reprises au cours de ces quatre derniers mois, il s’était interrogé sur la nature de ses sentiments envers Myriam, considérant qu’il s’agissait de sa première relation véritable. Il n’avait pas de point de comparaison. Les sentiments qu’il avait eus – et avait encore d’une certaine façon – pour certains de ceux qui étaient comme une partie de lui-même, étaient trop complexes et trop confus pour lui servir de mètre étalon auquel comparer ce qu’il ressentait pour Myriam. Avec elle, les choses étaient simples : il n’était pas habitué à cette simplicité.
Et puis, elle avait commencé à lui manquer. Par petites touches, un coup de fil dont il se rendait compte qu’il l’avait attendu, sa fébrilité dans la perspective d’un dîner en tête à tête, des pensées qui le ramenaient à elle en son absence. Il n’aurait pas pu être plus entouré qu’il l’avait été – et que lui-même avait entouré les autres – lors de l’enterrement de Dôkho. Pourtant, quelque chose en lui aurait aimé qu’elle fût présente à ses côtés ce jour-là.
Jane avait évidemment accompagné Aiolia, mais ce n’était pas pareil. Ils étaient en couple depuis des années. Ils avaient prévu de se marier, d’avoir des enfants. Et surtout, Jane savait. Sa relation à lui avec Myriam était toute neuve, ils ne se concentraient que sur leur présent aussi palpitant qu’enchanteur et elle ne savait pas.
Ça en faisait, des différences.
Son questionnement s’était accentué depuis la mort de Dôkho. Il savait que cela allait arriver mais au fond, n’était pas parvenu à s’en convaincre suffisamment pour que, lorsqu’elle était enfn survenue, cette disparition ne l’eût pas ébranlé bien plus qu’il ne l’aurait imaginé.
Dôkho était parti mais lui était toujours là avec son avenir déroulé jusqu’à un horizon encore lointain, sauf contre-ordre. Un avenir auquel il n’avait jamais vraiment songé avant de rencontrer Myriam, à un moment de sa vie où il était enfin prêt pour ça.
Il devait se rendre à l’évidence : il était tombé amoureux de Myriam. Et dès le premier jour qui plus était, même s’il lui avait fallu un petit moment pour comprendre ce qu’il lui arrivait. Elle lui plaisait, il la trouvait jolie, intelligente et drôle et appréciait la force de conviction qu’elle mettait en toute chose, l’énergie qu’elle y consacrait, l’abnégation dont elle faisait preuve lorsqu’elle estimait que son action était importante. Cette philosophie résonnait suffisamment avec ses propres valeurs pour qu’il sût accorder tout le respect dû à cette femme, indépendamment des sentiments qu’il nourrissait à son égard.
La vie continuait. « Plus bateau que ça, tu meurs », avait ironisé Angelo quand Saga avait prononcé ces trois mots, parce qu’il n’avait rien trouvé de plus profond à dire, lui aussi terrassé par la perte dont ils étaient tous les victimes. Bateau peut-être, infiniment juste du point de vue du Sagittaire. La vie continuait. Sa vie continuait et c’était à lui, désormais, de l’écrire. Sauf qu’il ne concevait pas cet avenir qu’il envisageait dorénavant avec Myriam sans la confiance qui allait avec.
Les mains qu’il avait posées sur la taille de la jeune femme remontèrent jusqu’à ses épaules pour les serrer brièvement avant de retomber tandis qu’il prenait une profonde inspiration :
« Ce n’était pas mon oncle.
— … Pardon ?
— L’homme qui est mort. Ce n’était pas notre oncle, à Aiolia et moi, mais il a beaucoup compté dans nos vies, ainsi que dans la vie d’autres personnes qui nous sont également très proches.
— Je ne comprends pas : tu n’étais pas obligé de me dire que c’était ton oncle, si ?
— Parce que j’ai craint sur le moment de ne pas réussir à t’expliquer ce qu’il était vraiment. C’était idiot comme réaction, je le reconnais. Mais… Myriam – ses doigts, plaqués les uns contre les autres, vinrent s’appuyer contre ses lèvres – j’ai une chose à t’avouer, une chose très importante au sujet de laquelle je vais te demander de me promettre la discrétion la plus absolue. »
Le sourire de la jeune femme avait disparu. Ses sourcils sombres s’étaient froncés et elle le dévisageait, décontenancée :
« Je ne comprends pas, répéta-t-elle. Pourquoi est-ce que tu me dis tout ça, tout à coup ?
— Parce que je n’ai plus envie de te mentir. »
La désorientation laissa place à une méfiance soudaine et son visage se ferma :
« Tu me mens ?
