Sandersville, Géorgie, Juillet 2006
Plus tard, la plupart des journaux évoqueraient une anomalie météorologique passagère et sans incidence notoire. Les plus âgés hocheraient la tête d’un air entendu ; les plus jeunes se rueraient sur internet. Là, d’abord ils ne trouveraient rien. Puis, à la faveur d’un anonyme “mieux” informé, les premières hypothèses commenceraient à circuler. A se partager. L’adhésion timide des premiers jours deviendrait plus franche, plus bruyante, avant de déborder les “cercles bien informés” pour se répandre plus vite qu’une traînée de poudre. Prête à être allumée.
Il faisait déjà chaud ce matin-là. Très chaud et chacun s’empressait par les rues afin de gagner à qui son véhicule, à qui son lieu de travail ne serait-ce que pour savourer le bonheur de la climatisation. Les retardataires déjà transpiraient quand tout à coup s’éleva une brise. Inhabituelle en cette saison dans cette région des Etats-Unis, elle s’enroula autour des arbres et des réverbères, s’enfila le long des rues et des avenues, souleva la poussière, décoiffa – légèrement – les passants, hérissa leur peau moite de chair de poule. C’est qu’elle était fraîche, cette brise. Trop fraîche. Même les plus absorbés en eux-mêmes ralentirent puis suspendirent leur pas. Ils levèrent la tête, à la recherche d’ils ne savaient quoi mais qui n’aurait pas dû se trouver là. Et leurs yeux s’écarquillèrent.
Livingston, Tennessee, Juillet 2006
« Nom de Dieu ! »
Est-ce que ses doigts venaient réellement d’attraper ce qu’il pensait qu’ils avaient attrapé ? Les paupières de Josh clignotèrent une fois, deux fois et alors qu’il secouait sa main pour s’assurer qu’il n’était pas victime d’une illusion, quelque chose flotta dans son champ de vision, qui avait la même couleur et la même taille que le billet de cent dollars qu’il tenait.
Mû par un réflexe irrépressible, il s’arracha à sa sidération pour tenter de saisir son jumeau – non l’un de ses innombrables jumeaux – « Nom de Dieu ! » jura-t-il encore une fois alors que le précieux rectangle de papier se livrait à un salto arrière sous l’effet du vent frais qui s’était levé tantôt et continuait à souffler avec une étrange régularité.
Tout entier concentré sur sa cible, il percuta quelqu’un et vaguement sonné, trébucha pour finalement apercevoir l’autre personne se saisir du billet tant convoité. Josh était sur le point de protester vigoureusement contre ce qu’il considérait d’ores et déjà comme un vol quand il avisa les autres billets. Tous les autres billets qui pleuvaient du ciel tout droit vers les regards extatiques et les mains avides des passants.
Hope, Arkansas, Juillet 2006
Stoïque sous l’averse de billets, le policier répétait mécaniquement ses avertissements dans son mégaphone :
« Cet argent est la propriété des Etats-Unis d’Amérique. Laissez les billets au sol. Ne les ramassez pas. Toute personne qui sera prise en flagrant délit sera arrêtée et l’argent confisqué. Vous risquez une amende ou la prison. Cet argent est la propriété des Etats-Unis d’Amérique. Laisse les billets… »
Parmi les milliers de personnes qui moissonnaient les portraits des anciens présidents voletant entre leurs pieds, pas une seule ne prêtait attention au message. Pour quoi faire ? Massées autour de la foule pour tâcher de la contenir autant que possible, les forces de l’ordre ne masquaient rien de leur impuissance. Ils ne pouvaient pas arrêter tout le monde, si ? Qu’auraient-ils fait de tous ces gens ?
Le mégaphone finit par se taire, comme les billets continuaient de pleuvoir.
* * *
« Allez, ça suffit. On dégage. »
Un soupir collectif de contentement ponctua la déclaration de Guilty qui ne put retenir un sourire amusé. Leur petite opération avait commencé au matin et ses hommes avaient inlassablement parcouru les distances entre les villes choisies sans jamais descendre en dessous de Mach 3. Une vitesse somme toute moyenne pour n’importe qui doté d’un cosmos entraîné mais qui usait pas mal d’énergie, maintenue de la sorte et sans répit pendant plusieurs heures. Lui-même avait accompli sa part du boulot mais son rôle restait avant tout de coordonner les interventions de chacun.
« Toutes mes félicitations. »
La voix posée d’Alexei le vit pivoter, passablement surpris : il n’avait pas senti le Russe arriver. Celui-ci, les bras croisés, passait la petite troupe en revue : quatre hommes en tout et pour tout en sus de Guilty. Spartan hocha le menton en guise de salut à l’attention de Roudnikov qui lui adressa un mince sourire en retour. Spartan ne parlait pas beaucoup et Guilty ne savait toujours pas d’où il sortait. Non que cela eût beaucoup d’importance ceci dit : quand bien même l’aurait-il appris que cela ne changeait rien pour lui. Tout ce qui l’intéressait était les compétences qu’Alexei et Mélanthios mettaient à son service et la manière dont il pouvait les utiliser.
« Merci, répliqua-t-il. Le résultat était prévisible mais je ne m’attendais pas à ce qu’il prenne une telle ampleur.
— Et tu n’as pas encore vu les journaux télévisés. »
Sur tous les sites – soit une dizaine de villes réparties aléatoirement dans la moitié Est du territoire – d’abord un, puis une dizaine et enfin des hordes de journalistes s’étaient massés derrière les cordons de sécurité pour assister au plus près, médusés, à ce qui serait qualifié de “Silver Rain” par tous les quotidiens et toutes les chaînes d’informations du pays d’ici quelques heures.
« Les premières hypothèses commencent à circuler sur internet », rajouta Alexei qui consulta son téléphone qui venait de vibrer dans sa main. Un éclat froid traversa son regard clair en lisant le message qu’il venait de recevoir : « Notre ami commun va faire en sorte de mettre en avant les plus… pertinentes. »
Guilty laissa échapper un rire bref et sec :
« Alors c’est pour de bon cette fois.
