Nouvelle Ère – Émergence – Chapitre 1

Sanctuaire, Grèce, février 2006

« Quelque chose ne va pas ? »

Un mug dans une main et la cafetière dans l’autre, Rachel s’était immobilisée en avisant l’air soudain absorbé de Saga installé en face d’elle alors qu’il consultait le premier de son imposante pile de quotidiens du jour.

« Tiens, regarde ça », et le Grand Pope du Sanctuaire de faire pivoter la page incriminée sous les yeux de la jeune femme qui se rasseyait, tout en achevant de se servir. Après avoir ramené une mèche récalcitrante de cheveux gris derrière son oreille, elle suivit l’index qui lui désigna un article de taille modeste mais assorti d’une photo, dans le coin en bas à gauche.

« Mais, c’est… »

Le général Corman. Elle aurait reconnu entre mille ce visage carré et bourru, loin d’être avenant pour qui ne connaissait pas le personnage. Tandis qu’une gorgée brûlante de café dévalait sa trachée, elle reporta son attention sur l’article. Et faillit s’étrangler.

« C’est moche, commenta Saga.

— Une crise cardiaque ? A son âge ? Il n’était pourtant pas si vieux. »

La Dothrakis avait reposé son mug, pour parcourir plus en détail les lignes imprimées en petits caractères. Le corps du général à la retraite avait été retrouvé quelques jours plus tôt, dans une barque flottant sur un des nombreux lacs parsemant la région des Adirondacks et où il possédait une résidence secondaire devenue principale depuis l’année dernière. C’était son épouse, inquiète de ne pas le voir revenir de sa partie de pêche quotidienne, qui avait donné l’alerte. Aleister Lawrence Corman, à qui les hommages militaires seraient rendus dans deux jours, laissait derrière lui deux filles, âgées respectivement de dix-huit et vingt-deux ans.

« Dommage. Cet homme gagnait à être connu, conclut la jeune femme dans un soupir. Qu’est-ce que tu envisages ?

— La moindre des choses serait que le Sanctuaire soit représenté à ses obsèques. Après tout, cet homme a sabordé sa carrière pour nous aider.

— Je doute fort que nous y soyons les bienvenus.

— Peu importe. »

Saga avait récupéré le journal pour le replier avec soin avant de se rasseoir en face de sa compagne, sa première cigarette du jour fumant entre ses doigts :

« J’irai.

— Seul ?

— Qu’ils apprécient ou non ma présence, ça m’étonnerait qu’ils s’amusent à venir me le signifier. »

Rachel ne put réprimer un sourire devant le mépris affiché par le Pope :

« De plus, ce serait l’occasion de leur rappeler que nous, nous ne les oublions pas, rajouta-t-elle malicieusement. Après tout, il semble qu’un entretien  »constructif » avec le Général Grisham s’impose, à défaut de réponse de sa part à tes courriers, non ?

— Ne me tente pas. »

Leur baiser s’achevait lorsque Thétis et Kanon les rejoignirent.

« Bien dormi ?

— Très drôle », maugréa le cadet des jumeaux à l’attention de son aîné, tout en se hissant avec un grognement sur l’un des tabourets encore libres.

S’il était enfin débarrassé des broches restées enchâssées durant plusieurs mois dans sa colonne vertébrale depuis l’été des Portes, Kanon affectait un maintien encore raide malgré les séances de kinésithérapie dont il ne voyait pas la fin. C’était une question de temps lui avait assuré le médecin en charge de son cas, mais la patience et Kanon, ça faisait deux et Saga compatissait. Lui-même aurait détesté se sentir à ce point limité dans son quotidien.

Son cadet lui consentit cependant un sourire quand il lui tendit une tasse de café par dessus la table encombrée par le petit-déjeuner, leurs doigts s’effleurant au passage.

Comment te sens-tu ?

— Mieux qu’hier et moins bien que demain. » Une réponse devenue leitmotiv, émise avec un entrain plus ou moins forcé en fonction des jours et surtout des nuits.

« Disons qu’il ne s’est réveillé que trois fois. J’imagine qu’on doit y voir un progrès? » Commenta Thétis avec un léger rire qui compensait les ombres que la fatigue tentait d’accrocher à son visage toujours lumineux.

« C’est en effet dans ce sens-là que vous êtes censés considérer les choses, répondit doucement Rachel. Andreas n’a que quatre mois après tout ! Soyez patients, il finira par faire ses nuits.

— En l’occurrence, vous aussi, répliqua Kanon. D’autant que, vous, vous n’êtes pas obligés de supporter tout ça, pas vrai ? Et pourtant vous le subissez quand même, par la force des choses. »

La Grecque s’esclaffa, bientôt imitée par Saga et ils haussèrent les épaules dans un même mouvement :

« Vos appartements et les nôtres ne sont pas si proches que ça. Nous n’avons même rien entendu cette nuit ! »

Le mensonge valait pour Rachel ; Saga, lui, se trouvait comme à son habitude dans son bureau à l’autre bout de l’aile du bâtiment, quelque part entre deux et trois heures du matin.

« Et puis, on vous l’a déjà dit il me semble, rajouta le Pope. On peut prendre le relais quand vous voulez, si vous avez envie de faire un break.

— Et ce n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde, crois-le bien ! – Thétis se tourna vers Rachel – mais j’ai conscience qu’Andreas n’est pas un bébé facile.

— Parce que tu crois que ces deux-là l’étaient au même âge, peut-être ? »

Les jumeaux firent mine de s’offusquer devant le pouce de Rachel tendu négligemment dans leur direction tandis qu’elle poursuivait sur le même ton sarcastique :

« Dis-toi que c’est de bonne guerre.

— Mais toi tu n’as pas mérité un tel châtiment.

— Ça, ça reste à prouver ! »

Parce que Rachel se mit à rire, ils l’imitèrent, après une brève hésitation de la part de Thétis qui ne put s’empêcher de lui jeter un regard pénétrant où se mêlaient incompréhension et compassion.

« Pour l’heure, il digère déclara la Suédoise, nous avons donc un peu de répit devant nous et je compte bien faire un sort à ce quatre-quarts qui me fait les yeux doux. Encore un méfait de Loukas ?

— Qui d’autre ? »

Les deux femmes se partagèrent une portion déjà coupée, tandis que Kanon piochait un journal plus ou moins – et plutôt moins que plus – dans le stock de son aîné. Les résultats de la dernière journée en date du championnat anglais de football monopolisèrent bientôt toute son attention sous les yeux de Saga qui replongea pour sa part dans les pages monde du New York Times.

« Kanon ? » Demanda Rachel à mi-voix, s’attirant un hochement de tête de Thétis en guise de réponse muette tout d’abord, puis :

« Il se montre autrement plus efficace que moi. En journée, passe encore, mais la nuit – la Suédoise entreprit de rassembler du bout de l’index les miettes de gâteau tombées devant elle – je n’y arrive pas.

— Il en ira de son cosmos comme du reste. Ce n’est pas le premier bébé qui naît avec un cosmos actif, et certainement pas le dernier. La situation va rentrer dans l’ordre d’elle-même, tu verras.

— Je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi compliqué. »

A la décharge de Thétis, personne ne s’y attendait, admit Rachel in petto non sans un sourire qui se voulait rassurant. Qu’un nouveau-né manifestât son septième sens avec une telle vigueur quand dans le même temps, les cinq autres n’étaient encore pour lui que de vastes terres à défricher avait de quoi surprendre. Il n’y avait toutefois là rien d’insurmontable pour des parents qui le maîtrisaient avec un art consommé, sauf à en être privé.