— Disons que je ne t’ai pas dit toute la vérité à mon sujet. Et au sujet d’Aiolia.
— Aiolia ? Mais…
— Écoute : je ne te cache pas que c’est la première fois que je me retrouve dans cette situation. Jusqu’à il y a encore quelques temps, je n’étais pas certain de moi-même, vis-à-vis de toi. Non, attends ! La coupa-t-il vivement alors qu’elle ouvrait la bouche pour réagir. Laisse-moi parler : tu n’y es pour rien, c’est moi qui avais besoin de me rassurer par rapport à des sentiments que j’éprouve à ton égard et qui sont très nouveaux pour moi. Aujourd’hui, je suis sûr. Sûr de ce que j’éprouve. Sûr d’avoir envie de construire quelque chose avec toi. Tu m’as donné ta confiance et pour moi, il n’y a rien de plus important : je veux pouvoir te donner la mienne.
— Aioros… »
Elle avait porté ses mains à son front, pour passer ses doigts dans ses boucles encore humides. Se détournant du Grec, elle fit quelques pas dans le salon puis le regarda de nouveau :
« Tu me fais peur, déclara-t-elle.
— C’est bien la dernière chose dont j’ai envie.
— Tu me demandes de promettre alors que je ne sais pas de quoi il s’agit.
— En effet. Je sais que je t’en demande beaucoup.
— C’est… »
Elle secoua la tête :
« Et si ça ne me plaît pas ? Ce que je vais découvrir sur toi ?
— C’est un risque que je suis prêt à courir. »
Il ne baissa pas les yeux, pas à un seul instant tandis qu’elle le détaillait à la recherche d’indices qui auraient pu la mettre sur la voie. Il voyait bien que sa crainte n’était pas feinte et il se sentit désolé pour elle de la voir ainsi acculée. Il lui imposait un dilemme dont elle se serait bien passée et elle était en droit de lui en vouloir. Mais il savait aussi que sans la vérité, leur relation n’avait aucun avenir.
« Pourquoi confidentiel ? demanda-t-elle encore. Tu es quoi ? Un agent secret ? Un prisonnier en cavale ? Un tueur en série psychopathe ? »
Elle tentait de faire de l’humour avec des hypothèses qu’elle n’envisageait pas vraiment par hasard, comprit Aioros. Puis, devant son silence :
« D’accord. D’accord, je te promets que je garderai pour moi tout ce que tu veux me dire.
— Merci.
— Ne me remercie pas trop vite. »
D’un geste, il l’invita à s’asseoir et contre toute attente, elle obtempéra docilement, en élisant le seul fauteuil disponible dans la pièce, qui faisait face au canapé.
« Je vais aller nous préparer du thé, dit-il.
— Je croyais que tu n’aimais pas ça ?
— C’est vrai, répliqua-t-il avec un sourire espiègle. Mais je veux bien me sacrifier pour t’accompagner. »
Lorsqu’il revint, elle n’avait pas bougé. Et lui avait eu le temps de fourbir son entame dont il se rendit compte au moment où il allait ouvrir la bouche qu’aucune préparation, aussi soignée fût-elle, ne pouvait convenir quand il s’agissait d’annoncer :
« Je suis le chevalier d’or du Sagittaire.
—… Quoi ? »
Les lèvres entrouvertes, la tête légèrement penchée sur le côté, elle le fixa avant de descendre lentement les yeux vers la tasse de thé à laquelle elle n’avait pas touché, de jeter un coup d’œil ensuite à celle d’Aioros, avant enfin de remonter jusqu’au visage du Grec, resté imperturbable :
« Tu te sens bien ? » S’enquit-elle avec dans la voix une compassion aussi sincère que possible. Il ne s’en formalisa pas : dans la situation inverse, il aurait sans aucun doute réagi de la même façon face à une telle… déclaration. Et quitte à passer pour un fou jusqu’au bout :
« Il y a environ deux mille cinq cents ans, continua-t-il comme si de rien n’était, les cités grecques étaient en conflit permanent et quelques personnes, qui ne supportaient plus de voir mourir des milliers d’innocents, ont décidé de s’unir afin de les protéger des conséquences de la guerre. Ils se sont installés sur une île, au large de la Grèce, et y ont bâti un sanctuaire dédié à l’époque à la déesse Athéna. Afin d’atteindre les objectifs qu’ils s’étaient fixés, ils se sont entraînés dur pour devenir eux-mêmes des guerriers et au fil du temps, d’autres les ont rejoints. Ce qui au départ avait pour but de venir en aide aux populations victimes des conflits et d’aider à rétablir la paix là où c’était nécessaire, a pris peu à peu une ampleur qui a nécessité la mise en place d’une organisation, avec un chef et une hiérarchie. Le temps a passé et ce qu’aujourd’hui ses membres désignent sous le nom de Sanctuaire, œuvre à l’échelle de la planète, dans le même état d’esprit que ses fondateurs. Je fais partie de ce Sanctuaire. Et mon frère aussi. Nous sommes des chevaliers, à savoir une caste de combattants. Ceux-ci se répartissent en trois classes en fonction de leur force : bronze, argent et or. Aiolia et moi faisons partie de la classe la plus élevée dans la hiérarchie. »
Il ne pensait pas que c’était possible : résumer le Sanctuaire et sa raison d’être en moins de cinq minutes. Et pourtant.
