Nouvelle Ère – Émergence – Chapitre 24

Sanctuaire, Grèce, 31 mai 2006

« Les dieux sont avec nous aujourd’hui ! Regardez-moi ce soleil ! » S’extasia Ilona avant d’être entraînée par un flot d’enfants en direction du petit port sous le regard amusé d’Aioros et celui, blasé, de Saga.

« Les dieux, hein…

— N’en rajoute pas. »

Le Sagittaire gloussa doucement, tout en accordant son pas à celui de l’autre Grec. Certains de leurs pairs les précédaient, d’autres fermaient la marche – les moins matinaux – et tous cheminaient le long d’une ruelle qui descendait en pente raide vers la mer. Il n’y avait pas grand-monde aux fenêtres pour assister ce qui ressemblait peu ou prou à un pèlerinage ; tous les habitants de l’île étaient déjà rassemblés autour des tables du banquet dressées sur le quai plongeant dans la mer Égée et que les mariés de la veille venaient d’inaugurer.

Un bref silence se fit quand Aldébaran s’écarta devant Saga. Le nombre de têtes promptes à s’incliner devant le Grand Pope du Sanctuaire avait singulièrement augmenté depuis près de deux ans ; en son for intérieur Saga ne pouvait s’empêcher de savourer sa revanche bien qu’il se contentât de répondre d’un sourire mince à l’hommage et d’inciter d’un geste chacun à se redresser.

« Ah, te voilà ! »

Loukas fendit la foule sans ménagement en direction de Saga, remorquant derrière lui son dernier commis en date, un jeune Russe à l’air un peu ahuri qui donnait toujours l’impression de se demander ce qu’il faisait là.

« Grand Pope, j’ai bien peur…

— Qu’il n’y ait pas assez ? Plaisanta Saga.

— … Qu’il y ait trop, renifla avec humeur le chef cuisinier du Palais. Que je sache, tu n’as pas demandé à qui que ce soit de préparer quoi que ce soit, n’est-ce pas ?

— Comment aurais-je pu oser ?

— Alors d’où viennent tous ces plats ? Pas de mes cuisines, ça, je te le garantis ! »

Devant le sérieux olympien de Saga, Aiolia, qui s’était rapproché, réprima un rire qui ne résista que le temps pour Ilona de venir se planter devant Loukas, les mains sur les hanches :

« Et alors, ils te posent un problème, ces plats ?

— Ils n’ont rien à faire dans mon banquet !

Ton banquet ? C’est le banquet de Thétis et de Kanon ! S’il y a des gens ici qui ont eu envie de participer à leur manière à la célébration de leur mariage, en quoi ça te concerne ?

— Mais enfin, regarde-moi ça ! Gémit Loukas en se tenant la tête. Tout a été mélangé, plus personne ne comprend rien…

— Dis plutôt que tu as peur que leurs plats soient meilleurs que les tiens.

— Je ne te permets pas ! Et puis d’abord, qu’est-ce que tu y connais, toi, à la gastronomie grecque ? Que je sache, tu n’es ici que… »

Deux bras épais comme des troncs d’arbre s’appesantirent avec délicatesse mais fermeté sur les épaules des belligérants qui se virent éloignés l’un de l’autre au centre du cercle formé par les curieux alertés par l’algarade :

« Ce banquet est magnifique et doit tout aux efforts conjugués de chacun des habitants du Sanctuaire, déclara Aldébaran avec bonhomie et d’une voix assez forte pour couvrir les murmures. Nous sommes de plus en plus nombreux et le Palais avait bien besoin de coup de main bienvenu du village pour contenter tout le monde. N’ai-je pas raison ? »

Du coin de l’œil, Saga avisa les doigts d’Aldébaran se resserrer sur les épaules de Loukas et d’Ilona qui n’eurent d’autre choix que d’acquiescer, et avec enthousiasme s’il vous plaît.

« A la bonne heure, s’esclaffa le Taureau qui relâcha Loukas en premier, lequel s’en retourna dans la foule non sans un grognement à peine distinct.

— Merci, fit Ilona en levant la tête vers le Chevalier d’or qui lui retourna son sourire. C’est la vérité, tu sais : nous sommes nombreux à avoir eu envie de leur faire plaisir. » Et de désigner d’un signe du menton Thétis et Kanon qui allaient de l’un à l’autre pour recevoir félicitations et vœux de bonheur. Andreas, perché dans les bras de sa mère, profitait au passage de l’attendrissement des adultes et riait aux éclats.

« Je n’en doute pas une seconde, lui répondit Aldébaran. Toutes ces gentilles attentions leur vont droit au cœur, et pas seulement à eux, sache-le. C’est toi qui as fait cette tarte aux pignons ? – le Brésilien venait de subtiliser une part sur la table la plus proche et de mordre dedans – elle est délicieuse.

— Tu trouves ? – Ilona rosit de plaisir – alors figure-toi que par rapport à la recette d’origine… »

Même le plus stoïque des chevaliers d’or avait ses limites ; entraîné par les frères Xérakis et enfin hors de portée du Taureau, Saga céda à son hilarité au point d’en avoir les larmes aux yeux.

« Si ça se trouve, on aura un autre banquet plus tôt que prévu, commenta le Sagittaire tout sourire.

— Et pourquoi pas ? »

Rachel, qui avait fait le tour des présents, venait de les rejoindre. Camus et Milo achevaient de remplir leurs assiettes respectives de leur côté tandis qu’un peu plus loin, Angelo, Shura et Mü se trouvaient en pleine discussion. Le Capricorne, les traits tirés, avait à peine salué ses pairs et son assiette, posée derrière lui sur une table, demeurait intacte. La tête légèrement penchée sur le côté, il écoutait en silence Mü qui s’adressait avec empressement au Cancer dont les poings au fond des poches en disaient long sur son désaccord quant au sujet en cours. De quoi s’agissait-il, personne n’était en mesure de le deviner sauf peut-être Marine qui, un peu plus loin en compagnie de Thétis et de Jane, jetait au trio de fréquents coups d’œil que d’aucuns auraient qualifié de préoccupé.

« Qu’est-ce qu’il leur arrive ? Demanda Saga dans un murmure à sa compagne.

— J’ai entendu ton « encore ». Tu n’as rien senti ? Cette nuit ?