« Un autre morceau ? » Proposa Thétis, avec déjà le couteau en main. Rachel eut un signe de dénégation et cédant à la gourmandise, l’autre femme se resservit généreusement avec un large sourire à l’attention de son compagnon qui la contemplait entre effarement et satisfaction.

« Je suis désolée pour vous que cette période soit aussi pénible, dit encore Rachel, une main posée sur l’avant-bras de Thétis qui interrompit l’ascension de sa part de gâteau jusqu’à sa bouche déjà entrouverte.

— Ne t’inquiète pas pour moi, finit-elle par répondre avec chaleur. Je vais bien. Je t’assure. »

L’aura de la Suédoise était on ne pouvait plus paisible, en effet. Rachel la percevait sans effort, douce et calme, auréolant le corps de Thétis d’un voile aussi mince que celui qui drapait n’importe quel être humain inconscient de son cosmos. Les doigts de la Dothrakis se resserrèrent brièvement autour du poignet de l’autre femme :

« Tant mieux. »

Son thé tiédissait et Thétis en but quelques gorgées avant qu’il fût tout à fait froid, tandis que la radio allumée en sourdine comme chaque matin diffusait la chaude voix de Ella Fitzgerald sur  Good Morning Heartache[1]. Par-delà Rachel assise à côté d’elle, elle apercevait le Domaine Sacré en contrebas des fenêtres de la cuisine centrale du Palais où ils avaient tous les quatre pris l’habitude de se retrouver chaque matin. Parfois – souvent – ils étaient rejoints par un ou plusieurs de leurs compagnons, lorsqu’ils étaient présents et qu’ils en manifestaient l’envie. Aucune obligation. Ces jours-ci, les douze temples étaient vides pour la plupart mais ne le restaient jamais bien longtemps. Cette certitude de retrouver bientôt l’un ou l’autre de ses autres pairs dans la convivialité du petit matin gonfla le cœur de la Suédoise, qui avait appris à savourer ces moments de paix et de sérénité, bien plus qu’elle n’aurait su l’exprimer. Ces moments où les pleurs de son fils n’étaient pas une source d’anxiété, où son absence de cosmos n’était pas un problème, ces moments où elle avait l’impression d’exister pour et par elle-même, auprès de ceux qui lui étaient chers.

Elle était consciente de leurs efforts et de leur délicatesse à son égard. Tous s’efforçaient autant que possible de ne pas l’exclure de ce qui leur était devenu un mode de communication naturel, pour ne pas risquer de la blesser par un échange silencieux de pensées dont elle aurait pu être écartée, ou par un réflexe trop rapide pour elle. Oh, bien entendu, toute forme de télépathie ne lui était pas totalement inaccessible, mais il lui était difficile d’entretenir une conversation trop longue sur un niveau de conscience trop élevé, le niveau qui justement permettait de garantir une certaine intimité à ces échanges mentaux. Heureusement, son empathie qui ne devait rien à son cosmos lui demeurait, et avec elle un accès privilégié aux ressentis que d’aucuns n’osaient exprimer, y compris en pensée. Il s’agissait là d’un privilège dont elle était pleinement consciente et auquel elle se raccrochait pour mieux lutter contre les assauts de la solitude.

A côté d’elle, Rachel remuait son café en un lent mouvement hypnotique, son profil sévère découpé par la lumière du matin. Un reste de son sourire de tantôt était resté accroché à ses lèvres, comme abandonné là par des pensées dont la mélancolie soudaine n’échappa pas à Thétis :

« La proposition de Saga n’engage que lui, dit-elle dans un murmure. Je ne te demanderai jamais de prendre Andreas en charge si tu ne le souhaites pas.

— C’est moi qui le lui ai suggéré. Ça ne me dérange pas de m’occuper de ton fils, tu sais : au contraire. »

Un jour, Thétis lui avait posé la question : envisageait-elle d’avoir un enfant avec Saga ? La réponse avait été sans appel. Non. Puis elle avait rajouté qu’ils étaient tous les deux infiniment heureux pour Kanon et elle et que c’était bien là tout ce qui comptait. Que Rachel manifestât de la tendresse, de la bienveillance et, oui, de l’amour, à l’égard d’Andreas ne signifiait pas qu’elle avait l’intention de changer d’avis. Après tout, sans doute était-ce mieux ainsi ? Thétis n’avait pas de passé qu’elle redoutait de reproduire, plutôt un avenir qu’elle était enfin libre d’écrire par elle-même.

Ce elle-même fût-il désormais incomplet.

La voix de basse de Saga, à la fois si semblable et subtilement différente de celle de son jumeau, l’empêcha de s’engager plus avant sur un chemin dont Shaka l’avait enjointe de se méfier et un sourire s’épanouissait déjà sur ses lèvres quand elle reporta son attention sur le Pope qui demandait :

« Au fait, cette date ? Vous vous êtes décidés ?

— Eh bien… – Thétis et Kanon s’entre-regardèrent, indécis – … pas tout à fait, répondit le cadet des jumeaux. On hésite.

— Entre ?

— Fin mai ou début juin.

— Au moins ça a le mérite d’être un peu plus précis que la dernière fois.

— Mais d’un autre côté, peut-être faudrait-il qu’on l’avance ? »

Devant l’air interrogateur de Saga, Thétis précisa avec un petit sourire triste :

« Nous aimerions que tout le monde puisse être présent.

— Il n’est pas encore mort.

— Non, mais il n’en est plus très loin. »

La réponse brutale de Kanon avait le mérite d’être limpide, si bien que Thétis ne fit pas mine de la lui reprocher. Quant à Rachel, elle laissa échapper un profond soupir.

« Pas sûr qu’il tienne jusque là, rajouta Kanon. Alors, même si la saison sera moins propice, avril serait plus raisonnable.

— Vous connaissez bien mal Dôkho si vous pensez qu’il laissera la mort gagner le combat avant de vous voir mariés, rétorqua Saga en croisant les bras. Je dirais même qu’il n’attend plus que cet événement pour pouvoir casser sa pipe en paix.

— Sans rire.

— Tu n’as qu’à le lui demander si tu ne me crois pas. »

Kanon leva les yeux au ciel, avant de les reporter sur sa compagne qui lui rendit son regard avec hésitation.

« On avait pensé au trente mai, finit-elle par admettre. D’une pierre deux coups.

— Pourquoi pas ? – Saga décroisa les bras, avec un coup d’œil à son frère qui lui sourit en retour. – après tout, on n’a même pas fêté nos trente-cinq ans l’année dernière, on pourra faire semblant d’avoir oublié qu’on a pris un an de plus entre temps. Va pour le trente mai ! Décida-t-il.

— Dôkho…

— … Sera ravi de le savoir, compléta Rachel à la suite de Thétis. Chaque échéance connue et dépassée est une victoire pour lui et puis tu sais comment il est : il adore les défis. »

Le cadet des jumeaux et celle qui allait devenir son épouse échangèrent un sourire soulagé. L’un comme l’autre voulaient croire à l’optimisme du couple, et ils savaient ne pas être les seuls bien que personne dans le cercle des douze n’osât, au fond, aborder frontalement la disparition annoncée du chevalier de la Balance. Trop de souffrances en perspective.

« Nous n’attendrons pas mai pour le volet administratif, précisa Thétis. A vrai dire, les papiers sont prêts, il ne manque plus qu’un créneau à la mairie de Rodorio. Toujours partants pour être nos témoins ?

— Évidemment – Rachel se tourna vers son compagnon – Tu as une préférence pour le jour ? »

Le Pope ne répondit pas. Les sourcils froncés, il avait déplié puis replié à sa façon son journal et le scrutait avec une intensité suspecte :

« Saga ? Réessaya Rachel devant son silence.

— Et merde.