Tu n’aurais pas oublié quelques détails au passage ?
Une moue fugitive déforma ses traits, alors que sa conscience se rappelait à son bon souvenir. Mais ce n’était rien en comparaison du visage de Myriam, devenu la personnification de l’incrédulité et de l’appréhension étroitement mêlées.
« Aioros, je ne sais pas ce qui s’est passé lors de ton voyage en Grèce – si tant est que tu étais bien là-bas – mais tu ne vas pas bien, décréta-t-elle après s’être raclé la gorge, de la voix la plus assurée dont elle était capable. Si tu veux, je peux t’accompagner jusqu’à Bellevue[1], il y a de très bons praticiens là-bas et je suis certaine…
— Je ne suis pas fou, Myriam.
— Non ! Non, bien sûr, ce n’est pas du tout ce que j’ai dit ! Simplement, certains événements, comme un deuil par exemple, peuvent être parfois difficiles à gérer et il est tout à fait normal de se faire aider dans ces moments-là. Tu ne serais pas le premier à qui ça arrive, tu sais, rajouta-t-elle avec un sourire forcé avant de se détourner, fuyant le regard d’Aioros braqué sur elle. Où as-tu donc mis ta veste ?
— Myriam.
— Il faut juste que de mon côté, je retrouve mon sac, et on sera prêt à partir. »
La jeune femme s’était levée et parcourait fébrilement la pièce sans chercher quoi que ce fût mais en se rapprochant petit à petit de la porte d’entrée.
« Myriam ! »
Elle eut un sursaut et pivota très lentement vers le Grec, lui aussi debout devant le canapé.
« Myriam, dit-il encore d’une voix paisible. Regarde ma main. »
Tendue devant lui, la paume en était tournée vers le plafond. Intriguée malgré elle, Myriam fit un pas vers lui, mais pas plus. Elle ne voyait rien de particulier et s’apprêtait cette fois à l’obliger à l’accompagner avec force coups de pied aux fesses s’il le fallait quand une lueur naquit à partir de rien sous ses yeux, une sphère minuscule aux contours indécis mais dont l’intense luminosité dorée lui fit plisser les yeux et rejeter la tête en arrière.
« Qu’est-ce que…
— Chut. »
Peu à peu, la clarté s’aviva comme le diamètre du phénomène allait en s’élargissant et bientôt, elle fut si éblouissante que Myriam eut l’impression qu’un soleil miniature venait d’élire domicile dans son salon, ravalant tout autre source de lumière au stade d’ombres grises et sans relief.
La main d’Aioros retomba mais la sphère demeura là, entre eux, tournoyant paresseusement sur elle-même.
« Ceci est le cosmos. »
Comme revêtu du même or que celui qui chatoyait entre eux, Aioros parlait sur un ton qui s’harmonisait étonnamment avec les pulsations de l’objet que discernait désormais Myriam et dont elle n’arrivait pas à détourner le regard :
« Le cosmos est l’énergie primordiale présente en tout chose, née du chaos qui a présidé à la création de l’univers. Il est infini et inépuisable. Il est partout, en tout point et en tout instant. Il est tout autour de nous, dans les objets du quotidien, dans la nature, dans la roche, dans les êtres vivants… En nous. En toi et en moi. Mais seules certaines personnes ont la capacité de le “sentir”, de le convoquer et de l’utiliser. Il leur confère alors une force inimaginable aux yeux du plus grand nombre et bien contrôlé et employé à bon escient, il permet d’accomplir des miracles. Je fais partie de ces gens, tout comme mon frère. Tu permets ? »
Sous les yeux agrandis de Myriam, Aioros se décala jusqu’à un buffet contre le mur près du cou
loir,sur lequel il piocha un morceau de roche parmi la collection de la jeune femme. Il en choisit un en forme de cube, qui brillait doucement :
« Je te la remplacerai », promit-il avant de tendre de nouveau la main devant lui et de positionner la pierre en son centre. Il referma son poing dessus. Puis le rouvrit et, inclinant légèrement sa paume, en laissa s’échapper de la poussière scintillante qui s’accumula en un petit tas entre leurs pieds.