— Ça dépend à quoi tu fais allusion – Le Pope glissa un regard fugace en direction du Verseau et du Scorpion dont l’absence commune du Sanctuaire la nuit dernière s’était révélée assourdissante pour chacun de leurs pairs – J’aurais dû sentir quelque chose d’autre ? »

Rachel soupira :

« J’imagine que non. Après tout, j’ai peut-être rêvé. »

Un raclement de gorge si discret que Saga, qui venait d’entrer en discussion avec Aiolia, n’y fit pas attention, vit Rachel se retourner vers Shaka qui avait surgi derrière elle. Elle ne l’avait pas entendu approcher ; la dernière fois qu’elle l’avait aperçu, il s’entretenait avec Kanon.

« Le voile entre le monde des vivants et celui des morts s’est aminci cette nuit, fit Shaka de son habituelle voix douce qui contrastait en l’occurrence avec une ride minuscule creusée entre ses sourcils blonds.

— Le temple du Cancer ? »

Rachel avait passé son bras sous celui de la Vierge, comme ils s’éloignaient de quelques pas à l’écart de la foule. L’Indien opina d’un air grave :

« Le contrôle du passage semble défaillant. A travers mon cosmos, j’ai perçu ce qui n’a pas sa place dans notre monde.

— Quelque chose… est sorti ?

— Disons que quelque chose a essayé et a bien failli réussir. »

Ses doigts crispés au creux du coude de Shaka, Rachel reporta son attention vers les trois représentants de la croix cardinale. En d’autres temps, Dôkho se serait trouvé avec eux ; sans surprise le vieil homme avait décliné l’invitation au banquet, sa présence la veille à la cérémonie du mariage ayant consumé une part notable des quelques forces qu’il lui restait. Sous sa main, elle percevait la légère tension de la Vierge qui avait suivi son regard.

Le temple du Cancer abritait l’un des rares passages existants sur la planète entre le Sanctuaire et le royaume des morts. Qu’il crût, ou pas, aux dieux, Saga en tant que Pope du Sanctuaire avait hérité à l’instar de tous ses prédécesseurs de la responsabilité dudit passage dont les légendes fondatrices faisaient remonter l’origine à un accord passé entre Athéna et son oncle Hadès dans un objectif de mutuelle assistance en cas de nécessité. Quelles que fussent les véritables raisons ayant présidé à sa création, il n’en restait pas moins que ce passage existait réellement et que sa garde était traditionnellement dévolue au Chevalier d’Or du Cancer depuis les origines du Sanctuaire. Les capacités psychopompes inhérentes à son cosmos conditionnaient l’utilisation de cet accès direct au royaume de l’Hadès si bien que lorsque le quatrième temple était dépourvu de gardien attitré, ce même passage était mis en sommeil jusqu’à la désignation d’un nouvel occupant.

Ça, c’était pour la version officielle. La version officieuse, si elle ne niait pas la proximité du monde des morts avec celui des vivants au droit du temple en question, avait cessé de faire état de l’usage de ce passage depuis assez de siècles pour le transformer en un énième élément du folklore local. Quant aux Chevaliers d’or du Cancer, leur seul cosmos suffisait à le maintenir inaccessible à tout un chacun : on ne leur en demandait pas plus et eux-mêmes s’accommodaient de la situation sans sourciller. Ils demeuraient, de fait, les seuls êtres susceptibles de s’approcher du royaume des morts de par leur capacité à se projeter jusqu’au Puits des Âmes, sans toutefois pouvoir y pénétrer.

L’inverse n’était pas envisageable.

Avec prudence, Rachel puisa en elle à la recherche du cosmos d’Angelo. Sans surprise, elle le retrouva ainsi qu’elle l’avait perçu dès son arrivée, désorienté et instable, avec la certitude qu’elle n’en percevait que ce que son porteur voulait bien laisser voir. Cette faiblesse était-elle à l’origine du constat de Shaka ? Ce n’était pas impossible mais elle peinait malgré tout à y croire. Du fait de son inutilité, le passage avait perdu de sa puissance au fil des siècles et il était peu probable qu’Angelo lui-même s’en préoccupât. Pourtant, les propos de Shaka lui confirmaient qu’elle n’avait pas rêvé la nuit précédente : l’espace de quelques instants, la présence du Cancer avait disparu et il n’avait du son retour qu’au cosmos de Shura auquel il s’était raccroché. Elle-même n’aurait rien pu faire, quand bien même elle aurait été consciente et non en train d’errer entre l’éveil et le sommeil.

« Je doute, intervint Shaka en écho à ses pensées, que l’état du cosmos d’Angelo puisse à lui seul fragiliser la barrière entre les deux mondes. J’imagine mal Athéna miser la protection du Sanctuaire et de l’humanité en général sur les seules capacités humaines, fussent-elles celles d’un chevalier d’or.

— Je ne t’aurais pas imaginé croire aux anciens dieux.

— Ai-je dit le contraire ? »

Relevant les yeux, Rachel avisa le sourire de Shaka qui rajouta :

« Athéna n’est qu’un prénom après tout. »

La Grecque laissa échappa un léger rire avant de recouvrer aussitôt son sérieux alors que la teneur des propos de la Vierge prenait corps dans sa réflexion :

« Tu suggères que les sécurités du Sanctuaire sont fragilisées ?

— C’est une possibilité. »

Saga va détester.

* * *

« Qui est-ce ? »

Argol sursauta et pivotant sur lui-même, fit face à Milo, immobile avec un dolmas entre les doigts dans lequel il ne se décidait pas à mordre. S’il venait de s’adresser à lui, le Scorpion ne le regardait pas pour autant : il fixait un point par-delà l’épaule du Chevalier d’argent.

« De qui est-ce que tu parles ? Demanda Argol les sourcils froncés.

— Du gars que tu surveilles depuis tout à l’heure et dont la tête me dit quelque chose sans que j’arrive à mettre un nom dessus. »

Suivant le signe du menton du Chevalier d’or, Persée se retourna et hocha la tête :

« Ah oui, lui.

— Et donc ?

— C’est Saga qui l’a fait venir ici et le loge au village. J’ai placé deux gardes, histoire de veiller sur lui – le petit sourire torve d’Argol tira un rire à Milo – mais je les ai relevés de leur poste aujourd’hui, histoire qu’ils puissent profiter de la fête. C’est un soldat américain, précisa encore le Chevalier d’argent, qui aurait rendu des services au Sanctuaire. Si j’ai bien tout compris, il a quelques  »soucis » avec sa hiérarchie et c’est la raison pour laquelle il se trouve ici.