— Je le crains, en effet. »
Alexei avait répondu comme à son habitude, de son ton usuellement plat que d’aucuns avaient coutume de mettre sur le compte de sa langue maternelle en dépit de son excellente maîtrise de l’anglais et du grec. Toutefois, l’ancien gardien de l’île de la Reine Morte fronça les sourcils : il n’était pas certain que cette réponse relevât du second degré, une subtilité qu’il avait eu des difficultés à appréhender mais qu’il pensait désormais maîtriser, à défaut de l’utiliser pour son propre compte.
Guilty n’eut cependant pas le loisir de satisfaire sa curiosité alors que le Russe extirpait une feuille pliée en quatre de la veste légère qu’il portait et la dépliait sur le capot du tout-terrain de l’équipe :
« Ta prochaine cible. »
Il s’agissait d’un plan de New-York sur lequel plusieurs croix rouges étaient déjà tracées ; un point bleu désignait la nouvelle banque à braquer. La tête penchée sur le côté, Guilty commenta :
« Ce sera la quinzième. Les journaux ont déjà commencé à moins parler des deux précédentes : pourquoi continuer ? Surtout après aujourd’hui.
— Justement. » Une main bien à plat sur le plan, Alexei avait relevé son regard de givre pour soutenir celui, circonspect, de Guilty : « On va faire en sorte que chacun fasse le lien entre les banques dévalisées et l’argent tombé du ciel : cela renforcera la popularité des “voleurs” et ravivera l’intérêt des médias. Et puis il y aura cette banque. »
Bien malgré lui, Guilty suivit l’index du Russe qui alla se planter sur le point bleu :
« Et ? Ne put-il s’empêcher de demander devant le mince – et rare – sourire de son interlocuteur.
— Et nous allons devenir des super héros. »
Paris, France, Juillet 2006
« Je te l’avais dit. Je t’avais prévenue ! » Répétait Paula en boucle, secouant la tête de désolation. « Les plans à trois, c’est n’importe quoi ! Voué à l’échec ! Tu vois que tu aurais dû m’écouter !
— Tu peux me passer mon sac, s’il te plaît ? Il est là, juste en dessous du comptoir.
— Non mais franchement, un morceau pareil en plus : quel gâchis pour l’humanité. » Marine attrapa le sac tendu à bout de bras par Paula qui poursuivit : « Et vraiment, tu crois qu’il n’y a pas moyen de moyenner ?
— Qu’est-ce que tu racontes, encore ?
— Non, rien, c’est une expression… Laisse tomber. Enfin, non ! Attends ! »
Paula rafla son propre sac et les clés du café, rattrapant Marine qui était déjà dans la rue.
« Attends que je ferme, au moins ! »
La nuit était douce. Immobile sur le trottoir, Marine inspira profondément et crut déceler, sous les effluves âcres de la ville, l’odeur des derniers jasmins en fleur. Le pull, qu’elle avait emporté par précaution, était léger en travers de la bandoulière de son sac et ses talons, moins hauts que d’habitude. Une longue trotte les attendait dans les rues de Paris, autant être à l’aise.
« Je ne te disais pas de laisser tomber l’affaire, hein. »
Paula était revenue à sa hauteur et marchait d’un aussi bon pas qu’elle en direction de la bouche de métro la plus proche.
« Au contraire : il faut que tu te battes, affirma-t-elle sur un ton sentencieux. Si tu l’as eu une fois, tu peux l’avoir encore. Ça se voit, qu’il ne sait pas ce qu’il veut ! A mon avis, il ne manque pas grand-chose pour qu’il bascule du bon côté de la force. Enfin, non, ce n’est pas ce que je veux dire, il n’y a pas de bon ou de mauvais côté, hein, évidemment mais bon, tu vois, quoi. Hein, tu vois ? »
Marine hocha distraitement la tête. Le babillage incessant de Paula se perdit un instant dans le souffle puissant et vaguement nauséabond du bus dont elles croisèrent la route et qui fit voler en tous sens ses boucles rousses, puis reprit, toujours aussi lancinant. Elle s’était pourtant promis de pas dire quoi que ce fût. De ne rien raconter. Au pire, d’éluder en cas de question quant à l’absence d’Angelo. Mais Paula était dotée d’un véritable sixième sens dès qu’il s’agissait d’histoires de cœur. Ou de cul. Celles des autres en tout cas ; Marine avait fini par craquer sous la pression de ses questions incessantes et de ses regards entendus, et par lui raconter la façon dont Angelo avait mis un terme à leur relation. Parce que, en l’occurrence, il n’était pas besoin d’un quelconque sens surnuméraire pour décrypter ce que les cinq premiers vous hurlent à la figure dans ce genre de “conversation” et en tirer les conclusions qui s’imposaient.
Elle l’avait observé tandis qu’il s’efforçait de cacher sous la table son pouce gauche qu’il était en train de gratter jusqu’au sang ; elle l’avait observé comme il s’attardait sur tout et n’importe quoi autour d’eux pourvu que cela lui permît de fuir son regard ; elle l’avait observé, encore, quand il avait parlé, expliqué, justifié le fait qu’il ne rentrait pas tout de suite avec elle parce que ses amis étaient en deuil et qu’il ne voulait pas les laisser tomber ; elle l’avait observé enfin, lorsqu’il lui avait tendu ce sourire qui se voulait empreint d’avenir mais qui portait dans sa courbure tordue les contours d’un au-revoir qui n’osait pas s’avouer.
Pourtant, elle avait joué le jeu. Fait semblant. D’y croire. Elle avait souri, elle aussi. Elle avait écouté, acquiescé, encouragé. Elle avait soutenu son regard, chaque fois qu’il avait trouvé le courage de s’y confronter. Elle n’avait pas baissé les yeux une seule fois sur ses mains. Elle était restée digne.
Et digne, elle le resterait s’était-elle promis, une promesse qu’elle n’avait pas entaillée malgré la boule dans sa gorge et la brûlure au bord de ses paupières qui avaient accompagné son récit face à Paula. Cette dernière s’était-elle rendue compte de quelque chose ? Elle n’en savait rien et n’avait pas envie de le savoir. Elle avait déjà assez mal comme ça, pas besoin d’y rajouter le sel de l’humiliation.
Paula, en tout cas, prenait la situation particulièrement à cœur et en dépit de la tristesse encombrante qu’elle traînait depuis son retour de Grèce, Marine s’en trouvait amusée : pour un peu, son amie se lamentait plus encore qu’elle-même sur son sort !