« Le cosmos est partout, réitéra-t-il, et qui le contrôle, contrôle la matière. J’ai détruit la plupart des liaisons covalentes qui unissaient entre eux les atomes de soufre et de fer de ce morceau de pyrite. Si je les avais toutes détruites, il ne serait rien resté que tu aurais pu voir et tu m’aurais alors peut-être pris pour un magicien. Ce que je ne suis pas. »
Myriam recula d’un pas. Puis encore un autre. Jusqu’à heurter les étagères derrière elle, dont quelques bibelots dégringolèrent. Elle agrippa les plateaux dans son dos :
« Ne m’approche pas, fit-elle d’une voix sourde et angoissée comme Aioros entreprenait de contourner la table basse. Non, va-t’en, ne me touche pas ! »
Cette fois, elle avait crié alors qu’il étirait un bras vers elle et son hurlement de terreur mourut dans sa gorge quand il plaqua sa main sur sa bouche, sans cesser de lui sourire.
Quelque part en Suisse, Juillet 2006
Le gravier crissait sous les roues de la berline de location qui avançait avec précaution sur le chemin. Le ruban d’asphalte s’était interrompu net un kilomètre plus tôt mais l’écran du GPS se montrait catégorique : il fallait continuer.
Le petit drapeau à damiers signalant l’arrivée se mit à clignoter, sans raison apparente : les environs étaient à cent pour cent constitués d’une forêt de conifères tous identiques et étroitement alignés les uns à côté des autres. Rien ne laisser pressentir la présence du moindre…
Là !
Il avait failli la rater : une maison aux murs et au toit sombres, dont la teinte se confondait avec les ombres peu accueillantes projetées par les arbres. La voiture ralentit puis s’arrêta au-delà d’un virage, un peu plus haut. Un silence épais que ne perçait aucun chant d’oiseau régnait en maître au-dehors.
Ses semelles de caoutchouc amortissaient chacun de ses pas su
r ce qui était désormais de la terre battue mais par précaution, il gagna l’herbe sur le côté : mauvaise idée, qui lui valut de tremper de rosée la toile de ses chaussures. Ravalant une imprécation, il progressa en direction de la maison dont il se tint bientôt au bas de quelques marches en bois mal entretenues. La rampe, du même matériau, lui parut suffisamment branlante pour qu’il ne s’y appuyât pas et toujours en silence, il parvint sur le porche. Aucun signe de vie, ni dans les alentours, ni à l’intérieur. Les fenêtres, sales et couvertes de toiles d’araignée, n’encadraient que de l’obscurité. Devant lui, la porte en tout aussi mauvais état que le reste, était percée de haut en bas d’une vitre orangée au relief connoté seventies. Pas de sonnette. Pas de cloche. De toute manière, il n’avait pas l’intention d’annoncer son arrivée, n’est-ce pas ?
Lorsqu’il posa sa main sur la poignée, celle-ci s’abaissa contre toute attente et le vantail s’ouvrit d’une dizaine de centimètres sur la pénombre. Toujours aucun bruit. Il hésita puis, du bout des doigts, repoussa la porte plus franchement avant d’avancer d’un pas dans la maison.
L’extrémité glacée d’un canon s’appuya contre sa tempe gauche :
« Ça pour une surprise… Monsieur Wiggins ! »
Stoppé net dans son élan, le directeur adjoint de la NSA leva lentement les deux mains à hauteur de ses épaules. Du coin de l’œil, il aperçut une opulente masse de cheveux longs et blonds au milieu de laquelle s’ouvrait un large sourire.
« Votre arme, s’il vous plaît. Sans geste brusque.
— Je déteste les armes.
— Ne vous foutez pas de moi. »
La pression du canon s’accentua et il entendit le déclic de la sécurité. Avec un petit soupir, il leva un peu plus sa main gauche et après un signe de tête de son hôte, la plongea lentement sous son veston pour en sortir son Glock.
« Lancez-le sur le canapé, en face. »
Il s’exécuta : l’arme tomba à côté sur le plancher, dans un fracas qui manqua de le faire sursauter.
« Vous visez très mal.
— Je vous l’ai dit : je déteste les armes. »
Un profond soulagement l’envahit quand le froid sur sa tempe disparut et toujours avec calme, il pivota sur sa gauche :
« Je peux baisser les bras ?
— Je vous en prie. »
En face de lui, Dominique Nelson le tenait toujours en joue, avec une nonchalance tout sauf fiable s’il en croyait les informations qu’il avait réunies à son sujet. Aussi demeura-t-il immobile, dans l’attente de ses prochaines consignes.