— D’accord. Mais à part ça ? »

La Grecque avait levé un sourcil et, une cigarette allumée entre l’index et le majeur, le menton posé sur son pouce, attendit patiemment l’inévitable explication qui ne vint pas tout de suite, néanmoins :

« Kanon – le cadet pivota vers son aîné, assis à côté de lui qui ne lâchait pas le quotidien des yeux – on a qui en ce moment en Asie du Sud-Est ?

— Ça dépend. Pour quoi faire ? »

Comme tantôt avec Rachel, Saga posa puis fit pivoter du bout des doigts le journal sur la table, pour présenter le titre de l’article aux présents : glissement de terrain aux Philippines. Un millier de morts et presque autant de disparus. Les pluies excédentaires de ces dernières semaines avaient déstabilisé les sols et de nombreux villages avaient été emportés dans des coulées de boue. La recherche des victimes étaient rendue compliquée par les précipitations incessantes et l’inaccessibilité de certaines des zones touchées.

« Bon sang, grommela Rachel, j’ai l’impression que c’est toutes les semaines en ce moment.

— Trop souvent en tout cas, précisa l’aîné des jumeaux. On va finir par manquer de ressources.

— On doit avoir un ou deux chevaliers d’argent, pas sur zone, mais mobilisables rapidement. Ça devrait suffire.

— Prends contact avec le gouvernement philippin. Informe-les qu’on leur envoie des renforts. »

Finissant son café en une gorgée, Kanon descendit de son tabouret plus vite qu’il ne s’y était juché pendant que son frère rassemblait les journaux dispersés autour de lui. Il écrasa sa cigarette, imité par Rachel qui héla l’un des commis de Loukas afin qu’il débarrassât les reliques de leur petit-déjeuner.

« Aldébaran doit rentrer dans trois jours, rappela-t-elle. Je peux lui demander de faire un détour.

— J’en déduis qu’il n’a rien trouvé ? »

Rachel ne daigna pas répondre et Saga, qui s’apprêtait à surenchérir, opta in fine pour le silence. Thétis, la dernière à quitter sa place, ravala un soupir.

Fin de la parenthèse et retour à la réalité.

 

Comté d’Arlington, État de Virginie, USA, février 2006

Le froid glacial lui cisaillait le visage. Pourtant, lorsque Saga redressa le col de son long manteau gris anthracite et enfouit ses mains dans ses poches, ce fut plus par mimétisme et souci de se fondre dans la foule qui convergeait vers le lieu de la cérémonie, que pour se protéger du vent.

Il avait neigé quelques jours plus tôt ; la température qui depuis n’avait de cesse de dégringoler avait transformé en glace l’épaisse couche immaculée, et chacun de ses pas s’accompagnait d’un craquement sinistre.

Il avait été surpris par le nombre de véhicules civils stationnés au bas de la colline au sommet de laquelle le général Corman allait être inhumé. Et il le fut plus encore en parvenant à destination. Une vraie foule, sombre et immobile malgré le froid, se massait autour du cercueil et de la fosse destinée à accueillir ce dernier.

Par-dessus l’assistance, sa haute taille lui permit de balayer du regard le cercle constitué par la famille proche, dûment installée sur des chaises disposées à cet effet : la veuve et ses filles. Une poignée de hauts gradés se tenaient là également, juste derrière le trio éploré. Il eut beau scruter certains visages, il ne reconnut personne. Dommage. Un dernier tour d’horizon lui confirma l’absence du jeune Orwell, dont il n’avait plus eu de nouvelles depuis son départ pour l’Afghanistan. Corman lui-même en avait-il eu ? Les échanges épistolaires que le Pope avait entretenus avec le défunt ne lui permettaient pas d’en être certain, en dépit des informations qu’il avait sollicitées en ce sens. L’échec du général quant à ses demandes réitérées relatives au rapatriement d’Orwell sur le sol américain, demeurées lettres désespérément mortes, l’avait très certainement poussé à la résignation face à la machine implacable qui l’avait mis lui aussi sur la touche. Dans tous les cas un sujet sensible que Saga avait eu le tact de ne plus aborder dans ses missives au bout de quelques semaines.

Quoi qu’il en fût, l’homme semblait avoir eu assez d’importance de son vivant pour nombre de personnes, au vu de l’affluence qui ne tarissait pas malgré l’heure officielle de la cérémonie qui approchait.

Le Pope se laissa volontairement cerner par des anonymes et repousser jusqu’aux limites extérieures de la multitude. Il s’était bien gardé d’informer le Pentagone de sa présence au cimetière national militaire d’Arlington, et n’avait aucun doute quant à l’affolement que sa venue impromptue était en train de générer au sein des services de sécurité. Un sourire méprisant crispa ses lèvres minces lorsqu’il avisa un spécimen desdits services – une jeune recrue à première vue – en train de le fixer stupidement une seconde de trop avant de se recomposer tant bien que mal un air où la nervosité le disputait à une façade de circonstance. S’il y en avait un, il y en avait d’autres, plus aguerris et de fait, plus discrets.

Le brouhaha des murmures feutrés et autres chuchotements bienséants s’amenuisa jusqu’au silence le plus complet, tandis que la voix du pasteur s’élevait dans l’air glacé. L’ouïe aiguisée de Saga lui permit de suivre l’éloge funèbre en dépit de la distance et d’entendre les sanglots brefs qui rythmaient l’homélie. S’il s’attendait à en découvrir un peu plus sur cet homme qu’il n’avait pas réellement connu, il en fut pour ses frais ; rien que de très conventionnel, services rendus à la nation, un grand général, un mari aimant, un père attentionné qui a voué sa vie à son pays et bla, et bla, et bla. Pas un mot sur sa dernière mission, ni sur son importance. Visiblement, la propension des autorités américaines à opérer un tri aussi drastique que subjectif dans les faits n’avait rien perdu de sa vigueur au fil des époques.

Tandis qu’il remâchait ses réflexions sardoniques, il faillit ne pas se rendre compte de l’arrivée tardive de quelques militaires supplémentaires. Et pas n’importe lesquels : le général en chef des armées, Grisham, avait daigné faire le déplacement, accompagné de sa cour.

Les paupières plissées par le froid, le Pope détailla le visage dudit général. Il l’avait vu en photo et la première impression qu’il en avait alors retirée se confirmait : cet homme ne faisait pas partie de ceux qui plient. Grisham se sentit-il observé ? Toujours fut-il qu’il s’immobilisa, avant de pivoter vers le personnage de haute taille qui le scrutait.

Saga avait pris la peine d’emprisonner son opulente chevelure dans un catogan assorti à son costume et son manteau sombres mais de toute évidence, lui aussi venait d’être reconnu. Les deux hommes se dévisagèrent un nombre suffisant de secondes pour que ce qui restait des services secrets que le Pope n’avait pas encore eu la satisfaction de repérer sortît de sa tanière. “Cette fois, nous sommes véritablement au complet” nota-t-il avec ironie, finalement assez amusé par la situation.

Il fallait croire que cette irruption en pleine cérémonie avait été scénarisée avec soin. Grisham se glissa jusqu’aux premiers rangs, à peine quelques minutes après les discours formatés de ceux qui avaient côtoyé Corman, mais quelques minutes fort à propos qui non seulement le dispensèrent de participer à l’éloge mais aussi et surtout ponctuèrent son arrivée des premières notes de clairon du Taps [2]. Un frisson parcourut la foule et Saga lui-même ne put se défendre d’une émotion diffuse mais envahissante : une sorte de tristesse, tandis que la mélodie lente et hypnotique semblait stagner au-dessus de la tombe, comme paralysée par le froid.