« Pourquoi tu ne dis rien ? »
Il n’y avait qu’une dizaine de personnes sur le quai du métro et Marine finit par baisser les yeux sur Paula, qui lui arrivait à l’épaule et qui, si ce n’était la couleur corbeau de ses cheveux, aurait pu passer pour sa petite sœur adolescente avec ses Doc Martins d’un autre âge, ses collants opaques, sa salopette violette, ses innombrables piercings et ses tempes rasées, très à la mode parmi les plus jeunes cette année-là.
« Parce qu’il n’y a rien à dire, répondit posément la Grecque. Ou plutôt, parce que je t’ai déjà tout dit.
— Et tu trouves ça satisfaisant ?
— Que cela le soit ou pas ne change rien à la situation.
— Mais… mais enfin, pourquoi ? Si ça ne te convient pas, tu as quand même le droit de le lui dire !
— Et lui a le droit de n’en avait rien à faire.
— … C’est dingue, ça, quand même. Vous aviez l’air tellement heureux… » Soupira Paula en se laissant tomber sur un strapontin au moment où le métro démarrait.
Oui, ils avaient l’air.
Tu es injuste.
D’accord, ils l’étaient, heureux. S’il y avait bien une chose qu’elle ne pouvait pas vraiment reprocher à Angelo, c’était son investissement dans leur relation. Cet équilibre qu’ils avaient trouvé tous les deux – tous les trois – il y avait cru, aucun doute là-dessus, son soulagement parlait pour lui. Ils s’étaient aimés et lorsqu’ils étaient ensemble, il n’était pas question de »plan à trois ». Non, ils étaient deux, et seulement deux.
Et lorsque vous n’étiez pas ensemble ?
Son sac serré contre elle, elle releva la tête pour parcourir du regard le wagon aux trois quarts vide à vingt heures passées. Lorsqu’ils n’étaient pas ensemble, elle passait son temps à se demander s’il reviendrait. Si de nouveau elle allait se retrouver seule, à la différence près que cette fois, elle ne l’aurait pas décidé. Elle s’était refusée à admettre cette crainte au départ tant il l’avait rassurée, tant les règles, limpides pour chacun, avait été discutées et acceptées d’un commun accord ; mais la peur avait rampé, d’abord dans l’ombre et en silence, avant de darder dans ses pensées sa tête effilée à l’occasion d’un coup de fil qui n’arrivait pas, d’un retard qui se prolongeait, puis de prendre ses aises en s’enroulant autour de son cœur quand Angelo avait commencé à perdre pied.
Son cosmos. Pas lui.
Et quelle différence, par tous les dieux ? Les Portes avaient achevé de dissiper ses confortables illusions forgées depuis quinze ans – et qui avaient commencé à être mises à mal après sa »rencontre » avec Angelo – au sujet de ce foutu cosmos qu’elle rendait responsable de tous ses maux. Le cosmos faisait l’homme. Mais l’homme faisait aussi le cosmos.
C’était ridicule. Elle était ridicule.
D’y avoir cru. Et le pire, c’est qu’elle ne pouvait en vouloir à personne d’autre qu’elle-même.
« Quand même… » La tête appuyée contre la paroi brinquebalante du métro, Paula l’observait rêveusement : « Il ne t’a pas annoncé que c’était terminé.
— Je ne vois pas ce que ça change. »
Aussitôt, Marine s’en voulut de ne pas s’être mordue la langue. Encore.
« Tout ! – Paula se redressa, levant vers elle des yeux brillants – c’est toi qui n’arrêtais pas de râler parce qu’Angelo avait la sale manie de dire tout ce qu’il pense. Absolument tout. Alors si vraiment, il avait décidé de te quitter, tu ne crois pas qu’il te l’aurait dit ?
— … Paula, rassure-moi : en ce qui concerne les hommes, tu n’es pas naïve à ce point-là, si ?
— Oh. Je vois – la jeune Française croisa les bras et détourna la tête, le menton dressé par la vexation – Madame a décidé de faire dans la généralisation, bravo, belle mentalité !
— Ce n’est pas… – Marine prit une profonde inspiration – Tu as raison : on était heureux. Et pour certains, il est difficile de mettre fin à ce qui n’est plus.
— Et bien entendu, tu ne fais pas partie de ces “certains”, toi. »
Le métro ralentit et s’arrêta. Agrippant une barre, Paula tournoya autour avant de s’élancer par les portes ouvertes, Marine sur ses talons :
« Tu sais quel est ton problème ? C’est que tu as tellement peur de souffrir que tu imagines toujours la pire des situations. Et après, tu t’étonnes quand elles se produisent pour de bon. »
Marine ne vit pas Paula hausser les épaules devant elle dans l’escalator. Sous ses pieds, les marches succédaient les unes aux autres, toutes semblables, sans que rien semblât en mesure d’en stopper l’apparition.
« Le truc, c’est qu’on ne peut pas tout contrôler. Tu ne peux tout contrôler. Non, sérieux, Marine ! »
La Grecque faillit trébucher quand la dernière marche disparut sous ses pieds et qu’elle se retrouva sur le seuil de la bouche de métro, dans le halo d’un réverbère.
« Faudrait que tu apprennes à lâcher prise. Si tu veux, je peux te prêter des bouquins qui… Tu ne m’écoutes pas, hein ? Soupira Paula.
— Si, si.
— Non, non. Parce que tu es plus têtue qu’une mule et que ce n’est pas nouveau. Bon, on est presque arrivé : regarde, là-bas ! »
Et en effet. A l’autre extrémité de la rue dans laquelle elles venaient de s’engouffrer, le trottoir était brillamment illuminé par une devanture vitrée et un petit groupe se tenait là, en train de deviser.
« Tu verras, je suis certaine que ça va te plaire », affirma Paula.
Cette dernière avait raison d’avoir insisté pour la traîner jusqu’ici : se changer les idées ne pouvait pas lui faire grand mal. Insensiblement son pas s’accéléra et le poids qui avait élu domicile sur sa poitrine s’allégea. Elle n’était pas dupe : cela ne durerait qu’un temps mais c’était toujours ça de gagné.
Gagné sur quoi, au juste ?
La ferme.