Elle le dévisagea encore quelques instants avant de hausser les épaules, de glisser sans façon son trente-huit dans sa ceinture et de lui tourner tout à fait le dos en s’éloignant vers une porte de l’autre côté de la pièce :
« Thé ou café ? Je vous préviens, je n’ai que de l’instantané.
— Ça ira très bien. »
Ce ne fut que lorsqu’il la vit disparaître vers ce qui devait tenir lieu de cuisine qu’il se détendit. Et se rendit compte par la même occasion qu’il avait une folle envie d’uriner.
* * *
Il était assis sur l’un des deux seules chaises autour d’une antique table en bois lorsqu’elle revint avec un petit plateau en plastique imprimé supportant deux mugs fumants. Vu la saison, la température extérieure était douce malgré l’altitude mais l’intérieur de la maison était humide. Wiggins enroula ses mains autour de sa tasse tandis qu’elle commentait :
« Et encore, ça pourrait être pire : le conduit de la cheminée est obstrué et j’aurais dû me contenter de cette chose, là – elle désigna un chauffage à gaz sur roulettes remisé dans un coin – dont je ne soupçonne qu’elle m’aurait intoxiquée au monoxyde de carbone si nous avions été en hiver. Comment m’avez-vous trouvée ? Demanda-t-elle sans transition.
— Vous avez appelé votre sœur. Catherine.
— Cette autre antiquité – il suivit son regard vers le guéridon à côté de l’entrée – est un téléphone analogique, alors je ne vois pas…
— Mais votre sœur, elle, est équipée d’un téléphone satellite, seul moyen de communication au fin fond du Burkina-Faso où elle se trouve.
— Il est intraçable.
— Plus grand-chose ne l’est de nos jours. »
Ils burent quelques gorgées en silence, avant que Wiggins reprît :
« C’était malin. Osé mais malin. Comment comptiez-vous réapparaître ?
— J’hésitais encore, avant votre arrivée : ligotée et jetée d’une voiture anonyme devant mon lieu de travail, ou amnésique dans un hôpital.
— La première option est plus spectaculaire.
— Mais demande plus de logistique.
— Du même genre que celle mise en œuvre pour le kidnapping du caporal Orwell ? »
Elle sourit :
« Nous y voilà. »
Wiggins, lui, ne souriait pas et se pencha par-dessus la table :
« Vous vous rendez compte de ce que vous avez fait ? Gronda-t-il. Exfiltrer un soldat de l’armée américaine depuis les bureaux de la NSA…
— Vous étiez en train de le transférer. Techniquement, il n’était pas dans les bureaux mais plutôt dans la petite cour qui donne sur…
— … au nez et à la barbe…
— Ça existe encore cette expression ?
— … des autorités, y compris fédérales qui si je ne m’abuse sont votre employeur ! Alors, à votre tour d’arrêter de vous foutre de moi ! »
Elle cligna des yeux, papillonnant des cils une seconde avant de répondre posément :
« Cette situation vous a vexé. »
Il prit une profonde inspiration tout en se pinçant l’arête du nez.
« Pas que moi.
— Mais c’est vous qui êtes venu jusqu’ici, seul, et pas la cavalerie. Pourquoi ? Et d’abord, comment avez-vous compris ?
— Vous ne pensiez tout de même pas que votre mise en scène allait tenir sur la longueur, si ?
— Je comptais un peu dessus à dire vrai. »
Du menton, il la désigna :
« Votre visage
— Quoi, mon visage ?
— Je l’avais déjà vu. Ça ne m’est pas revenu tout de suite mais le lendemain, quand Bob s’est lamenté sur votre disparition en s’inquiétant de votre sort.
— Ce n’était pas votre cas ?
— Ça aurait pu, si je vous avais retrouvée dans nos bases de données.
— Je suis dans vos bases. Je suis agent spécial.
— Pas ce genre de bases. Or, vous n’y étiez pas. Ce qui signifiait que votre profil fait l’objet d’un niveau de classification élevé.
— Du genre ?
— Du genre de celui que l’État réserve aux personnes dont l’existence est susceptible de constituer un danger dont la note se situe au-delà des menaces que nous en sommes en capacité de contrôler.
— Je suis flattée.