Grisham et le Pope furent les deux seuls à ne pas sursauter lorsque la première salve fut tirée. Profitant d’une éclaircie soudaine au cœur de la multitude devant lui, Saga put entrevoir de jeunes militaires s’employer à plier le drapeau qui avait recouvert le cercueil selon un protocole parfaitement codifié, tandis que le corps de Corman était descendu en terre, au rythme du clairon. Il vit également la veuve poser ses mains sur le triangle de tissu épais qui venait d’être déposé sur ses genoux, en un geste dérisoire dans lequel Saga ne savait s’il devait discerner du chagrin ou de l’amertume. Un instant il oublia la présence de l’homme qui presque deux ans plus tôt aurait payé cher pour le voir mort, lui et tous ses compagnons. Un instant il se remémora les peurs qui l’avaient étreint à l’idée de perdre les siens, sa colère à la pensée que tout cela aurait pu être inutile et vain.

Aussi, lorsque le défilé des condoléances le mena devant cette femme inconnue au visage  chiffonné par les années et les larmes, il prit le temps de se pencher vers elle.

« Madame. »

La veuve leva les yeux vers le Pope, pour ne voir qu’un énième étranger. Elle s’apprêtait à laisser tomber les quelques paroles creuses de remerciements qu’elle égrenait sans relâche depuis de longues minutes lorsqu’elle fut happée par le regard lumineux et dur qui la fixait.

« Votre mari n’a pas fait que son devoir, murmura Saga d’une voix si basse qu’elle seule pouvait l’entendre. Quoi qu’on ait pu vous faire croire, quoi qu’il ait pu vous dire, le général Corman était un homme de bien. Et parce qu’il n’a jamais dévié de ses convictions, il a sauvé la vie d’une multitude de gens.

— Mais… Qui êtes-vous ? »

Egarée, elle le contemplait tandis que quelques bribes des rares confidences de son mari lui revenaient en mémoire. Il ne lui avait pas dit grand-chose de sa dernière mission dont le “succès” lui avait valu d’être démis de ses fonctions, si ce n’était qu’il avait désobéi aux ordres et que…

« Je suis quelqu’un qui n’est pas mort grâce à lui. Je vous en prie, si vous ne deviez retenir qu’une seule chose, que ce soit celle-ci. »

Ce n’était pas grand-chose. Les épaules alourdies par le chagrin qu’elle redressa cependant et le hochement de gratitude qu’elle adressa au Pope suffirent à ce dernier lorsqu’il se détourna pour se fondre de nouveau dans la foule.

« Monsieur Antinaïkos ? »

Perdu dans ses pensées, Saga n’avait pas perçu la proximité un peu trop prononcée pour être honnête de quelques hommes en complet sombre autour de lui. S’arrêtant net, il fixa en silence celui qui l’avait interpellé et qui, d’un geste preste, dégaina une carte pour la brandir sous le nez du Pope tout en se présentant :

« Alexander Byrne, CIA. Veuillez nous suivre, je vous prie. »

 

Langley, État de Virginie, USA, quelques heures plus tard

L’infâme jus de chaussette – un café, selon les standards américains– qu’on lui avait servi avait achevé de refroidir depuis belle lurette. A peine y avait-il trempé ses lèvres, avant de repousser le gobelet en carton à distance raisonnable.

Depuis, il patientait.

Il aurait été injuste d’affirmer qu’ils l’avaient mal accueilli. Dirigé vers une salle de réunion agréablement chauffée et équipée de sièges larges et confortables entourant une vaste table en acajou, il avait été laissé seul et aucun de ses effets personnels n’avait fait l’objet du moindre contrôle. Même la fouille à l’entrée du siège de la CIA avait été minimale.

Bande d’imbéciles.

Au premier coup d’œil, Saga avait repéré les trois caméras dont les champs cumulés couvraient l’intégralité de la pièce où il se trouvait. Et il ne se trompait sans doute pas en supposant que quelques micros judicieusement dispersés complétaient le dispositif.

Cela faisait bientôt deux heures. Deux heures qu’il n’avait reçu aucune visite, deux heures qu’il attendait, tranquillement. Peu charitable, il ne les avait pas gratifiés de la moindre satisfaction. Son téléphone, bien qu’allumé, était demeuré dans la poche de sa veste et lorsqu’il avait sonné, le Pope s’était gardé de répondre. De la même manière, il n’avait pas jeté un seul regard à sa montre – purement décorative pour un chevalier d’or des Gémeaux – ni exprimé le moindre signe de contrariété ou d’impatience devant l’attente qu’on lui imposait. Il s’était tout simplement contenté de fixer le mur aveugle qui lui faisait face.

Aussi ne put-il retenir un sourire narquois lorsqu’il avisa l’air passablement agacé de Byrne qui finit par le rejoindre dans la salle de réunion, accompagné par un autre agent.

« Monsieur Antinaïkos, nous vous prions de nous excuser pour cette attente », fit cependant le premier sur un ton maîtrisé qui se voulait poli et respectueux. Déjà son visage regagnait la neutralité que le Pope avait notée lors de leur première rencontre.

Les deux hommes présentaient la particularité de n’en avoir aucune. Aussitôt vus, aussitôt oubliés. Blancs, de taille moyenne, ils portaient des costumes certes de bonne facture mais passe-partout et n’arboraient aucun signe distinctif. Leurs traits étaient classiques, leurs voix communes, leurs coupes de cheveux réglementaires, en bref de parfaits petits agents secrets anonymes et heureux de l’être.

« Je vous en prie », répondit le Pope avec une voix de basse qui pouvait passer pour aimable pour qui ne le connaissait pas, tout en tirant un paquet de cigarettes de la poche intérieure de son veston. « Mais peut-être auriez-vous à présent l’obligeance de me donner les raisons de cette invitation dans vos locaux ?

— Il est interdit de fumer, je regrette », intervint le deuxième homme alors qu’une flamme jaillissait déjà devant le visage de Saga. Ce dernier ne marqua que le temps d’arrêt nécessaire pour fixer son vis-à-vis avant d’achever son geste, sans le quitter des yeux.

Un “votre nom ?” nonchalant s’échappa en même temps qu’une volute bleutée irrésistiblement attirée par le nouveau venu qui réprima une quinte de toux, avant de répondre avec une bonne grâce toute relative :

« Josef Koloski. NSA.

— J’en prends bonne note. »

Et un grésillement de ponctuer la noyade des premières cendres dans le gobelet de café tandis que croisant ses longues jambes, Saga pivotait sur sa chaise pour se retrouver face à Byrne, assis de l’autre côté de la table :

« En quoi puis-je vous aider ? »

L’agent eut un haut-le-corps. Non seulement cet homme témoignait d’une assurance éhontée mais aussi et surtout, il se fichait de lui. Et dans les grandes largeurs qui plus était. Il avait lu son dossier, savait tout ce qu’il y avait à savoir – non, tout ce qu’il avait été possible de savoir, nuança-t-il in petto – sur cet individu, mais la réalité apparaissait sans commune mesure avec les descriptions, commentaires et autres préconisations portés à sa connaissance. En face de lui se trouvait un homme auquel ne s’appliquait aucune règle. Un homme au-dessus de toute loi. Un homme capable de tuer d’un claquement de doigt sans compte à rendre à qui que ce fût. Un homme qui en cet instant très précis tenait à ce qu’il en eût pleinement conscience. Lorsque le Pope leva un sourcil devant le silence qui s’éternisait sans cependant masquer un sourire glacé, Byrne sentit ses mains devenir moites.

« Monsieur Antinaïkos, quelle était la teneur de vos relations avec feu le général Corman ? Réussit-il enfin à prononcer, croisant les doigts devant lui jusqu’à faire blanchir ses phalanges.

— Pourquoi cette question ?

— Veuillez répondre, s’il-vous plaît.