* * *
L’affluence était plus importante encore à l’intérieur. Au fil de quelques notes d’un jazz chaleureux et enveloppant, une coupe ou une mignardise à la main, les invités déambulaient sur un parquet de bois blond à pas feutrés, dans un dédale de cloisons d’un blanc immaculé sur lesquelles plusieurs dizaines de photographies en noir et blanc et grand format étaient exposées.
Dans l’air flottaient encore les odeurs de peinture ; un peu de poussière avait été balayée à la hâte et formait un petit tas au pied du haut comptoir de style industriel à l’entrée de la galerie et devant lequel les deux femmes stationnaient :
« J’ai failli vous attendre. »
Tout sourire, un homme brun de haute taille et au visage comme sculpté dans le marbre par un artiste de l’antiquité se fraya un chemin parmi la foule, deux flûtes de champagne dans les mains qu’il leur tendit sans affectation :
« Pour les petits fours, je vous laisse intercepter l’un des serveurs sans tarder : je crains qu’il n’y en ait pas pour tout le monde !
— Tu ne t’attendais pas à un tel succès, je parie, fit Paula avec un clin d’œil à l’attention de leur hôte qui admit :
— En effet. Et c’est tout à fait inespéré ! Un mardi soir, en pleine semaine, j’escomptais, quoi : une vingtaine de personnes tout au plus ?
— C’est magnifique, en tout cas.
— Tu parles de la galerie ou des œuvres ?
— Des œuvres, bien sûr », répliqua Marine, espiègle, et Daniel éclata de rire :
« Une telle franchise mérite bien une visite guidée ! »
Il lui offrit son bras ; elle le saisit sans hésiter.
Daniel Lamberti, sculpteur plasticien de son état, avait, d’après sa fiche dans le bottin mondain de l’art contemporain, fait ses armes en Suisse dont il était originaire avant de se construire petit à petit une réputation appréciable au sein du cénacle artistique parisien. Son goût très sûr et ses entrées dans les hôtels et palaces les plus luxueux lui avaient permis de se constituer un carnet d’adresses toutes plus utiles les unes que les autres, d’abord pour exercer ses talents de décorateur pour des restaurants branchés, avant ensuite d’exposer le résultat de son propre travail en profitant de la vitrine ainsi offerte par ses clients. Tous s’avéraient enchantés par la qualité de ses prestations ; le bouche-à-oreille avait fait le reste.
C’était à l’occasion d’une exposition d’art contemporain que Marine avait gardé l’habitude de courir, y compris et malgré l’irruption d’Angelo dans sa vie – le chevalier d’or n’étant guère féru du genre auquel il était aussi hermétique qu’un barnacle – qu’elle avait rencontré Daniel, un an plus tôt. Ils s’étaient tout de suite bien entendus : chaleureux et d’abord facile, l’homme s’était intéressé à elle à la mesure de l’attention qu’elle avait elle-même portée à ses œuvres, une qualité d’échange plutôt rare dans ce monde très particulier où chacun aimait par-dessus tout s’écouter parler de soi. Paula, qui le connaissait déjà, s’était félicitée de cette rencontre qui lui avait permis de »récupérer sa copine » ainsi qu’elle s’amusait à le signaler à chaque fois que Marine délaissait Angelo pour l’accompagner dans ses virées culturelles auxquelles Daniel était bien souvent présent, lui aussi.
La drague active de Paula auprès du séduisant plasticien n’avait cependant pas produit les résultats escomptés ; la jeune femme ne s’en était pas formalisée pour autant, se contentant de décocher la case »petit-ami-canon-potentiel » pour ne conserver que celle de »l’ami – canon – qui – peut – être – utile – on – ne – sait – jamais » avant de le traîner jusqu’au bar et lui montrer les tableaux de Marine.
Ni une ni deux, Daniel avait entamé le siège de la Grecque pour la convaincre de lui vendre des toiles afin de décorer un salon de thé qui venait de lui être confié. Elle avait dit non une première fois, puis une seconde ; devant l’insistance de Daniel – et de Paula qui s’était portée volontaire pour en rajouter autant de couches que nécessaire – Marine avait fini par entrer en résistance, bien décidée à ne pas céder devant un intérêt qu’elle considérait disproportionné en regard de ce qui n’était qu’un passe-temps et certainement pas un gagne-pain. En cela, elle mentait, bien entendu ; des tableaux, elle en avait vendu quelques-uns et même si le prix en demeurait modeste, elle appréciait à sa juste valeur ces compléments de revenus. Néanmoins, entre ces quelques transactions dont la plupart était le fruit du hasard et de la curiosité des clients du bar où elle travaillait, et le fait d’être exposée aux yeux d’un public autrement plus large et plus critique, il y avait un monde dans lequel elle n’avait nulle intention de poser le pied.
Aussi surprenant que cela pût paraître, c’était Angelo qui l’avait convaincue par la grâce de son pragmatisme : les tableaux, ça prenait une place dont ils ne disposaient pas à profusion, malgré leur déménagement dans un appartement plus grand que le deux-pièces occupé auparavant par la Grecque. Alors si elle n’avait l’intention ni de les réutiliser pour de nouveaux projets ni de les détruire, et qu’elle pouvait les refourguer à ce type, là, qui la tannait pour les récupérer, pour quelques billets qui plus était, qu’est-ce qu’elle attendait ?
Ainsi, un jour où Angelo était absent – pas question de lui concéder le point de la victoire en public – elle avait convié Daniel à venir se servir ; à son grand effarement, il était reparti avec les trois-quarts de son stock en lui laissant en contrepartie un chèque à cinq chiffres. Ce qu’elle n’avait pas imaginé par contre, c’était que désormais propriétaire de sa production, Daniel Lamberti était libre d’en user à sa guise ; si Paula ne l’avait pas littéralement retenue – malgré tous les efforts de Marine pour se libérer, les ongles de la jeune Française n’avait pas desserré son poignet une seconde –, elle aurait tourné les talons à la vitesse de la lumière ou presque le jour où, invitée à une exposition, elle s’était retrouvée au milieu de ses tableaux.
Elle n’avait pas le droit d’en vouloir à Daniel ; elle lui en avait voulu quand même et d’une certaine manière lui en voulait toujours un peu, ce qu’à son grand étonnement il avait très vite deviné :
« Je te promets que je ne recommencerai pas, glissa-t-il à son oreille alors qu’ils se dirigeaient vers le fond de la galerie où étaient présentées les œuvres maîtresses de l’artiste que Daniel avait choisi pour l’inauguration de sa galerie.