— Orwell.

— Oui, c’est son nom. Tu le connais toi aussi, donc. »

Par tous les dieux.

Un sourcil relevé, Milo observa le jeune Américain avec plus d’attention. Son identité lui était revenue dès la mention de son statut qui l’avait aussitôt renvoyé aux Portes. Le Scorpion ne prenait aucun plaisir à se remémorer ce jour de solstice d’été et s’efforçait d’y songer le moins possible en dépit de tout ce qui l’y ramenait quasi quotidiennement. Comme le fait d’être en vie, par exemple. Il n’était pas le seul dans cet état d’esprit, Camus le partageant sans réserve et pour les mêmes raisons. Une approche commune sur la base de laquelle ils tâchaient de se construire un avenir, avec une réussite des plus mitigée : ce fut à son tout de frémir quand Argol reprit la parole, l’extirpant de ses pensées devenues moroses :

« Il vous a aidés ? Après les Portes ?

— Oui. »

Enfin, je suppose. A dire vrai, Milo ne se rappelait de rien après l’explosion. Même s’il faisait partie de ceux de ses pairs qui s’en étaient sortis le mieux, il avait passé plus de deux semaines plongé dans un coma artificiel, le temps que les médecins le rafistolassent. La suite, c’était Rachel qui la lui avait racontée, alors oui, il était au courant de ce que le général Corman, son enseigne Orwell et les quelques autres soldats restés sur place en dépit des ordres d’évacuation reçus, avaient fait pour eux tous en organisant les secours mais n’en avait pas gardé le moindre souvenir.

« Un brave garçon pour ce que j’en sais et ce que j’en vois, commenta le Chevalier de Persée. Et puis, il a l’air tellement content d’être ici ! »

Et en effet. Un deuxième sourcil rejoignit le premier sur le front du Scorpion comme il avisait Orwell un grand sourire aux lèvres, tournoyer sur lui-même comme pour s’emplir les yeux de tout ce qui s’offrait à lui, paysages comme habitants. Le jeune homme parlait avec tout le monde, goûtait tout ce que ses interlocuteurs et surtout interlocutrices lui fourraient entre les mains, trouvait manifestement tout délicieux et en redemandait.

«Regarde-moi cet air de ravi de la crèche, ironisa Argol en croisant les bras. Il doit avoir de sacrés talents cachés pour bénéficier ainsi de la protection du Grand Pope.

— D’autres de mes camarades sont venus t’interroger à son sujet ? Ou l’ont reconnu ?

— Non, tu es le premier.

— Bien. Fais en sorte que je sois le seul dans ce cas, et le plus longtemps possible. »

Sous le regard perçant du Scorpion, le Chevalier d’argent finit par opiner après une seconde d’hésitation et considéra le Grec en train de de se diriger d’un pas décidé droit vers Saga.

* * *

Sur son chemin cependant, Milo ne dut qu’à un réflexe de ne pas être percuté par un gamin qui déboula sur sa droite.

« Hé ! » Protesta-t-il pour la forme, ce qui lui valut une bafouille d’excuse comme le garçon ralentissait, hésitant, avant de reprendre sa course tout droit en direction d’Aldébaran. Les yeux de Milo s’étrécirent : il venait de reconnaître le petit Igor.

Jetant un coup d’œil par-dessus son épaule, il avisa Algol qui avait rejoint l’Américain et qui, tout en animant la conversation, l’éloignait insensiblement du cercle resserré autour des chevaliers d’or pour le mêler à la foule. La manœuvre était assez subtile pour ne pas créer un mouvement susceptible d’attirer l’attention, néanmoins Persée n’allait pas passer toute la journée avec cet « invité ». Tôt ou tard…

Le Scorpion reprit son chemin vers Saga, son sourire lumineux en guise de laisser-passer parmi les habitants du Sanctuaire qui s’écartaient sur son passage. L’espace de quelques secondes, il perçut le regard interrogatif de Camus entre ses omoplates qu’il s’efforça de rassurer d’une pensée. « Rien d’important », laissa-t-il échapper au détour du premier niveau du Surmonde avec pour tout résultat un silence dubitatif. Il ravala une imprécation : il demeurait incapable de tromper le Verseau, même s’il le voulait.

« Saga ? »

L’interpellé, qui piochait dans les plats comme n’importe qui si l’on exceptait les regards curieux pour la plupart, inquiets pour certains qui scrutaient chacun de ses gestes – le Pope du Sanctuaire ne se mêlait pas si souvent à ceux qu’il administrait pour que lorsque cela se produisait il ne fût pas l’objet de toutes les attentions – suspendit sa tâche et pivota en direction du Scorpion, qu’il laissa arriver jusqu’à lui.

Milo choisit distraitement une part de tarte parmi celles que l’autre Grec lui présenta avec un sourire puis, avant de mordre dedans :

« L’Américain…. Orwell : qu’est-ce qu’il fait ici ? »

Le Scorpion aurait été bien en peine d’identifier, dans la réaction de Saga, ce qui l’alerta bien malgré lui. Peut-être bien son absence de réaction, tout simplement. En face de lui, les traits du Pope restaient beaucoup trop impénétrables pour être honnêtes de son point de vue, considérant qu’ils se connaissaient tous les deux depuis le berceau.

La bouchée de tarte dévala son œsophage avec difficulté et affectant de s’essuyer les doigts avec une serviette en papier, Milo demanda encore, ses yeux rivés dans ceux du Pope dont la teinte verte avait fini par s’assombrir :

«… Qu’est-ce qui se passe ? »

La survenue soudaine d’Aldébaran dispensa l’aîné des jumeaux de répondre :

« Saga ! »

Les deux Grecs firent volte-face pour se retrouver nez à nez avec le Taureau dont l’air alarmé les vit échanger un regard.

« Je dois te parler, c’est important », rajouta Aldébaran à voix basse. Derrière lui, Rachel et Kanon convergeaient déjà dans la direction du trio. Un instant, Saga parut tergiverser avec un coup d’œil circulaire sur le banquet dont les convives semblaient ne rien avoir remarqué de ses échanges avec ses pairs. Ceux qui l’observaient à la dérobée s’étaient trouvé d’autres centres d’intérêt à partir du moment où Milo avait commencé à lui parler et Aldébaran prenait trop de place pour laisser approcher les curieux. Quant à leurs compagnons, ils ne s’étaient a priori rendus compte de rien. A priori.