— Dans ce cas, permettez que je reformule : pourquoi cette question dont vous connaissez déjà la réponse ? »

Saga n’avait pas décollé le dos de son siège, ni modifié d’un iota la tonalité de son timbre.

« Il me semble raisonnable de penser que la légendaire efficacité de vos services y a déjà pourvu, n’est-ce pas ? »

Ce ne fut qu’un tic, infime, une légère crispation au coin des lèvres de Byrne qu’un autre n’aurait pas remarqué mais qui suffit à alerter Saga. Un coup d’œil du côté de Koloski, passablement nerveux, le conforta dans ses impressions. Il se passe quelque chose.

« Nous savons que le général Corman a fédéré une partie de ses hommes afin de demeurer sur le site des Portes et ce, en dépit de l’ordre d’évacuation émanant de l’état-major.

— Et ? »

Cette fois le Pope se redressa, pour poser ses coudes sur la table et croiser ses mains sous son menton sans toutefois détourner son attention pensive de Byrne :

« Poursuivez, les tenants de votre explication m’apparaissent singulièrement incomplets. »

L’agent, désireux de prendre l’avantage, se leva avant de plonger les mains dans ses poches et d’affecter un air empreint de certitudes :

« Il a désobéi à un ordre formel, ce qui lui a valu une retraite par anticipation…

— … et qui nous a valu à moi et à mes compagnons, de demeurer en vie. Soyez précis, monsieur Byrne. C’est important, d’être précis.

— Il ne m’appartient pas de juger les décisions de mon gouvernement, répliqua l’autre d’un air pincé. Toujours est-il que vous avez entretenu une correspondance régulière avec le général Corman à l’issue de ces événements, exact ?

— En effet.

— La teneur de ces échanges…

— Vous la connaissez déjà, coupa sèchement Saga. Et dans tous les cas, rien qui, dans mon souvenir, ne soit susceptible de porter atteinte à vos intérêts.

— Avez-vous eu des contacts de nature différente avec le général Corman ?

— A savoir ?

— Vous êtes-vous entretenus par téléphone ? L’avez-vous revu ?

— Oui à la première question, non à la seconde. Mais, au risque de me répéter, vous le saviez déjà. Aussi je crains – Saga lança négligemment son mégot en direction du gobelet qu’il ne rata pas, puis déplia ses deux mètres de stature dans la pièce singulièrement rétrécie – que dans ces conditions, vous me fassiez perdre mon temps. Quant au vôtre, c’est vous que ça regarde.

— Attendez ! »

Koloski avait crocheté le coude du Pope dans un réflexe alors que ce dernier, son manteau replié à cheval sur son bras ,avait déjà posé une main sur la poignée de la porte. Mais alors même que le maître du Sanctuaire baissait les yeux vers l’impudent, ce dernier retirait sa main avec un grognement de douleur stupéfaite : il venait de se brûler.

« Auriez-vous l’intention de m’empêcher de sortir ? Demanda Saga d’une voix suave.

— Écoutez… »

Byrne s’était interposé entre l’agent de la NSA et le Pope, tout en désignant d’un geste conciliant le siège que ce dernier venait de quitter.

« J’ai conscience de ce que vous devez au général Corman et je ne mets pas votre parole en doute. Cependant, nous sommes confrontés à une série d’interrogations auxquelles nous ne réussissons pas à apporter de réponse. Votre aide nous serait précieuse. »

Le regard de Saga fit un aller-retour rapide entre la salle et l’agent et ce fut toujours debout ainsi que sur le point de sortir qu’il laissa tomber avec sécheresse :

« Expliquez-vous.

— L’appartement que la famille Corman a conservé à Washington a été cambriolé.

— Quand ?

— Le jour de la mort du général. »

Le mouvement amorcé par Saga en direction de Byrne fit reculer Koloski de deux pas prudents, royalement ignorés par le Pope qui répliqua en détachant ses mots :

« Corman est décédé d’une crise cardiaque.

— C’est exact. Du moins, c’est la conclusion par défaut de l’autopsie Le cœur était trop… abîmé.

— Pourtant, vous semblez associer son décès à ce cambriolage.

— Les lieux étaient sens dessus dessous. Madame Corman, en revenant sur les lieux, a confirmé que nombre d’objets de valeur ont été dérobés – des bijoux, des objets d’art, du matériel hi-fi –  et que le coffre-fort a été vidé.

— Et vous ne savez pas ce qu’il contenait, conclut le Pope, sarcastique. Qu’est-ce qui peut vous faire croire que j’aie le moindre rapport avec tout ceci ?

— Ce n’est pas ce que j’ai dit.

— Non, mais c’est ce que vous insinuez. Hormis les “événements” comme vous dites qui nous liaient, je ne savais rien de la vie du général Corman. Si sa veuve est dans l’incapacité de vous informer quant au contenu de ce coffre…

— Une enquête interne est en cours au Pentagone, l’interrompit Byrne, toute onction envolée. Il semblerait que le général Corman ait fait faire des copies de certains documents archivés, des documents susceptibles de vous concerner, vous et vos… semblables.

— Vous en êtes certain ?

— L’enquête n’étant pas terminée, il ne m’est pas possible de vous en dire plus à ce sujet. Néanmoins, oui, nous sommes sûrs que des copies ont bien été effectuées. »

Les deux hommes se jaugèrent en silence jusqu’à ce que Byrne rajoutât :

« Il n’est pas dans votre intérêt que des informations aussi confidentielles soient divulguées. Aussi, comprenez bien que…

— Ne me faites pas rire. »

Saga avait franchi le dernier pas le séparant de son interlocuteur qu’il ne toucha pas cependant.  Byrne ne put toutefois se défendre de la détestable impression d’être saisi à la gorge.

« Une telle situation est aussi peu dans notre intérêt que dans le vôtre, si j’en crois les “bonnes dispositions” du général Grisham, et donc de votre gouvernement, à notre égard.

— Personne… personne n’aurait pu éliminer le… général de cette… »

L’agent commençait à étouffer et Koloski vit sa figure virer peu à peu à un joli rouge pivoine tandis que Byrne tentait d’achever sa phrase :

« Personne… de… normal…

— Je sais que c’est une tradition qui se perd dans votre pays mais il n’est guère opportun d’accuser sans preuve. Alors je vais vous faire une fleur : vous avez ma parole que nous ne sommes pour rien dans cette affaire. »

Et le Pope de relâcher son emprise mentale sur Byrne qui tituba vers l’arrière en se tenant la gorge, avant de se rattraper au bord de la table.

« Vous devrez vous en contenter et quelque chose me dit que vous y aurez tout intérêt.

— Monsieur Antinaïkos », osa Koloski pour la première fois, en désespoir de cause devant l’état pitoyable de son collègue : « il n’en demeure pas moins dans ce cas que des documents importants pour vous comme pour nous sont actuellement dans la nature et Dieu seul sait à quel usage ils seront destinés. Si vous savez quoi que ce soit qui pourrait nous…

— Débrouillez-vous. »

Cette fois le Pope avait ouvert en grand la porte qui donnait sur un couloir où s’était immobilisé un échantillon interloqué du personnel.

« Après tout, qui de vous, ou nous, sera le plus affecté si de telles informations venaient à être divulguées ? Nous ne sommes qu’une poignée et vous dirigez le monde. A vous de voir.

— Vous… »

Une quinte de toux ponctua l’intervention de Byrne, toujours agrippé à la table.

« Vous aussi… êtes à la recherche de quelque chose… qui vous appartient. Ne l’oubliez pas. »

Saga ne lui condescendit pas le moindre regard avant de sortir.