— Ça tombe bien, parce que je ne suis pas prête non seulement de te vendre, mais aussi de te montrer quoi que ce soit de plus.
— Tu m’en vois navré. Sincèrement.
— Tu n’en as pas l’air.
— Eh bien, disons que – il eut un léger rire – tu sais ce qu’on dit : ce qui est rare est cher. Et il me reste encore quelques-unes de tes toiles en stock. »
Secouant la tête, elle leva en direction du plafond des yeux résignés qui accrochèrent au passage une immense photographie monochrome qui représentait un arbre planté au sommet d’une colline aride et pris dans la tempête. Ses frondaisons lui étaient une chevelure et par un savant jeu d’illusions, l’angle de prise de vue donnait l’impression qu’un profil se découpait sur sa face exposée aux éléments. Quant à ses racines, elles semblaient sur le point de s’arracher de leur prison alors qu’une observation plus appuyée permettait de jauger le grand âge et la solidité du tronc qu’elles alimentaient. Cet arbre était ancré dans la terre depuis plus longtemps que ceux qui observaient en cet instant son image la foulaient ; et il serait encore là lorsque ces gens, cette galerie, le support même de la photographie auraient disparu. Pour une raison qu’elle était incapable de s’expliquer, Marine en était persuadée.
Reculant d’un pas, elle considéra l’œuvre et s’en trouva troublée. Autour de cet arbre, il lui semblait voir… Non, n’importe quoi. Pourtant, ce qui ne pouvait exister s’imprima durablement dans son esprit, tandis qu’à côté d’elle, Daniel commentait :
« C’est étonnant, n’est-ce pas : on croirait déceler une sorte de… halo. »
Elle ne sursauta pas. Sa tête néanmoins pivota plus vivement qu’elle ne l’aurait voulu vers son vis à vis :
« C’est exactement ce que j’étais en train de me dire, laissa-t-elle échapper avec un sourire hésitant. Un effet qu’a voulu donner l’artiste lors du retraitement de l’image ?
— Aussi surprenant que cela puisse paraître à notre époque, figure-toi qu’elle ne corrige jamais son travail.
— Elle, tu as dit ?
— Oui, d’ailleurs… – Daniel tendit le cou par-dessus les invités – il me semble l’apercevoir par là-bas. Je pense qu’elle ne tardera pas à nous rejoindre. Après tout, cette photographie est le clou de l’exposition.
— Je veux bien le croire… »
Plus elle scrutait l’œuvre, plus elle y décelait des détails qui ne lui avaient pas sauté aux yeux au premier abord. Par exemple, ces herbes hautes qui avaient trouvé à pousser dans l’ombre de l’arbre et qui s’enroulaient autour de son pied comme autant de chaînes pour le retenir ; ou bien encore ce ciel chargé de nuages sombres mais effilés dans une direction bien précise et que le profil d’abord imaginé mais qui apparaissait de plus en plus réel à la Grecque de seconde en seconde fixait avec intensité, voire se tendait vers le chemin ainsi désigné. Et puis… Cette puissance. Dans le tronc, vieux et épais, dans cet élan vers le ciel, dans ce mouvement qu’elle lisait et dont elle était désormais une part à la fois infime et immense, comme si c’était elle qui était sur le point de s’envoler.
« Le titre est »liberté ». Un titre intéressant, tu ne trouves pas ?
— Il fait écho à l’impression dégagée en tout cas.
— Je ne suis pas sûr toutefois que tout le monde ait la même, malheureusement. »
Malgré la place de choix offerte à l’œuvre en question, peu de gens s’arrêtaient devant, ou tout du moins
pas assez longtemps, et parmi eux beaucoup préféraient quelques-unes des images plus spectaculaires disséminées dans la galerie, certes tout aussi réussies mais… Celle-ci possédait un petit quelque chose qui la rendait unique.
« Tu le vois, j’en suis sûr », rajouta Daniel en un écho si saisissant à ses pensées, qu’elle eut le sentiment, un quart de seconde, de perdre pied comme lorsqu’elle était sur le point de s’endormir. « Cet arbre est assez fort pour se libérer de ce qui l’entrave. Il ne manque rien, ou à peine, pour qu’il s’en aille dans la direction que lui désignent ses rêves… Je ne sais pas pour toi mais cette image me rend triste.
— … Triste, non. Mais nostalgique, peut-être.
— Pourquoi ?
— Hum… Sûrement parce que pour lui, c’est trop tard. Il est trop âgé et même s’il a cette force, il sait qu’au bout du compte, elle ne fera que l’entraver et que sa chute n’en sera que plus vertigineuse. Cela ne l’empêche pas de rêver, même si ce sont à des choses impossibles.
— Il n’est jamais trop tard. »
Daniel avait reculé lui aussi et à présent tout près d’elle, il avait baissé les yeux pour les planter dans ceux de Marine. Elle n’avait jamais remarqué à quel point leur couleur était changeante ; fascinée, elle se laissa aller à plonger dans ce kaléidoscope de bleus et de verts tandis qu’il continuait :
« N’importe qui, avec une telle puissance en soi, peut s’affranchir de ses entraves. Ce n’est d’ailleurs pas une simple question de possibilité, mais de devoir à accomplir. Au nom de tous ceux qui ont cette même force en eux mais qui s’en empêchent au titre d’une morale qui ne dit pas son nom. »
Le ton de Daniel vibrait sur une fréquence qui lui tira un frémissement. Ce n’était pas désagréable ; au contraire, elle sentait que si cette harmonique s’accentuait, elle s’y livrerait volontiers tant le sentiment de confort qu’elle lui promettait était tentateur. Dans le même temps toutefois, le sol persistait à vouloir se dérober sous ses pieds et il lui tardait de corriger ce déséquilibre agaçant. Rassemblant ses sens, y compris les deux surnuméraires, elle ferma momentanément son esprit aux propos de Daniel, si bien qu’elle n’entendit pas la question qu’il lui posa à ce moment-là
« Et toi, Marine, si tu étais cet arbre, ne tenterais-tu pas, malgré tout, d’être libre ? »
« Ah, vous voilà ! »
En rouvrant les yeux, Marine aperçut d’abord Daniel, toujours penché sur elle mais en passe de se redresser sous l’effet de l’exclamation de Paula, puis la silhouette vive et colorée de celle-ci qui remorquait à sa suite une femme élégamment vêtue d’un jean de couleur brut qui lui faisait des jambes d’une longueur vertigineuse et d’un blazer blanc sur les épaules duquel se répandaient de longues mèches d’un vert printanier. Perchée sur des talons de douze bons centimètres, elle dominait l’assemblée et rivalisait avec Daniel.