Rachel avait posé une main sur le bras du Brésilien, dont l’attention demeurait rivée sur Saga. Le Scorpion, qui avait choisi d’être agacé pour ne pas céder à l’inquiétude que l’attitude de son compagnon d’axe avait éveillée en lui, renifla avec ostentation comme il interceptait l’échange de regards entre Rachel et Saga. Quoi qu’il se passât, le Pope était désormais au courant.

Avec un soupir, le Pope commanda :

« Aldébaran, tu remontes au Palais avec moi. Milo – Saga désigna les convives du menton – rejoins-nous quand tu jugeras le moment opportun, à savoir que ton absence ne donnera pas lieu à plus de questions que nécessaire. J’aimerais autant ne pas gâcher cette journée. »

Angola, Mai 2006

« Tu marches trop vite, attends moi ! »

Devant elle, Geist vit Sema continuer comme si elle ne l’avait pas entendue avant qu’elle ralentît sensiblement le pas et s’arrêtât en lisière d’une clairière. Lorsqu’elle arriva à sa hauteur, l’Italienne était essoufflée et la jeune métis la considérait avec commisération.

« Ils t’ont renvoyée. C’est normal. »

Piquée au vif, Geist se redressait déjà pour protester quand Sema se détourna pour reprendre sa route.

« Hé ! On ne parle pas aux gens de cette manière ! Tu ne sais rien de moi ! »

Peine perdue. L’adolescente se désintéressait de nouveau d’elle, toute entière concentrée sur son objectif : retrouver ce garçon dont elle avait fini par parler à Alexei. Son ami, avait-elle chuchoté comme une confession honteuse. Un ami qui selon toute vraisemblance était lui aussi doté d’un cosmos et que le Sanctuaire recherchait. Il aurait du se trouver dans le village près duquel Alexei et Geist avaient rejoint Sema mais n’y était pas, ou plus. La déception de Sema avait vite cédé la place au soulagement quand elle avait compris qu’il avait échappé dans le même temps au Sanctuaire et elle s’était aussitôt mise en tête de retrouver cet ami avant ceux qui voulaient le recruter. Rien ni personne n’aurait pu la détourner de son obsession, et certainement pas Geist.

Tentée un instant de la planter là et de revenir sur ses pas jusqu’au village précédent, l’Italienne tergiversa avant de se remettre en chemin non sans un – très – profond soupir. De nouveau la végétation se mit en tête d’entraver sa progression, de nouveau les insectes l’assaillirent, et de nouveau elle manqua de s’étaler de tout son long lorsque son pied s’enfonça dans la vase de ce qui avait été un marécage il n’y avait pas si longtemps.

La nuit était proche de tomber lorsqu’elles parvinrent à l’orée d’une vaste zone déboisée. D’un geste, Sema intima l’ordre à Geist de s’immobiliser dans la pénombre des arbres et celle-ci lui obéit dans un réflexe acquis en l’espace d’à peine quelques jours. Ce pays, cette jungle, constituaient le domaine de Sema, son terrain de jeu depuis sa naissance pour ce qu’elle en avait compris. Pour elle, c’était l’enfer sur terre, bien loin des endroits qu’elle avait pris l’habitude de fréquenter depuis son renvoi – la gamine avait raison – du Sanctuaire. Son front était moite sous le poignet avec lequel elle le frotta afin d’y essuyer la sueur qui coulait sans discontinuer dans ses yeux. Ses vêtements lui collaient à la peau et son sac à dos s’était alourdi d’humidité. Quant à l’endroit où Sema leur imposerait de dormir, elle n’osait pas y penser. Les nuits précédentes, elle les avait passées dans un hamac prudemment suspendu à un bon mètre du sol.

« A cause des bêtes qui piquent », avait expliqué Sema sans autre précision que Geist n’avait pas eu le courage de réclamer. Quant aux serpents, l’adolescente avait traficoté elle ne savait quoi sur les amarres des hamacs mais d’après ses dires, cela les empêcherait de ramper jusqu’à elles dans leur sommeil.

Ceci étant, avec un peu de chance, le chef de ce village accepterait de les accueillir. La dernière fois, à peine avaient-ils entrevu Sema que les habitants les avaient chassées sans ménagement pour les repousser à une distance respectueuse des maisons. Sema n’avait pas paru s’en formaliser ; Geist, elle, avait été furieuse. En anglais, elle avait tenté de parlementer avec les dignitaires locaux sans récolter autre chose que des accusations de sorcellerie dirigées contre l’adolescente. Mal élevée, insolente, égoïste et probablement violente, d’accord, mais sorcière ? Malgré tous ses efforts, l’Italienne n’avait pas réussi à convaincre ses interlocuteurs qui avaient fini par lui proposer, à elle, de dormir au village, ne décelant pas de danger en ce qui la concernait. Elle avait refusé. Par solidarité avait-elle pensé, avant de regretter au moins dix fois son élan du cœur au cours de la nuit qui avait suivi et lors de laquelle elle avait passé plus de temps les yeux et les oreilles grand ouverts à l’écoute des bruits inquiétants de la jungle qu’à se reposer.

« Qu’est-ce qu’on attend ? » Souffla-t-elle à l’attention de Sema qui se retourna vivement vers elle, son index en travers des lèvres.

Bon. D’accord. Saleté de moustiques. Elle réussit à en écraser trois avant qu’ils la piquassent mais se retrouva bientôt à se gratter furieusement la gorge. Sa crème apaisante était tout au fond de son sac mais aller la repêcher signifiait faire du bruit et de toute évidence, ce n’était pas ce que Sema attendait d’elle. Si tant était qu’elle attendît quoi que ce soit du boulet qu’Alexei lui avait attaché au pied.

Que faisait-elle encore là au juste ? Alexei lui avait confié la surveillance de Sema – en l’espèce, c’était plutôt Sema qui la surveillait – ainsi que la tâche de « documenter » comme il disait les procédés du Sanctuaire en terme de recrutement dans le pays. Des photos, elle en avait prises. Plein. De chevaliers de bronze pour l’essentiel, dont la capacité de respect à l’égard des populations qu’ils interrogeaient allait de « très bien » à « très nul ». Elle s’était principalement concentrée sur ces individus, arrogants et parfois brutaux, tout en s’efforçant dans le même temps d’empêcher Sema de foncer dans le tas et de tuer tout le monde. Entre les deux tâches, identifier celle qui lui avait demandé le plus d’énergie n’était pas très difficile et le fait était qu’elle ne pourrait pas éternellement empêcher cette adolescente – cette gosse ! – de laisser libre cours à sa vendetta personnelle. Et puis, pourquoi ne pas la laisser agir ? Geist était tout aussi révoltée qu’elle par les manières du Sanctuaire dont certains représentants se conduisaient en terrain conquis. Que ces gens disparaissent, et ils ne nuiraient plus à personne.