 

Asgard, Norvège, Février 2006

Le vent de la nuit était tombé au moment où le halo trop pâle du soleil qui ne se lèverait pas avait brièvement affleuré à l’horizon. Dans la pénombre du jour, les pas de Hilda se voyaient à peine dans la neige, tandis que leur crissement rompait le silence ouaté à intervalles réguliers.

Elle s’arrêta bientôt au bord de l’amorce d’une légère dépression dont la pente douce se perdait sous une couche immaculée un peu plus épaisse, accumulée là par le blizzard des jours précédents. Le blanc – ou plus précisément son négatif sous l’absence de lumière – recouvrait tout aux alentours. N’en émergeaient de loin en loin que quelques fûts sombres dont le diamètre s’effilait à leur sommet, agrémentés à l’occasion de longs doigts tordus qui imploraient le ciel, vestiges de quelques branches ayant tenu tête au brasier.

La pellicule de glace à la surface du manteau neigeux craqua derrière elle, sans pour autant qu’elle se retournât. Et lorsque la haute silhouette d’Alexei Roudnikov se matérialisa à côté d’elle, tout juste lui concéda-t-elle un coup d’œil avant de reporter son attention devant elle et de resserrer son épais manteau autour de ses épaules.

« Vous venez souvent ici. »

Ce n’était pas une question, et l’homme ne cilla pas tandis que son regard s’abîmait à son tour dans la contemplation du vide devant lui. Les mots d’Hilda s’évaporèrent dans le froid qui s’intensifiait, soudain plus lourd et plus enveloppant. Rien que de très normal à cette heure matinale ; elle n’en frissonna pas moins.

« Il ne reste plus rien. »

Elle acquiesça d’un hochement de tête. Ailleurs dans le monde, sans doute que la nature n’aurait pas achevé de reprendre ses droits et la terre brûlée aurait continué à porter haut ses stigmates, ainsi que les ruines de ce qui avait été avant d’être ravagé par les flammes. Mais pas ici. Pas dans ce pays soumis depuis des temps immémoriaux au joug implacable de cette même nature. Les tempêtes de l’hiver dernier avait achevé de mettre à bas le squelette déjà branlant de la toiture et le gel avait fait éclater les pierres du soubassement des murs, déjà durement éprouvé par l’incendie. Le vent et les neiges successives s’étaient ensuite chargés de disperser et de recouvrir les ultimes traces de la destruction opérée en ce lieu, pour vouer celui-ci à l’oubli.

Pourtant, sous le linceul blanc, Hilda savait que la noirceur n’avait pas disparu et que rien n’y repousserait avant plusieurs années. Le feu né du cosmos n’avait rien d’ordinaire. Et lorsqu’il était en sus attisé par la haine, il ne laissait pas grand-chose derrière lui qui pût générer un espoir quelconque.

Les restes de Dimitri Dothrakis n’avaient pas été retrouvés. L’intensité du brasier avait consumé jusqu’à la dernière miette de son squelette. Alexei et certains de ses compagnons eux aussi réfugiés en Asgard avaient retourné chaque débris encore fumant, brisé le sol vitrifié, gratté la terre en dessous, sans rien récupérer de celui qu’ils désignaient comme leur maître, ou leur mentor.

L’absence du corps empêchait-elle le Russe d’achever son deuil ? Non, décida Hilda alors qu’elle prenait le temps de le détailler, avisant ses lèvres serrées et sa peau pâle étirée sur les pommettes trop saillantes d’un homme consumé par lui-même. Rien ni personne ne pourrait jamais consoler Alexei de sa perte. En d’autres temps, son cœur aurait pu se serrer à cette idée ; plus aujourd’hui alors que bien malgré elle elle se détournait déjà de lui pour lister mentalement toutes les anomalies que son observation du paysage pourtant imprécis dans l’obscurité lui jetait en plein visage. Ici, des rochers affleurants qu’elle n’aurait pas du être en mesure d’apercevoir en cette saison ; là, les traces, fraîches, de quelque animal censé hiberner. Et puis, l’épaisseur de la neige. Insuffisante.

Ses poings s’étaient serrés à l’intérieur du manchon en fourrure qui les protégeait contre le froid mais elle n’en prit conscience que lorsque la voix claire et assurée d’Alexei s’éleva de nouveau dans l’air glacé :

« Je voulais vous remercier. Pour tout ce que vous avez fait pour Dimitri et nos compagnons.

— L’hospitalité est un devoir sacré pour les Asgardiens.

— Vous n’étiez pas obligée.

— … Non, en effet. »

A vrai dire, si. Hilda de Polaris, représentante du royaume d’Asgard élue par les clans eux-mêmes porteurs de la voix du peuple, n’avait d’autre alternative que de faire preuve d’une exemplarité et d’une fidélité sans faille à sa terre, à ses semblables et aux traditions qui maintenaient leur cohésion envers et contre tout, adversité comprise. Refuser d’offrir un refuge à quiconque, fût-ce au fils bâtard d’un Dothrakis du Sanctuaire, serait revenir à trahir ce pour quoi elle avait été choisie.

« Je suis désolé, reprit Alexei tout en reportant le regard sur le souvenir des murs qui avaient abrité Dimitri. Ce sont autant de mètres carrés de terre que vous ne pourrez plus exploiter par notre faute.

— Ce n’est pas vous qui les avez rendus stériles.

— Nous vous avons cependant causé assez de tort comme ça.

— Dois-je comprendre que vous envisagez de quitter Asgard ? »

Roudnikov avait réapparu quelques jours après le solstice d’été de 2004 avant de disparaître de nouveau presque aussitôt devant la présence des quelques chevaliers de bronze que le Pope du Sanctuaire avait postés en Asgard au prétexte de s’assurer de la sécurité de l’enclave eu égard au événements récents. Ce n’était qu’après l’incursion punitive perpétrée par Rachel Dothrakis à l’encontre de son demi-frère et à l’issue de laquelle le Sagittaire et elle avaient ramené leurs hommes au bercail qu’Alexei avait de nouveau fait surface. Hilda n’avait pas la moindre idée de l’endroit où il avait pu se dissimuler et ne posait pas de question, ni à son sujet, ni à celui de ses compagnons que du reste, elle ne connaissait pas. Elle les avait parfois aperçus dans les rues du bourg blotti autour des remparts du château, qui se mêlaient à la population sans que nul ne semblât s’en formaliser. Certains étaient là depuis des années, d’autres n’étaient que de passage. Bien en peine de les dénombrer bien qu’elle estimât qu’ils n’étaient pas plus d’une dizaine, elle ne s’était pas sentie autorisée pour autant à interroger Dimitri, puis Alexei à leur sujet. Tant que leur présence n’altérait pas la tranquillité d’Asgard et qu’ils subvenaient à leurs besoins en toute autonomie, elle n’avait aucune raison de rompre la neutralité tacite qui régissait leurs relations.

Aujourd’hui, cependant, la curiosité l’emportait. D’autant que :

« … Avec elle ? » Demanda-t-elle encore après une hésitation. Alexei lui sourit et parce qu’il était sincère, son sourire s’étira aussi dans ses yeux d’un bleu de givre, conférant à son visage beau mais froid une chaleur qui ne lui était pas coutumière :

« Non. Elle ne pourrait pas être plus choyée ailleurs qu’elle ne l’est ici, grâce à vos bons soins. Je serais indigne de la responsabilité qui m’a été confiée si je l’arrachais au foyer que vous avez bien voulu lui offrir. De cela aussi, je vous suis reconnaissant. Sinon, en effet : il est temps pour moi et pour ceux qui m’accompagnent de tracer enfin notre route.

— Quels sont vos projets ? »

Il ne répondit pas tout de suite, comme il balayait d’un dernier coup d’œil la plaine désolée qui avait viré à un gris sale et uniforme.