— En l’occurrence, il ne s’agit pas de vous mais de votre autre sœur, Jane. Son dossier, comme tous ceux concernant le Sanctuaire, n’existe qu’en format papier archivé dans les sous-sols du Pentagone. J’ai eu accès à ces documents lors de mon entrée en fonction, un privilège réservé au club très fermé des quelques happy few dont je fais désormais partie. Et comme j’ai rapidement eu la confirmation que votre sœur n’avait pas quitté New York depuis plusieurs semaines… »
Dominique esquissa un signe de tête qui pouvait passer pour de l’admiration ou de l’approbation, au choix. Ceci étant, ni l’un ni l’autre n’agréait à Stanley Wiggins qui reprit froidement :
« Le Sanctuaire – puisque j’imagine qu’il a fourni tous les moyens nécessaires afin de rendre ce kidnapping crédible – a-t-il conscience de s’être tiré une balle dans le pied ? Je ne vous apprendrai sans doute rien en vous disant qu’il est le suspect numéro un en ce qui concerne l’assassinat du général Corman et le cambriolage de son appartement à Washington. En enlevant la seule personne susceptible de détenir des informations relatives à ces événements, Saga Antinaïkos ne fait que renforcer les soupçons qui pèsent sur lui.
— La logique de votre raisonnement m’échappe : pourquoi le Sanctuaire aurait-il voulu s’en prendre au général Corman auquel il doit la vie ?
— Parce qu’il en savait trop à son sujet, justement.
— Ça n’a pas de sens. Vous ne connaissez pas Saga Antinaïkos. Non – elle avait levé une main pour couper la parole à son interlocuteur – ce qu’en disent vos précieux dossiers n’excède pas dix pour cent de ce qu’est réellement cet homme, croyez-moi sur parole. Moi-même je suis loin de tout connaître à son sujet, mais j’en sais suffisamment pour pouvoir affirmer qu’il ne s’en serait jamais pris au général Corman. Il le respectait. Ce qui n’est pas le cas de son – votre supérieur à savoir le général Grisham.
— Expliquez-vous. »
Son café était froid mais il en avala tout de même les dernières gorgées dans une grimace. Il avait définitivement trouvé pire que le distributeur automatique qui trônait à l’étage de son bureau. En face de lui, Dominique le dévisageait sans masquer son scepticisme :
« Vous êtes sérieux ?
— Curieux, plutôt. De découvrir ce que d’après vous, je ne saurais pas.
— Que le chef de l’État-major, votre patron, a non seulement fait retirer toutes les forces stationnées dans le Colorado avant l’arrivée du Sanctuaire – ordre que Corman a refusé de suivre ce qui lui a valu la cour martiale comme vous le savez, enfin j’espère ? – mais a aussi et surtout sciemment retardé l’envoi des secours sur le site dans le seul but de les laisser mourir. »
La tasse de Wiggins, qui dansait distraitement sous ses doigts, s’immobilisa.
« Oh mon dieu. »
Dominique se laissa aller contre le dossier de sa chaise, avec un regard de commisération à l’égard de son invité :
« Vous l’ignoriez. »
Un poing serré posé sur la table à côté du mug, son autre main ballante à son côté, le directeur adjoint de la NSA s’était avachi sur son siège et la contemplait la bouche entrouverte. Il finit cependant par se redresser – un peu – tout en secouant la tête :
« Le général Grisham déteste le Sanctuaire, c’est un fait. De là à projeter…
— En l’occurrence, on a dépassé le stade du projet, vous ne croyez pas ?
— … la mort de ceux qui ont sauvé l’humanité d’une probable troisième guerre mondiale ou pire encore, il y a un monde. D’où tenez-vous de telles informations ?
— Ce n’est pas à moi qu’il faut poser cette question. Ceci étant, j’en ai une autre à vous poser en retour. »
Appuyant ses deux coudes sur la table, Dominique posa son menton sur ses poings :
« Selon vous, qui d’autre que le Sanctuaire trouverait un intérêt à ce que l’existence de ce dernier ne soit pas dévoilée et donc à supprimer toute source d’information potentiellement non contrôlable à ce sujet ?
— C’est une grave accusation.
— Vraiment ? Dans la liste des questions en suspens, vous ne m’avez pas répondu quand je vous ai demandé pourquoi vous. Ici. Tout seul. Si mon petit doigt me dit que personne ne sait que vous êtes ici, mon petit doigt a-t-il tort ? »
Les dents de Wiggins grincèrent derrière ses lèvres pincées et il roula des yeux quand Dominique rajouta tranquillement :
« Vous non plus, vous ne faites pas confiance au Général Grisham. »
[1] Hôpital de NY, situé à Manhattan et réputé pour son service psychiatrique
Pauvre Aioros!! Voilà qu’il fout la frousse à sa promise…
Va savoir pourquoi, cette scénette m’a rappelé certains épisodes de la série Highlander, quand les immortels tentent d’expliquer leur situation à leur partenaire… Avec plus ou moins de réussite…
Pourvu que cette frayeur ne soit que provisoire.