Les consignes cependant étaient fort claires et Geist avait pris depuis le début le parti de les respecter à la lettre, ce qui lui avait valu la confiance d’Alexei. Au-delà du fait que cela ne lui viendrait pas à l’idée, trahir ce dernier n’était probablement une bonne idée. Pas plus que de ne pas suivre les ordres de Sema lorsque celle-ci se mettait en tête de lui en donner comme en cet instant où elle lui intimait de se baisser et de rebrousser chemin vers la forêt.

Elles progressèrent à demi-accroupies sur plusieurs dizaines de mètres, sans jamais sortir du couvert végétal jusqu’à distinguer au-delà de la dernière ligne d’arbres un regroupements de petites maisons. Aucun bruit ne leur parvenait à l’exception des cris des singes et des chants des oiseaux au-dessus de leurs têtes.

Les narines de Sema frémirent à côté d’elle et Geist finit par identifier l’odeur familière de la fumée associée aux villages qu’elles avaient ralliés au cours des derniers jours. Alors qu’elle se redressait pour s’y rendre, la main de Sema agrippa sa cheville.

Non, fit-elle de la tête mais dans un mouvement d’humeur, l’Italienne se dégagea :

« Allons ça suffit ! Je ne compte pas passer une nouvelle nuit dans la jungle parce que tu t’es mis en tête d’effrayer tous les gens que tu rencontres ! »

Et de sortir de la forêt à l’instant même où Sema lui hurlait de revenir.

D’abord, elle ne comprit pas. Un feu brûlait quelque part, peut-être plusieurs, et la fumée montait au ciel en longues écharpes toutes droites. Mais elle ne trouvait pas son origine dans les foyers disséminés entre les maisons regroupées autour d’une place centrale ; elle s’élevait des toits, des murs comme les foyers avaient été renversés et leurs braises roulées jusqu’aux habitations. Personne ne s’affairait à éteindre les incendies. Personne ne courait partout pour réunir ses maigres affaires avant qu’elles ne brûlassent. Personne, même, ne contemplait la destruction à l’oeuvre.

Lentement, très lentement, elle baissa les yeux en direction des formes sombres et indistinctes qu’elle avait aperçues sans tout d’abord y prêter attention. Des corps. Des dizaines de corps allongés en tous sens, baignant dans leur sang. L’horreur commençait à l’assaillir quand elle recula de plusieurs pas et trébucha. Se rattrapant de justesse, elle pivota sur elle-même pour se rendre compte qu’elle venait de buter contre un autre cadavre, celui d’une femme. Sa gorge avait été tranchée d’une oreille à l’autre en une parodie de sourire, écho de ses dents blanches qu’une grimace de terreur avait découvertes dans la mort.

«TOMBE ! »

L’ordre avait claqué dans son cerveau avec une telle violence que son corps s’avachit de lui-même comme privé de toute vie. Sous ses yeux exorbités, Sema jaillit de la forêt à une vitesse inhumaine et une infime fraction de seconde plus tard un autre corps tomba à quelques centimètres à peine de Geist, ses os broyés jusqu’au dernier par l’impact de l’unique coup que Sema venait de lui porter.

Ce fut comme un signal : depuis l’autre côté du village, une horde de miliciens armés jusqu’aux dents déferla sur elles en hululant, machettes au clair.

« Debout ! »

Cette fois, Sema avait parlé mais l’Italienne comprit qu’elle n’avait pas le temps de discuter. Campée sur ses pieds, elle se surprit à adopter une posture de défense dont elle croyait avoir tout oublié. Lorsque la première lame fusa dans sa direction, elle l’esquiva. Et quand son assaillant revint à la charge, elle réussit à lui porter un coup. A la carotide.

Elle n’eut pas l’occasion d’en porter un second car en l’espace de vingt secondes, tout fut terminé. Sidérée, elle balaya son environnement proche et la seule personne debout qu’elle y trouva était Sema, éclaboussée de sang. Immobile, la jeune métis considérait son œuvre en silence.

Tous. Elle les a tous tués.

Une dizaine d’hommes gisaient au sol, totalement désarticulés, les tendons arrachés, les muscles broyés. Ils seraient passés sous un rouleau compresseur que le résultat n’aurait pas été très différent.

« Tu t’es battue. »

Geist sursauta.

« C’est bien », dit encore Sema en tâchant d’essuyer ses mains sur son pantalon. « Tu es plus faible que moi mais tu es plus forte qu’eux. »

Chancelante, l’Italienne ramassa son sac à dos dont elle s’était débarrassé à l’arrivée des assaillants. Elle en tira une bouteille d’eau.

« Tends tes mains. »

D’abord, Sema la dévisagea avant d’obtempérer et frotta ses paumes sous le mince filet d’eau que Geist faisait couler.

« Toi aussi. »

L’italienne porta ses doigts à son visage que l’adolescente désignait et les en retira poisseux de sang. Un tremblement incoercible l’ébranla soudain et elle serait tombée si Sema ne l’avait pas retenue par le coude. Une fois son calme revenue, Geist avisa la métis en train de détailler le village, maison après maison.

« Qu’est-ce que tu cherches ? Finit-elle par lui demander, juste avant que Sema ne l’entraînât à sa suite.

Cette nuit, c’est comme tu as dit : on ne va pas dormir dans la jungle. »

L’adolescente leva la tête vers elle et lui sourit. C’était la première fois que Geist la voyait sourire.

Lui sourire.

« Tu es contente, oui ? »

* * *

Elles restèrent trois jours dans le village incendié et mirent à profit ce laps de temps pour d’abord vérifier que l’ami de Sema ne figurait pas parmi les victimes – l’adolescente n’en parut pas étonnée – ensuite, enterrer les morts et enfin, empoisonner l’eau du puits contre l’avis de Geist.