« J’ai vu passer un cercueil tout à l’heure. Je l’ai croisé sur mon chemin.

— La sœur de l’un des métayers du clan Mizar.

— Quel âge avait-elle ?

— Vingt-quatre ans. »

Les mots qui tombèrent de la bouche d’Hilda étaient si incandescents qu’ils auraient pu vaporiser la neige.

« C’est une triste nouvelle. »

Alexei avait eu les mêmes paroles un mois plus tôt. Les mêmes, encore, en fin d’année dernière. Entre les deux, il aurait eu l’occasion de les prononcer à deux reprises supplémentaires s’ils avaient eu à se rencontrer.

« Dimitri voulait que nous vivions pleinement notre existence, finit-il par expliquer devant le mutisme soudain de la souveraine d’Asgard. Sa vision du monde, de ce qu’il devrait être grâce aux ressources que le cosmos offre à tout un chacun, est ce qui nous a rassemblés autour de lui. Il ne verra pas son rêve se concrétiser mais au nom de l’espoir qu’il a su nous offrir à tous, nous nous devons de tenter de le réaliser.

— Ce n’est pas un chemin facile que vous vous apprêtez à arpenter.

— Certes, mais c’est le nôtre. »

Hilda hocha la tête. En dépit de l’habitude, l’obscurité grisâtre l’oppressait tout à coup et elle surprit à s’impatienter devant les longs mois qui séparaient encore Asgard des mois d’été et de leur lumière.

« J’ai toutefois besoin que nous accordiez encore quelques semaines pour nous mettre en ordre de marche.

— Je ne vous ai pas demandé de partir.

— D’autres finiront bientôt par s’en préoccuper à votre place.

— L’administration d’Asgard ne dépend que de moi, et de moi seule, répliqua-t-elle plus sèchement qu’elle l’aurait souhaité.

— Je le sais, et c’est bien pour cette raison que je sollicite votre bienveillance le temps que nous nous organisions et que mes compagnons puissent quitter les lieux en toute sécurité.

— Vous semblez inquiet.

— Voyez-y plutôt de la prévoyance. »

Si elle n’avait pas côtoyé Dimitri Dothrakis au quotidien, elle l’avait toutefois invité plusieurs fois à partager un dîner au palais. Par compassion d’abord : bien qu’elle sût que l’homme disposait de tout le confort et toutes les commodités nécessaires dans le logement qu’elle lui avait attribué sur les terres des Polaris et qu’il avait fait aménager en fonction de ses besoins, la tétraplégie dont il était affligé incitait Hilda à tenter d’adoucir ses conditions de vie, sans pour autant trop se compromettre. Par intérêt ensuite : l’homme était aussi passionné que passionnant et sa conception du monde vu au travers du prisme du cosmos, aussi iconoclaste pût-elle paraître, n’était pas dénuée d’intérêt. Sur ce plan-là aussi cependant, elle avait su conserver un quant-à-soi aimable et prudent. Il n’en restait pas moins qu’elle était plus souvent qu’à son tour restée songeuse à l’issue de quelques uns des monologues enflammés du Grec.

« Dans l’intervalle, me permettez-vous de venir la voir, sans doute pour la dernière fois avant longtemps ?

— Avez-vous vraiment besoin de mon autorisation ? Fit-elle avec un mince sourire.

— Non – un frisson inattendu coula le long de l’échine d’Hilda qui redressa les épaules sous son lourd manteau – mais je ne souhaite pas heurter qui que ce soit. Ni vous causer le moindre préjudice.

— Je vous sais gré de votre délicatesse. Venez en tout début d’après-midi. Les audiences seront terminées et vous ne croiserez sans doute que ma sœur. En qui j’ai toute confiance, rajouta-t-elle devant la légère crispation qui le vit plisser brièvement les sourcils.

— C’est parfait. »

Reculant d’un pas, il inclina légèrement le buste, la main gauche posée sur sa hanche droite, à la manière des Asgardiens saluant leur souveraine. Alors qu’il s’apprêtait à tourner les talons, la voix d’Hilda retentit de nouveau, rendue lointaine par le froid qui s’était fait mordant :

« Il disait que le Sanctuaire viendrait l’exécuter, que c’était inévitable. Cela n’avait pas l’air de l’attrister. Au contraire. Vous le saviez ?

— Oui. »

Alexei avait tourné la tête vers elle et ses longs cheveux blancs s’enroulèrent en tous sens autour de la bourrasque qui les pétrifia tous les deux l’espace d’un instant sous son souffle gelé. Elle le considéra encore un instant, puis :

« C’est à mon tour d’être désolée. »

[1]  Good Morning Heartache

[2]  Taps

12 réflexions sur “Nouvelle Ère – Émergence – Chapitre 1

  1. (désolée du temps que j’ai mis à commenter, le début de semaine a été… trépidant, on va dire)

    Doooooooooooooonc donc donc donc. Je compatis tellement avec Thétis, avoir l’impression de ne pas parvenir à fournir à son enfant ce dont il a besoin est… difficile à vivre. Heureusement qu’elle a du soutien (j’adore d’ailleurs l’attitude de Rachel et Saga, présents et disponibles sans envahir, thumbs up les gens). Bien joué la scène d’exposition dissimulée dans la discussion, qui permet au lecteur de raccrocher les wagons par rapport à la fin d’UDC, de comprendre ce qui a changé et de reprendre ses marques en exposant tout de suite un certain nombre de problématiques qui, je n’en doute pas, seront critiques pour la suite des évènements.

    Ma partie favorite du chapitre est sans conteste la scène de… comment définir ça ? «  » » »Interrogation » » » » XDD Ah, Saga ♥_♥ Ce type est la classe et la badassitude incarnées, j’en ai couiné. Comme d’habitude, tu me diras XD mais ça faisait longtemps que je ne l’avais pas lu avec un regard « extérieur », celui d’un civil si j’ose dire (même si ce sont des agents secrets, bon, hein. Ca fait pas le poids face à un Saga XD), et non un de ses pairs ou un ennemi. On sent que tu t’es fait plaisir sur ce coup, ça se voit !

    La scène en Asgard, hormis la qualité évocative de la prose (tes descriptions, han ♥), permet de placer quelques pions supplémentaires sur l’échiquier, tout en offrant un point de vue inédit sur Dimitri et ses ouailles. Encore une fois, l’exposition est distillée avec subtilité, et n’entrave en rien le déroulé de la scène. Concernant le personnage évoqué tout à la fin, je pense que tu gagnerais à mentionner son prénom, parce que le jeu du pronom mystérieux c’est un trope qui finir par être éculé XD mais ce n’est qu’une suggestion à la marge, ça passe très bien comme ça aussi. (Et tu as peut-être une raison de le dissimuler qui m’a échappé, aussi.)

    Voilà, un premier chapitre qu’il est bien, qu’il pose bien les bases, et qu’il promet du lourd pour la suite. On est bien partis 😀

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    • Je sais que l’image va sembler étrange mais Saga, dans les locaux de la CIA , par son attitude, me fait penser à Sharon Stone dans Basic Instinct (la jupe et le jeu de jambe en moins 😆).

      Les fonctionnaire sont à la peine face à un tel personnage !

      Au moins, si le doute était de mise, on sait que Asgard et Hilda n’ont aucun lien ni aucune origine avec la Suisse re sa neutralité légendaire !
      Hilda joue gros en étant aussi dépendante du Sanctuaire et en accordant l’hospitalité aux Enfants du cosmos qui ne visent que la destruction des chevaliers d’Athéna 😅

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      • Oh. Mon. dieu. Tu… tu as raison, je crois, concernant la référence Basic Instinct ! O_O Maintenant que tu le dis, je me rend compte que la scène dans ma tête y ressemble pas mal ! Paye tes influences 80 et 90’s… Bien vu ! (… mais Saga a un caleçon. Promis).