Surpris je suis de voir débarquer, plus loin de là, la douce Dominique. Ce serait intéressant que les trois sœurs soient au coeur de l’intrigue, d’une manière ou d’une autre.
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En même temps, va expliquer la situation sans faire paniquer l’autre en face XD Hé hé, pas mal la réf à Highlander ! Je n’y avais pas du tout pensé et pourtant, j’ai été fan de la série en son temps.
Dominique était présente dans les tout débuts d’UDC et puis on ne l’avait pas revue. Je me suis dit que ce serait cool de la revoir, dans un rôle un peu plus consistant, d’autant que cela se justifie au regard du contexte dans lequel se déroule cette histoire : elle a des compétences dont le Sanctuaire est dépourvu XD
Concernant les 3 soeurs, ne me tente pas T_T J’ai déjà trop de monde à gérer ^^; Ceci étant, je ne m’interdis pas un caméo à un moment donné… 😉
Merci beaucoup pour ta lecture et tes avis éclairés ! 🙂
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Bonjoru M’dame,
Après Shura qui a son petit cœur qui bat maintenant c’est au tour d’Aioros de vouloir faire un pas supplémentaire dans sa relation.
Cupidon aussi à une flèche, il devrait s’en inspirer 😂
Se prendre une telle « nouvelle » à de quoi déstabiliser n’importe qui en effet.
Se pourrait-il qu’à terme, un américain moins « pourri » détracte la machine qui vise à anéantir le Sanctuaire et ses membres ? Cooool !
Sinon, deux publications en à peine un mois, méfie-toi, je vais y prendre goût ! 😊
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Coucou !
Ma foi, on a dit, après les Portes, qu’il fallait vivre. Donc… c’est ce qu’ils font et ils ont bien raison ! 😉 En effet, c’est plutôt « sport » comme révélation, il faut aussi le dire, et il faut réussir à l’encaisser. Myriam sera-t-elle assez forte et d’esprit suffisamment ouvert pour « entendre » Aioros ? Suspens ! XD
Tous les Américains ne sont pas à jeter avec l’eau du bain (… hein ? Mais si…) et Wiggins a oublié d’être complètement crétin. Et puis, le Sanctuaire va avoir besoin de coups de main, et tout est bon à prendre !
Ah ah, tu as de la chance, le prochaine chapitre étant la suite directe de celui-ci, il devrait arriver assez rapidement. Par contre, pour les suivants, ça risque d’être un peu plus compliqué T_T
Encore un grand merci à toi pour ta fidélité, ta lecture et ton temps ! Vraiment, ça me touche 😉
Porte-toi bien et à bientôt !
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Bonjour,
c’est le premier commentaire que je laisse sur tes fanfics bien que je les lise et que je les apprécie depuis des années : une lectrice de l’ombre… je franchis enfin le pas !
Très heureuse de revenir sur l’intrigue liée à la NSA / au Pentagone, qui est vraiment ce que je trouve de plus original dans ta fic. La mention des 3 sœurs de « Cobra » est aussi très sympa !
L’aveu d’Aioros n’est pas facile à expliquer pour lui (le résumé du sanctuaire en 5 minutes est vraiment très bon ! L’explication de l’ordre des chevaliers aussi) et surtout pas facile à accepter pour Myriam : tu nous laisse en plein cliffhanger sur l’achèvement de cette entrevue ! Aioros va-t-il lui laisser du temps pour digérer tout ça ?
Bon courage pour la suite et à bientôt !
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Bonjour !
Je dois bien avouer qu’en dépit des années, du temps qui passe, du quotidien professionnel comme personnel qui met parfois à distance les centres d’intérêt, ma gratitude et mon enthousiasme restent intacts quand, soudain, un ou une lecteur/trice surgit sans crier gare 🙂 D’autant plus une lectrice de l’ombre comme tu dis ! Alors, avant toute chose, non seulement merci d’avoir pris sur ton temps pour me faire part de ton ressenti, et aussi et surtout merci de lire mes élucubrations depuis si longtemps ! Cela me stupéfait et me touche à un point que tu ne saurais imaginer.
Tant mieux si tu apprécies l’intrigue NSA/Pentagone parce que c’est justement l’un des axes principaux de cette histoire 😉 Ca aurait été dommage que ce ne soit pas le cas *rit* Pas forcément simple à traiter – j’ai du faire pas mal de recherches et je vérifie encore pas mal de choses – j’espère réussir à rendre le propos crédible jusqu’au bout. Quant aux 3 soeurs Nelson, je pense faire un caméo en rapport avec leur histoire dans Cobra.