« Ils mourront eux aussi », avait déclaré Sema d’un ton péremptoire. L’Italienne avait bien essayé de discuter ; peine perdue. Pour l’adolescente, cet acte relevait de la logique qui entretenait le cercle sans fin de violence et de barbarie à l’oeuvre dans la région. Elle n’en connaissait pas d’autre. Une fois de plus, Geist s’interrogea sur les motivations d’Alexei concernant la jeune métis : qu’espérait-il qu’elle devînt ? Tout restait à faire la concernant, son cosmos n’étant certes pas la moindre des difficultés à gérer mais même les bases les plus élémentaires de la façon de se comporter en tant qu’être humain étaient manquantes.

L’Italienne n’eut de cesse d’en obtenir de nouvelles preuves lorsqu’elles reprirent leur périple à la recherche de cet ami insaisissable et que de nouveau, les bourgades traversées rejetaient Sema à leur périphérie. Non que les villageois l’ignoraient ; la plupart acceptait de répondre à ses questions en ce qui concernait le garçon qu’elle recherchait mais dès qu’il s’agissait de partager de la nourriture ou un toit, ils lui opposaient une fin de non-recevoir.

«  Pourquoi te détestent-ils ?

Ils ont peur.

Pourquoi ?

Ils voient.

Qu’est-ce qu’ils voient ? »

Le dialogue était toujours le même et se terminait invariablement de la même façon, par un haussement d’épaules et le silence de la jeune fille.

Un jour qu’elles étaient de nouveau refoulées après que Sema eut mené son enquête, Geist se rebella. Désignant du doigt Sema qui avait déjà commencé à s’éloigner, elle interpella le chef du village en anglais :

«  Pourquoi la chassez-vous ? Elle ne vous a fait aucun mal et elle a fait preuve de respect envers vous. Vous ne la connaissez même pas ! »

L’homme, aux cheveux gris et le visage laminé par les années, la détailla des pieds à la tête avant de visser à son regard ses yeux voilés par la cataracte. Contrairement à ses semblables déjà rencontrés dans d’autres villages, il n’était ni en colère, ni apeuré et répondit avec calme :

« C’est une sorcière.

Une sorcière ? – Geist avait froncé les sourcils et secoua la tête avec vigueur en guise de dénégation – c’est une enfant, rien de plus. C’est à cause de sa peau ? De ses yeux ? Parce qu’elle n’est pas comme vous tous, c’est ça ?

Tu ne comprends pas. Son démon de feu est destructeur. »

Son cosmos ! Interloquée, elle dévisagea son interlocuteur. Comment pouvait-il voir le cosmos de Sema ? Comment se faisait-il qu’ils le vissent, tous autant qu’ils étaient ? Ces gens étaient ordinaires. Peut-être, oui, certains d’entre eux disposaient-ils d’un cosmos plus ou moins latent mais de là à percevoir l’aura de l’adolescente au point d’en deviner la dangerosité…

Mais après tout, que connais-tu, toi, de ces gens que tu considères ordinaires ?

Rien. Elle ne savait rien de leur vie ou de leur culture. S’ils existaient ailleurs des lieux comme le Sanctuaire et Asgard, des groupes comme les Enfants du Cosmos, pourquoi n’en serait-il pas de même ici ? Un frisson dévala son échine à l’idée qu’elle était environnée d’autres Sema en puissance sans le savoir parce que l’idée ne lui était pas venue d’évaluer son environnement sous cet angle. Sa propre maîtrise du cosmos n’avait pas été considérée comme suffisante pour qu’elle poursuivît sa formation au Sanctuaire et elle n’était pas assez idiote ou arrogante pour contester cet état de fait. Elle avait parfaitement conscience de ses lacunes. Pourtant, elle avait compris immédiatement, dès qu’elle s’était trouvée en présence de Sema pour la première fois, que la jeune métis était dépositaire d’un cosmos gigantesque et de fait, très probablement du septième sens.

En avait-elle été effrayée ?

Oui.

Alors pourquoi ces gens ne le seraient-ils pas si comme elle, ils percevaient l’aura de Sema, même et surtout sans comprendre de quoi il retournait en réalité ?

« Elle ne vous veut aucun mal, finit-elle par répliquer en espérant rassurer le vieil homme. Son démon n’est pas dressé contre vous.

Ce qu’elle veut ou ne veut pas, n’est pas le danger. Elle est le danger.

Est-ce de sa faute ? »

Sema, qui avait entendu la conversation, se tenait immobile, le dos tourné à Geist. Cette dernière la vit cependant se retourner quand dans le même temps un air ennuyé s’en venait troubler le masque de vieillesse du chef du village. Il prit quelques instants avant de répondre :

« Non, admit-il. Elle est comme elle est.

Elle pourrait vous protéger, y avez-vous pensé ? »

L’homme sourit, dévoilant des dents noircies.

« Le malheur ne protège pas de lui-même. Le malheur sème le malheur partout où il va. Le malheur est une maladie. »

A son tour il tendit un index vers Geist :

« Toi aussi tu seras malade si tu restes avec elle. »

Derrière l’homme, Sema baissa la tête et reprit son chemin vers la forêt où elles allaient passer la nuit.

Geist soutint encore un moment le regard du chef avant de baisser les yeux et de tourner les talons à son tour. Au moins elle aurait essayé. Au moment où elle passait près de l’homme, celui-ci lui demanda :

« Tu n’as pas peur ? »

La dizaine d’hommes fauchés net une semaine plus tôt. Leurs corps démantibulés projetés au sol comme autant de branches d’une étoile autour de Sema. Les poings de l’adolescente couverts de sang. Et l’absence, dans son regard. Ni empathie, ni remord, ni rien qui put rappeler l’humanité dans ce corps d’adulte en devenir.

« Si, répondit Geist dans un murmure, avant de relever les yeux brièvement. Mais elle est seule, comme moi. »

8 réflexions sur “Nouvelle Ère – Émergence – Chapitre 24

  1. Ooooof, il est chargé, ce chapitre !

    Heureusement qu’il y a Ilona et Aldé pour être un peu nigauds ensemble, et alléger un peu l’atmosphère :’)

    Vivement la suite, je veux savoir ce qui va se passer avec Igor X)

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    • Disons que ce chapitre s’inscrit dans un contexte léger… mais que la dure réalité n’est jamais bien loin XD Les emmerdes ne font pas la trêve, même en cas de mariage :-p

      Ilona a son petit caractère mais c’est une crème, comme notre grand Brésilien ❤

      Igor, le pauvre XDDD S'il avait su, il se serait contenté de poster des images rigolotes sur le chat MSN pour ses copains et basta. La curiosité est un vilain défaut 😉

      Merci tout plein d'avoir pris le temps de lire ce chapitre ! ❤

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  2. On dirait que la petite « incursion » nocturne au Temple du Cancer n’est pas passée inaperçue… Intéressant cette explication. Est-ce que cela signifierait que tu vas mêler les Spectres à tout ça? Ou est-ce juste un signe de la faiblesse généralisée du Sanctuaire… Et du fait que certaines âmes ont la haine persistante…

    J’apprécie que ce soit Milo qui ait repéré Orwell et flairé une anomalie. Il ne s’est pas montré le plus éveillé des chevaliers jusqu’à présent, c’est le moment qu’il se rachète un peu! Et l’attitude d’Orwell correspond tout à fait à ce que j’imaginais de sa part au vu de sa réaction à son arrivée: pur émerveillement!