Le visage de ce dernier s’éclaira en voyant approcher les nouvelles venues et Marine prit alors conscience de la contrariété fugace qui avait tantôt froissé ses traits de statue antique. Elle n’eut pas le temps cependant de s’attarder sur le sujet :
« Voici l’artiste ! » Clama Paula en s’écartant, pour ouvrir le passage à celle qui l’accompagnait et qui, jetant un coup d’œil à son travail accroché au mur, s’inclina légèrement quand Daniel l’applaudit :
« Quel succès, ajouta-t-il avec un sourire. Près d’un tiers de ce que tu m’as confié est d’ores et déjà vendu et ce n’est que la première journée. Je te remercie de m’avoir fait confiance.
— Ce serait plutôt à moi de te remercier – la voix de la femme était grave et légèrement rauque ; en dépit de son français parfait, un accent s’y décelait qui parut familier à Marine – tu as fait un pari en inaugurant ta galerie avec moi.
— Il n’y avait aucune raison que ton succès à Milan ne trouve pas son pendant, ici, à Paris.
— Vous aimez ? »
Le changement d’interlocuteur était si abrupt que Marine tressaillit avant de répondre à la femme qui venait de s’adresser à elle sans autre préavis :
« Heu… Oui. Beaucoup, ajouta-t-elle avec franchise. J’apprécie en général l’art photographique mais je n’ai pas le souvenir d’avoir été un jour confrontée à un travail aussi… juste. »
Elle aurait aimé trouver un autre terme ; il ne lui vint néanmoins que celui-là, le plus proche selon elle de ce qu’elle avait ressenti au fur et à mesure de sa visite de l’exposition. D’une façon ou d’une autre, cette femme réussissait à capturer l’exacte essence de son sujet, fût-il organique ou minéral, ce qu’elle considérait pour sa part comme extraordinaire, au sens littéral du terme. Elle réalisa dans le même temps que c’était un objectif qu’elle-même poursuivait lorsqu’elle s’attelait à ses peintures. Etrange : elle n’y avait pourtant jamais songé.
« Je vous remercie de votre sobriété », répondit la femme, sibylline et Marina identifia enfin ses origines : elle était italienne. Elle espérait ne pas l’avoir vexée par son manque de dithyrambe, si commun dans ce genre d’événement et s’apprêtait à préciser son propos quand l’autre femme lui coupa la parole, tout en l’observant avec intensité :
« Vous êtes très belle.
— Que… »
Paula étouffa un éclat de rire et Daniel ouvrit de grands yeux étonnés. La femme cependant ne semblait faire aucun cas de leur réaction et continuait à dévisager une Marine estomaquée :
« Est-ce que vous accepteriez de poser pour moi ? Je vous observe depuis tout à l’heure : j’aimerais énormément travailler avec vous.
— … Je… Heu… »
Du regard, Marine chercha du secours autour d’elle : il n’y avait plus personne. Daniel s’était retourné pour échanger avec des clients potentiels et Paula… Paula s’était volatilisée même si Marine soupçonnait qu’elle n’était pas assez loin pour ne pas profiter de la scène. La voix de Bruno Martino avec son été maudit[1], se superposait désormais au brouhaha policé et réfrénant une grimace, elle reprit :
« Je crains de devoir décliner votre proposition. »
Les mains crispées sur l’anse de son sac, Marine soutenait sans ciller l’attention de la femme en face d’elle. Sa gorge, toutefois, était sèche.
« Je suis très flattée, bien sûr, poursuivit-elle et n’ai nulle intention de remettre en doute la qualité de votre travail. Mais je ne le souhaite pas.
— Je comprends. »
Le soulagement de Marine fut de courte durée toutefois ; alors qu’elle s’apprêtait à prendre congés, une main fine et nerveuse aux longs ongles manucurés avec soin lui tendit une carte de visite :
« Appelez-moi, fit l’autre femme, d’une voix aux intonations rendues encore plus chaudes par son murmure.
— Je ne changerai pas d’avis.
— Vous pourrez me le confirmer dans ce cas.
— … Je ne vous promets rien.
— Ça tombe bien : je n’aime pas les promesses. »
La femme lui sourit. Un sourire éclatant, rempli de soleil et de vie, qui dansait encore devant les yeux de Marine, même après qu’elle eut disparu, happé par le flot de ses admirateurs.
La Grecque déchiffra la carte, qu’elle tenait entre ses doigts :
« Shaina Fontana, photographe professionnelle » lut-elle, puis, en dessous un numéro de portable – français – une adresse mail et l’adresse d’un site internet.
Elle ouvrit son sac, farfouilla dedans à la recherche de son portefeuille, ne le trouva pas, soupira, et expédia la carte au milieu du capharnaüm dans lequel elle se perdit.
De toute façon, elle ne l’appellerait pas.
Oh une pluie de billets verts ! Rien que ça ! Sur le principe, ils ont raison les renégats, aux US c’est le moyen le plus rapide et le plus sûr pour attirer l’attention.
En parlant de tempête verte, je me demande s’il n’y a pas un parallèle à trouver avec l’arrivée de Shaina dans la vie de Marine ? On sent que ça va encore bousculer le quotidien déjà bien compliqué de la petite grecque.
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Côté renégats, il faut croire qu’ils ont de très bons communicants :-p Moi j’dis, y a des gens là-dedans qui ont fait des études de marketing XD
Oh, joli ! S’il y a parallèle, il n’est pas du tout volontaire mais c’est super bien vu de ta part 😀 Sinon, je continue sur ma lancée All Stars Game, comme tu peux le voir 😉 Cette pauvre Marine va continuer à en voir de toutes les couleurs au sens littéral du terme XD (mais avec un point commun : l’Italie)
Merci beaucoup pour ta lecture (quelle rapidité !) en espérant que l’histoire continue à piquer ton intérêt 🙂
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Les choses s’accélèrent, on dirait ! 😉
Une manœuvre de diversion pour une action plus ciblée et plus violente ?