Aioros est vraiment surprenant, en réussissant à « résumer » le Sanctuaire aussi bien XD Il a le sens de la concision, ce garçon. Pour l’explication des constellations, à vrai dire je me suis retrouvée devant cette interrogation de façon abrupte sans trouver de réponse dans le canon donc j’ai… improvisé ? Et cette explication ou une autre, ma foi… (à la vérité, vu l’histoire des constellations, leur changement de nom au fil des siècles, le fait que d’anciennes civilisations leur ont donné des noms différents, sur la base de regroupements d’étoiles différents, ça marche moyen mon histoire mais on va faire comme si !)
La bonne nouvelle, c’est que le prochain chapitre sera la suite directe de celui-ci donc 1/ il ne devrait pas tarder et 2/ le cliffhanger ne durera pas trop longtemps 😉
Un tout grand merci pour ta lecture et ton temps, je sais à quel point il peut être précieux pour chacun d’entre nous et je te souhaite d’apprécier cette histoire !
Merci pour tes encouragements et à bientôt donc 🙂
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Hello !
Eh ben dis donc, Aioros a fait preuve d’une sacrée dose de courage pour franchir le pas et s’ouvrir comme il l’a fait à Myriam. Car révéler la vérité sur qui il est (j’ai adoré le « je suis le chevalier d’or du Sagittaire », tellement… sagittarien comme révélation ! Pour un peu, je m’attendais à ce qu’il déployât ses ailes ! 🤣) et sur ce qu’il représente, ce n’était déjà pas facile, mais en plus avouer que s’il a voulu faire preuve d’un tel niveau de franchise, c’est en raison des profonds sentiments qu’il ressent à son égard, c’était vraiment courageux. Une immense preuve de confiance et… d’amour. Sauf que pour l’instant, la réaction de Myriam n’est pas ce que l’on pourrait considérer comme des plus enthousiastes… En même temps, comment réagir autrement quand votre amoureux vous parle de guerriers grecs aux pouvoirs incommensurables, d’une île mystérieuse, de la Déesse Athéna et du cosmos ? Et en plus, il lui a cassé un beau caillou de sa collection minérale ! 😅 Pourtant, mon petit doigt me dit qu’Aioros va savoir trouver les mots pour rassurer sa bien-aimée et l’aider à encaisser toutes ces nouvelles informations avec calme et sérénité. Enfin dans une certaine mesure en tout cas… (mince, il lui a quand même montré LE cosmos !)
Quoi qu’il en soit, mention spéciale à Aioros qui a réussi à résumer le Sanctuaire, ses origines, son œuvre, avec la clarté et la concision dignes des plus grands orateurs. Et je croise donc les doigts pour que tout s’arrange entre Myriam et lui. Car s’il y en a un qui mérite d’être heureux, c’est bien le Sagittaire (Mouais, non en fait, il mérite tellement TOUS d’être heureux ! Camus, revient vers ton Milo !! 😭 Désolée… Réflexe)
Bon et Wiggins a donc fait cavalier seul pour retrouver Dominique… Chapeau ! Il n’est pas un boss de la NSA pour rien. Car retrouver une hermite aux fins fond de la Suisse (tiens, c’est Lily qui va être contente 😉), c’était clairement pas gagné ! Je me demande ce que va donner ce qui ressemble à une nouvelle collaboration.
Merci pour ce nouveau chapitre et bon courage pour la rédaction des prochains !
Plein de bises et à bientôt !
Phed’
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Coucou !
Aioros ne serait pas Aioros sans ce courage et cette honnêteté qu’on lui connait ! 🙂 Je le vois mal réussir à vivre dans le mensonge, ce ne serait tellement pas lui… Après, ça peut jouer des tours, car si l’honnêteté est une qualité unanimement appréciée… elle l’est souvent sur le papier, et pas toujours quand il s’agit d’entendre des choses qu’on ne veut pas / qu’on n’est pas prêt à entendre.
Ah mais carrément, il a cassé une pyrite, le bougre ! C’est inqualifiable XD Mais là encore, ce ne serait pas du StS sans la casse de cailloux en règle XD Aioros m’a bien étonnée avec son sens de la concision, comme quoi, pas besoin d’en faire des caisses. Bon, allez, on va dire que ça part d’une tellement bonne intention que ça ne peut pas mal se finir… si ? 😉 et c’est vrai qu’il mérite d’être heureux parce qu’il n’a jamais fait de mal à qui que ce soit, ce garçon ♥
Wiggins est un petit génie, c’est juste qu’il ne le porte pas sur lui XD et il comprends pas mal de choses plus très vite. A voir ce qu’il va raconter à Dominique au sujet de la vraie raison de sa présence…
Merci beaucoup à toi d’être passée par ici et d’avoir pris le temps de lire ce chapitre ! Et merci pour tees précieux encouragements 😉
Des bises !
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