    Ensuite on a l’arrivée d’Igor, qui va mettre un terme définitivement au peu de sérénité qui restait… Ah mais je voulais savoir ce qu’il avait découvert exactement, moi! Qu’est-ce que c’est que ce cliffhanger!?

    Et on dirait que Geist et Sema commencent malgré tout à se trouver des affinités… Intéressant cette idée que les habitants de la région pourraient sentir le cosmos tout à fait naturellement. Je suis curieuse de voir où cette histoire va nous mener.

    Bref, encore un chapitre qui fait monter le suspense! Vivement la suite!:-)

    A bientôt,
    Lily

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    • Hello !

      Étant donné qu’ils sont tous liés, que Rachel s’est retrouvée avec des « empreintes » des douze cosmos dans le sien et que certains présentent plus de dispositions que d’autres pour tout ce qui est « spirituel », il était peu probable que personne ne se rende compte de rien, en effet.

      Concernant le Puits des morts dans le temple du Cancer, il fallait bien que j’en donne une version UDCienne 😀 (cela reste l’un de mes exercices favoris, faut bien avouer). Si Spectres il y a (et je ne te répondrai pas tout de suite sur ce point :-p), on reste dans l’UDC!verse, il est donc fort peu probable qu’ils vivent comme des cloportes dans les Enfers XD Ni que les Enfers aient le même aspect ou fonctionnement que dans le canon. Ce serait probablement quelque chose de plus… réaliste. Ceci étant, tes hypothèses se tiennent : Shaka lui-même semble soupçonner que le Sanctuaire est « exposé » et qui dit faille, dit tentatives malintentionnées en tous genres.

      Milo peut être très observateur quand il s’en donne la peine. Cette qualité tend à être endormie quand rien n’est censé l’alerter mais là, Orwell détonne vraiment dans l’assemblée et il l’a repéré le premier. Orwell, ce brave garçon que j’aime beaucoup : à voir si sa joie d’être là va faire pencher la balance en faveur du Sanctuaire quand il s’agira pour lui de se décider une bonne fois pour toutes à répondre – ou pas – aux attentes de Saga.

      Figure-toi que je pensais dévoiler le pot au roses dans ce chapitre ! Mais la limite de 5 à 6 Kmots que je me suis imposée ne l’a finalement pas permis… C’est assez frustrant pour moi parce que je dois faire avancer tous mes pions à la même vitesse et donc temporiser d’un côté pour équilibrer de l’autre.

      Geist découvre ce que Dimitri et ses sbires avaient compris depuis longtemps : que l’éveil au cosmos n’est pas si exceptionnel que ça, et que beaucoup de gens sont en capacité de le percevoir, voire de l’utiliser. Bien sûr, cette perception est variable en fonction des cultures et des régions du globle mais elle est indiscutable. Il y a ce côté universel du cosmos qu’on évoque dans la théorie mais qui se vérifie dans la pratique bien plus souvent qu’on veut bien le faire croire.

      Merci beaucoup tout plein pour ta lecture attentive et ton commentaire, à bientôt pour la suite 🙂

      Al’

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  3. Hello Al’ !

    Ah mais quel suspense ! J’ai commencé ma lecture persuadée que nous aurions le dénouement de la mésaventure d’Igor, mais non. Pas encore. Rah, tu sais tenir tes lecteurs en haleine ! 😁

    Mais pour en venir au contenu de ce chapitre… La première partie (et sa relative légèreté) m’a beaucoup plu. Tous ces plats avaient l’air absolument délicieux. Et je dois avouer que lorsque j’ai lu le passage avec Orwell, je me suis dit que si j’avais été à sa place, je n’aurais pas réagi autrement (enfin suis-je vraiment honnête en disant cela ? Hum pas si sûr… Car j’aurais peut-être reporté mon attention sur une ou deux autres choses que les spécialités culinaires grecques 😅). Sinon, sur le fond, il semblerait donc qu’il y ait un véritable problème avec le Puits des âmes. J’ai découvert ton interprétation de ce lieu avec grand intérêt, car le rôle « particulier » joué par la quatrième maison est un « détail » de la constitution du Sanctuaire que j’ai toujours trouvé assez singulier mais tout à fait intéressant dans l’histoire originale. Je suis donc très curieuse de connaître l’origine de l’incident survenu la nuit du mariage.
    Et dans un tout autre registre, il y aurait une autre chose au sujet de laquelle je serais extrêmement curieuse et intéressée d’en apprendre davantage, avec un grand nombre de détails si possible : la nuit passée par Camus et Milo. Parce que si ça a plus ou moins empêché tout le monde de dormir (ou en tout cas, a titillé le cosmos d’une bonne partie de la chevalerie dorée), c’est que ça ne devait pas être mal 😉.
    Ah et le « Athena n’est qu’un prénom après tout » m’a bien fait rigoler 😁.

    Ensuite la deuxième partie, avec Geist et Sema. J’ai beaucoup apprécié également. J’ai trouvé l’ensemble de ce passage très cinématographique dans sa lecture. J’étais pour ainsi dire présente moi aussi dans cette jungle hostile, et la puissance de Sema m’a totalement bluffée. J’avais compris qu’elle avait quelque chose de « spécial », mais là, ça donne vraiment l’impression d’être du lourd. Un autre détail que j’ai relevé : Geist a donc l’habitude de prendre des photos. Du coup, cette fois-ci je suis totalement convaincue : c’est bien elle qui a pris les fameux clichés d’Angelo et Shura lors de l’achat des costumes. D’ailleurs, j’avais peut-être déjà partagé cette analyse avec toi ? Je ne sais plus… Toutes mes excuses si jamais je radote (c’est malheureusement quelque chose qui m’arrive de plus en plus souvent).