Marine, aime l’Italie, à moins que ce soit l’Italie qui vienne à elle…
Elle ne se doute pas encore de ce qui l’attend…
Daniel, ce n’est pas lui qui aura une liaison avec Camus (avec un résultat pour le moins dramatique), si je me souviens bien des drablles.. ?
Hâte de lire le prochain chapitre ! Merci pour cette publication et bonnes vacances si tu en prends.
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Hello !
En effet, les Enfants du Cosmos ont passé la vitesse supérieure et petit à petit referment leur piège sur le Sanctuaire. Tu as raison, leur prochaine action risque d’être décisive…
Ah ah, oui, Marine a un truc avec l’Italie « à l’insu de son plein gré », la pauvre XD Quant à Daniel, tu as tout à fait raison : c’est bien cet homme-là, fort charmant de prime abord mais ce chapitre recèle des indices quant à sa véritable nature et à ce qui va se passer ensuite.
Merci pour ta fidélité et ta lecture assidue ! Merci beaucoup, à mon tour je te souhaite un bon congé estival si tu en prends également !
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Coucou !
Ouah, j’ai adoré ce chapitre ! 😍
Déjà, cette pluie de billets verts m’intrigue. Je me demande où les Enfants du Cosmos veulent en venir avec ça. Et question : cette histoire a-t-elle quelque chose à voir avec le bracage dont tu avais parlé dans un précédent chapitre ?
Et puis nous avons fait la connaissance de deux nouveaux personnages.
Shaina, qui est donc photographe de son état, ce qui confirme mes soupçons quant à l’identité de la personne qui a pris les photos « compromettantes » de Shura et Angelo à Milan (lors de l’achat des fameux costumes 😍). J’ai bon ou ce que je raconte n’a rien à voir avec la choucroute ? Et tiens, tiens, tiens… Shaina a laissé sa carte à Marine. Elle est plutôt directe dans son genre, la belle italienne ! Par contre, Marine ne devrait sans doute pas être aussi catégorique. Car mon petit doigt me dit qu’elle la rappellera et qu’elles se reverront 😉.
Et… celui que je déteste déjà : Claude. Pourtant, il a l’air plutôt sympathique (et plutôt fort séduisant) ce vil personnage. Mais quand je pense à ce qu’il va faire subir à Camus, j’ai déjà envie de l’étrangler et de lui faire bouffer ses tableaux et ses coupes de champagne ! (Pardon, mais on touche pas à Camus !!!) Ah et je vois que tu lui as donné une origine Suisse. C’est Lily qui va être contente d’avoir enfin un personnage de son beau pays dans l’univers de StS ! (ou pas, du coup… 😅)
J’ai aussi beaucoup aimé le côté artistique de ce chapitre, notamment la description de la photographie de Shaina avec le vieil arbre et ses racines. A ce sujet, je suis curieuse : tu t’es inspirée d’une œuvre existante pour écrire ce passage ou tu as tout imaginé ?
Ah et j’avais oublié que Marine peignait. Du coup , question (encore une): est-ce qu’elle aurait, par le plus grand des hasards, eu l’occasion de peindre Angelo ? Je dis ça, je dis rien, mais… un nu du Cancer pourrait valoir son pesant de cacahuètes ! (décortiquées) 🤣
Bref, encore un chapitre très réussi, qui donne vraiment très envie de lire la suite. J’ai hâte, j’ai hâte !
Bon weekend, des bisous et à bientôt !
Phed’
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Hello !
Contente que ce chapitre t’ait plu ! 😀 La première partie (avec les billets) a été écrite spécifiquement pour ce chapitre, ça faisait un moment que je la procrastinais. Une très grosse partie de Nouvelle Ère est déjà rédigée grâce aux NaNos mais il y a toujours des raccords à prévoir. A l’inverse, toute la partie concernant Marine est issue d’un Nano et je n’y ai pas retouché grand-chose (ce qui n’est pas toujours le cas, misère de moi… Je suis sur le chapitre suivant là, et je vais avoir un gros boulot de reprises : le revers de la médaille du Nano où on pond du mot pour pondre du mot et on écrit quand même beaucoup de bêtises…).
Donc les billets… ont bien tout à voir avec les braquages en effet, comme on en a la confirmation quand Alexei sort la carte de New York avec les « spots » déjà ratiboisés. Quant à leurs objectifs, je dirais que la présence des médias n’est sans doute pas innocente ?
Deux nouveaux personnages, oui ! Pour les lecteurs qui, comme toi, ont parcouru une bonne partie de l’archive AO3 et notamment ses dérives footballistiques, l’apparition de Shaina n’est pas une grande surprise. Son métier de photographe doit tout à une ancienne lectrice qui le lui avait imaginé et écrit d’ailleurs une side-story relative à Marine et Shaina. J’en reprends les bases pour Nouvelle Ère (je ferai le lien avec la référence quand ce chapitre 36 sera mis en ligne sur AO3), que j’adapterai cependant en fonction de l’avancée de l’histoire et de mes besoins en matière de scénario. Concernant l’implication de Shaina dans la prise des photos à Milan… je t’invite à relire la description de la demoiselle. Si, si, si.
Et enfin, Daniel ! (et non Claude XDDD même si, je te l’accord, Daniel, Claude, tout ça, c’est un peu pareil XD) En effet, il est tout à fait séduisant, en fait c’est un canon sur pattes, il ferait se damner n’importe qui… (n’importe qui, oui madame XD) et c’est bien le problème (ah si seulement Camus était allé, je sais pas moi, en Sibérie ? Loin ? Seul ?). Sinon, la photographie de l’arbre sort de mon imagination, en effet 🙂 Et… Non, Marine n’a pas fait de nu d’Angelo et même si l’idée lui avait traversé l’esprit (rien n’est moins sûr), et qu’elle la lui avait soumise, je pense qu’elle se serait gentiment mais fermement fait renvoyer dans ses 22 mètres. Disons qu’à ce stade de l’histoire, Angelo n’est absolument pas prêt pour ce genre de choses. Mais alors… vraiment pas XDDD
Encore un tout grand merci à toi pour ta lecture (ça y est, tu as tout rattrapé, youhou ! *\o/*), des bises et à bientôt !