    Bref encore un chapitre que j’ai adoré. L’histoire avance, le suspense est à son comble et j’ai hâte de découvrir la suite.

    Comme toujours, merci de partager cette histoire avec nous, porte-toi bien et à bientôt !

    Bises

    Phed’

    PS : et merci pour le deuxième Cliffhanger de fou en deux chapitres ! 😂

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    • Coucou Phed’ !

      Ah, si j’avais pu intégrer dans ce chapitre ce que Igor (enfin, ses copains XD) a découvert, je l’aurais fait. A vrai dire, c’était prévu mais je me suis retrouvée rapidement avec mes 6Kmots, objectif max que je me suis fixé pour la longueur des chapitres (l’époque des chapitres de 30 pages est depuis longtemps révolue – plus personne ne lirait un chapitre de cette taille de nos jours) donc ce sera pour le prochain chapitre 🙂

      Malgré les emmerdes à venir (… et dont pour le moment pas grand-monde n’a pris la mesure, faut bien l’avouer XD), la vie continue au Sanctuaire considérant que le pire est derrière eux. Se chamailler pour une histoire de bouffe n’est donc pas si grave XD (et, oui, ils ont du sacrément bien bouffer). Orwell n’ayant pas les mêmes penchants que toi, pour le moment, il se contente amplement du côté touristique de la chose 😀 Et puis il a eu le temps de s’esbaudir devant les Golds quand il les a rencontrés pour la première fois. mais je conçois tout à fait ton point de vue ! (quand même, quelle chance ils ont, les habitants du Sanctuaire, entourés chaque jour de statues grecques (ou à la grecque) tout ce qu’il y a de plus vivantes… *soupir*).

      Cette histoire de passage vers le monde des morts dans le temple du Cancer m’a toujours intriguée moi aussi et j’ai toujours pensé qu’il n’avait pas été exploité au mieux dans l’histoire originale. Comment expliquer qu’il ait fallu se tirer en Allemagne pour accéder aux Enfers, alors qu’il y avait un raccourci directement par le Sanctuaire ? Shion voulait se la jouer en mode big boss de la téléportation ? Il suffisait de descendre de quelques marches, hein… Comme le dit Shaka, on a là une sorte de « singularité » qui amincit le voile entre les vivants et les morts mais qui en « temps normal » est censé être contrôlée par les Cancers mais aussi et surtout par le cosmos inhérent à l’île. Donc quelque chose cloche. Mais quoi ? Un indice (voire l’explication) a déjà été donné dans les chapitres précédents mais j’y reviendrai dans le prochain chapitre.

      *explose de rire* figure-toi que j’ai rajouté le « détail » Camus/Milo au moment de l’édition de ce chapitre en clin d’oeil à toi et Lily 😉 A la base, la première version n’en parlait pas. Mais je me suis dit que ça pourrait faire plaisir à quelques lectrices de ma connaissance. Je n’irai pas plus loin parce que déjà que je n’avance pas aussi vite que je le voudrais, si je devais prendre ce type de chemin de traverse, on n’aurait pas l’cul sorti des ronces XD (après, il y a toujours les side-stories, hein)

      Pour le Athéna prénom, ça m’est venu tout seul XD

      Je te confirme que Geist est bien la jeune femme brune en Louboutin / sac Hermès / manucure impeccable qui photographie Shura et Angelo à Milan. La pauvre, ainsi immergée jusqu’au cou dans la jungle et la boue…. XD Et, oui, tu avais déjà évoqué cette hypothèse mais à ce stade, je peux la valider au vu des indices déjà présents. Geist étant un personnage de filler sans armure officielle, je me suis dit que dans cet univers, en faire une apprentie ratée était plutôt cohérent.
      Sinon, Sema est effectivement très puissante. Geist soupçonne d’ailleurs qu’elle est dotée du 7ème sens, ce qui suppose que son niveau peut être assimilé à celui d’un chevalier d’or. C’est une machine de guerre… ou plutôt une bombe à retardement. Les locaux du coin, pour ceux qui sont sensibles au cosmos, ne s’y trompent pas en la rejetant : ils perçoivent à quel point elle peut être dangereuse.
      Merci pour le côté cinématographique de la narration, ça a toujours été ce que je me suis efforcée de faire, à savoir rendre quelque chose de visuel comme si on regardait un film 🙂 Alors tu me fais très plaisir en me disant que tu as eu cette impression !

      Merci beaucoup beaucoup d’aimer cette histoire et de la suivre ! C’est vraiment important et motivant pour moi 😀

      Bises !

      réponse au PS : et il y en aura tellement d’autres… XDDD

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  4. Il y a toujours autant de contraste entre la vie festive du Sanctuaire et le voyage en terre inconnue de Geist. Quoique, au Sanctuaire, ça sent toujours le revenant à plein nez. Hâte de voir ce qui va « sortir » de la quatrième maison et de son puits.

    Enfin Orwell a l’air de bien s’intégrer, fut-il sous la surveillance d’Argol.

    Geist me fait de la peine mais au moins elle commence à briser la glace avec Sema, c’est déjà ça. J’aime beaucoup le fait que des gens « ordinaires » puissent sentir le cosmos et considèrent que c’est néfaste. Un grand pouvoir implique…. de grandes emmerdes.

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    • Ah oui tiens, je ne m’étais pas rendue compte de cet effet de contraste, en tout cas, ce n’était pas conscient ! 🙂 Maintenant que tu le dis, c’est vrai qu’il y a un aspect insouciant versus un aspect inquiétant ou du moins pas facile.
      Pour la 4ème maison, je pose des jalons qui ne trouveront pas forcément leur aboutissement réel tout de suite mais qui en effet serviront le propos à un moment donné ou à un autre.
      Argol en boss de la garde, j’aime beaucoup XD On verra les autres silvers et on le reverra, lui.

      J’aime beaucoup Geist aussi, complètement « déplacée » dans ce milieu hostile qu’est la jungle africaine équatoriale. Elle a un plutôt bon fond et fait preuve de beaucoup de patience avec Sema. Ah mais le cosmos, suivant de quel point de vue on se place, ça peut être une bénédiction comme une malédiction ! Et j’adore ta dernière remarque, que je compte bien replacer dans l’histoire, na ! 🙂

      Merci tout plein pour ton temps 🙂 Porte-toi bien et à bientôt !

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