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Non mais je suis une buse ! 🤣J’ai confondu Daniel et Claude ! Ça craint ! 😱 Désolée !!
Ah et donc je me trompe au sujet de la photographe de Milan… Alors je vais retourner lire la description en question. Sauf que… Je ne me souviens plus de où elle se trouve 😅 Tu pourrais m’éclairer un peu pour m’aider à reparcourir les archives, s’il te plaît ? 😊
Bon après, j’ai déjà en tête une autre candidate, italienne elle aussi, et qui se trouve pour l’instant quelque part, un peu plus au sud de Paris 😉. Mais la relecture du passage mentionné plus haut répondra probablement à mes questions 😀.
Merci pour ta réponse et tes éclaircissements, et encore pardon pour la confusion de prénom. Aaah, les ravages de l’âge sur le cerveau. C’est pas beau ! 😂
Bises !
Phed’
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😂😂😂 Eh oui, on en est tous là, l’âge ne cesse de nous rattraper, et de plus en plus vite XD (et il n’y a absolument rien de grave, hein 😆)
Donc, pour Milan, c’est le chapitre 8. Et si tu t’esbaudis devant ma rapidité d’exécution, dis-toi qu’elle ne doit rien à ma mémoire (qui elle aussi a l’âge de mes artères c’est à dire un peu trop de décennies…) mais à un fichier excel fort pratique dans lequel je consigne (enfin, j’essaie : j’ai un trou de 5 chapitres, feignasse que je suis) le contenu de chaque chapitre mis en ligne. Un petit Crtl+F et hop !
Bonne recherche d’indices ! 😎
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Ouah, un fichier Excel ! 😍 Quelle bonne idée ! Trop pratique, ça ! Merci pour ta réponse, et je pars donc m’équiper de ma loupe pour ma recherche Sherlockienne 🕵️
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Bonjour!
Je suis vraiment désolée pour le retard de ce commentaire… Je deviens de pire en pire pour ce qui est de procrastiner la rédaction de mes reviews, j’en suis navrée!
L’équipe d’Alexei joue les Robins des bois… De manière pas du tout désintéressée, j’imagine, et comme j’ai déjà lu le chapitre suivant, j’imagine aussi que c’est un moyen détourné d’attirer l’attention et de jeter la suspicion sur les chevaliers et leurs capacités « miraculeuses »?
J’ai vraiment beaucoup aimé toute la scène du vernissage! Déjà, parce que j’y retrouve un univers que j’aime. J’ai adoré ta manière de décrire la photo de l’arbre, ainsi que les interprétations qu’en font Daniel et Marine… qui disent beaucoup des deux personnages et de leur vision du monde.
Je me souviens d’avoir déjà croisé Daniel au détour de drabbles, et tu te doutes bien qu’il n’attire pas ma sympathie au vu du rôle qu’il y joue… Mais même sans ça, il a l’air louche. Qu’est-ce qu’il essayait de faire, là, juste avant que Paula les interrompe? D’hypnotiser Marine? Il ne m’inspire pas du tout confiance…
Shaina, par contre, fait une entrée en scène fracassante! Je suis fan de son look et de son franc-parler, son charisme est évident même en quelques phrases. Je pense qu’il en faut beaucoup pour décontenancer Marine, mais elle y a parfaitement réussi. Et je pense que ce serait une excellente fréquentation pour aider Marine à se remettre de ses peines de coeur (et à la soustraire à l’influence sans doute pernicieuse de Daniel) 😉
J’ai hâte d’en savoir plus sur elle en tout cas!
A bientôt,
Lily
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Coucou Lily !
Tu sais, pour moi c’est déjà énorme de savoir que tu continues à lire et à aimer cette histoire. Ton avis sur les chapitres est la cerise sur le gâteau ! 🙂 Une cerise que je savoure d’autant plus que ce genre d’attention envers les auteurs, fussent-ils de fanfictions, est en passe de disparaître totalement, donc merci !
Je pense que tu es sur la bonne route concernant les actions « désintéressées » d’Alexei et sa bande 😉 On a bien compris qu’une stratégie était à l’oeuvre derrière, à voir cependant quels sont leurs objectifs : mettre en évidence les prouesses potentielles du Sanctuaire, OK, mais dans quel(s) but(s) ?
Écrire la scène du vernissage a été très amusant ! Ce n’est pas un contexte auquel je suis habituée, tant mieux si cela te semble réaliste. En effet, cette photo de l’arbre est le prétexte parfait pour amener sur la table le sujet du cosmos et de ses interprétations. Marine et Daniel parlent de la même chose mais Marine, elle, ne le sait pas. Ah ! Ça me fait très (très !) plaisir que tu aies « vu » la manoeuvre de Daniel ! Je n’étais vraiment pas sûre que ce soit suffisamment clair, et peut-être ne l’est-ce pas tout à fait mais d’un autre côté, je ne voulais pas non plus tout dévoiler tout de suite concernant le bonhomme.
J’adore Shaina depuis toujours et j’étais vraiment contente de pouvoir enfin écrire sur elle, du moins « officiellement » ! Nous l’avons déjà croisée dans les séquelles footballistiques de l’UDC!verse mais ici, nous assistons à sa première rencontre avec Marine. En l’occurrence, je n’ai pas eu beaucoup d’effort à fournir pour l’écrire : je me suis totalement inspirée de ce qu’on voit d’elle dans l’anime, de sa « présence » naturelle, de sa beauté et de sa classe naturelle. Elle est si belle ♥ (et je n’oublie pas qu’elle est italienne, donc on la voit et on l’entend XD).
Petite précision au passage : l’idée de faire de Shaina une photographe et d’utiliser ce métier dans le cadre de sa rencontre avec Marine n’est pas de moi mais d’une ancienne lectrice qui en son temps a écrit autour de ces deux-là dans l’UDC!verse, à une époque où de mon côté, je n’avais pas véritablement avancé sur ce sujet en particulier. J’ai été séduite par ce choix et j’ai décidé de le conserver.
Grand merci à toi pour tes ressentis sur cette lecture, je passe au commentaire suivant 🙂
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