        Confronter le Sanctuaire à travers Saga, roxxor devant l’éternel, et des hommes « normaux », c’est un vrai kiff, j’avoue XD

        Hilda joue effectivement un jeu… complexe, si ce n’est dangereux, bien qu’elle n’en ait pas encore vraiment conscience. La situation d’Asgard est critique, véritablement, et elle est dans une position de plus en plus insupportable au quotidien. Il faut de la force et de l’abnégation pour assumer une telle charge, et elle est humaine, comme tout le monde. Reste à savoir si et comme elle va tenir…

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  2. (rholala, ne t’excuse pas pour le délai, j’ai moi-même passé une semaine tout à fait infernale… ce qui fait que je ne te réponds que maintenant)

    Le cas Thétis est posé, en effet. Tout est très compliqué pour elle, mais pas sûr que les autres en soient vraiment conscients. Ils sentent bien que c’est difficile – ils étaient déjà tous horrifiés lorsqu’elle du faire une croix sur l’usage de son cosmos – mais ils ne peuvent pas se mettre à sa place. Personne ne peut. Et elle se retrouve plutôt seule à gérer une situation qui la fait beaucoup souffrir. Mais, sinon, oui, Saga et Rachel font de leur mieux et disons que Rachel est peut-être la moins mal placée pour aider Thétis même si elle n’est pas franchement une référence non plus.

    Alors, oui : je voulais le préciser quelque part mais je ne l’ai pas fait, il me semble nécessaire de relire a minima l’épilogue d’UDC, et au mieux, les 3 chapitres qui précèdent, pour mieux rentrer dans l’histoire. J’essaye de disséminer ici et là quelques rappels du contexte, comme tu l’as vu, mais je ne veux pas non plus tomber dans le piège de l’infodump à outrance qui alourdirait les choses et les rendraient plus indigestes. Contente que tu aies retrouvé tes petits en tout cas !

    Ooooh oui, je me suis fait plaisir ♥ Je veux dire… Saga, quoi. So badass ♥ Et puis rappeler que personne ne fait le poids face à un chevalier d’or et que ces gens-là n’ont rien à voir avec le commun des mortels, c’est très plaisant à démontrer XD

    J’aime tellement Asgard ! On voue souvent les fillers aux gémonies mais je trouve qu’Asgard est une réussite dans son genre, en terme d’ambiance (ah, la musique !). Les personnages sont tous développés, même un petit peu, et ça offre une matière intéressante à exploiter. Je suis heureuse que les descriptions fassent le job, j’ai vraiment envie de retranscrire le sentiment que j’ai toujours éprouvé devant cette partie de l’anime.
    Sinon, oui, l’image des pions sur l’échiquier est très juste, c’est totalement l’objectif des premiers chapitres, poser les différents éléments qui vont être le moteur de l’histoire. Il en manque encore un, essentiel, qui va apparaître dans le prochaine chapitre.

    Concernant le personnage mystère à la toute fin du chapitre, tu penses à quoi exactement ? La personne que veut revoir Alexei une dernière fois avant de partir ? Ou la personne évoquée dans les dernières lignes ? Dans le second cas, il n’y a pas de mystère, il s’agit toujours de Dimitri. Dans le premier cas, j’avoue : c’était histoire de ne pas en dévoiler trop tout de suite 🙂 Mais je comprends tout à fait ce que tu me dis ! mentionner juste le prénom est tout à fait jouable ! Je prends note de la suggestion et corrigerai en conséquence 🙂 (en fait, je ne l’ai pas dévoilé, considérant tous les écrits déjà présents sur AO3 : ceux qui les ont lu sauront immédiatement de qui il s’agit avec le prénom. Mais quelqu’un qui ne les a pas lus resterait dans l’ignorance, en effet !)

    Merci beaucoup pour ton retour enthousiaste, ça fait chaud chaud au coeur ♥

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  3. Et donc nous voilà au premier chapitre : On embraie direct sur les réactions de Saga et Rachel çà l’annonce de la mort du général. On sent qu’ils l’aimaient bien, le militaire, et que ça leur fout quand les jetons d’apprendre son trépas. C’est tellement du Saga tout craché, cette idée de se pointer à l’enterrement pour bien faire comprendre à tout le monde que le Sanctuaire a encore des yeux partout. L’interrogatoire est aussi assez priceless dans le genre. Comme si de pauvres humains pouvaient impressionner un mec qui s’est autoproclamé Pope !

    Je suis curieux de voir ce qui va se passer à Asgard. Hilda est bien coulante avec le sbire de Dimitri. On dirait que son affection pour ce dernier allait bien au delà du simple l’ennemi de mon ennemi est mon ami. Il a dû s’en passer de belles pendant les longues soirées d’hiver. Cela risque de coincer avec le Sanctuaire si elle continue à couvrir tout ce qui se tramait en douce dans son royaume.

    Comme d’hab’ c’est excellent et je suis impatient de lire la suite.

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    • Yep, ils l’aimaient bien et pour cause : s’il n’avait pas outrepassé les ordres de son supérieur, en restant sur le site des Portes au lieu de partir et de laisser le Sanctuaire seul face aux Portes, tout le monde serait mort. Le respect, ça marche dans les deux sens et il y avait un respect mutuel très fort entre Corman et Saga and co.

      J’avoue avoir adoré écrire toute la partie où Saga se pointe à Arlington et où il se fait  »interroger » par la NSA. Ce sont deux mondes différents qui se percutent et, oui, clairement, tenter d’impressionner non seulement un chevalier d’or mais aussi et surtout un chevalier-d’or-qui-a-tué-son-Pope-pour-prendre-sa-place est quelque peu… vain ?

      Il va se passer pleeeeein de choses à Asgard XD C’est vrai qu’Hilda se montre plutôt souple à l’égard de Roudnikov et qu’elle a été clémente envers Dimitri. La longue « histoire » entre le Sanctuaire et Asgard entre en ligne de compte dans cette attitude, comme on le verra plus tard. Maintenant, oui, certaines choses se sont passées en Asgard mais pas forcément celles auxquelles tu penses 🙂

      Merci beaucoup pour ton avis très positif, y a plus qu’à, comme on dit ! ❤

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  4. Coucou ! Que c’est dense ! On a trois chapitres en un (ceci dit ce n’est pas pour me déplaire XD).

    Ce qui m’a marquée dans la première partie, c’est à quel point on est dans la continuité d’UDC, notamment quant aux thématiques abordées : le deuil, la perte, le renoncement peut-être, mais intimement liés à la vie sans qu’on sache très bien comment. La première vie de Rachel, ses enfants morts, leur père. Le cosmos de Thétis. Les blessures de Kanon, sa généalogie qui me renvoient à son exil et les années perdues.
    Dans UDC on avait cette scène qui revenait deux fois si je me rappelle bien, et qui m’avait beaucoup marquée, le pain noir enveloppé dans un tissu et coupé en cérémonie de deuil. C’est pour moi une des images les plus fortes et les plus belles d’UDC (mais je l’ai déjà écrit ailleurs je crois  )
    Au fond, le seul qui n’a pas été confronté à cette perte, c’est Saga (ou alors j’ai loupé un épisode).

    Pour moi, à force de faire le malin, il fait une grosse erreur dans la deuxième partie. Trop sûr de lui, arrogant et méprisant, il prend de haut les services officiels de l’Etat le plus important. Du coup on se demande pourquoi les Etats-Unis tolèreraient l’existence du sanctuaire. Vu la menace qu’il aime à sous-entendre quand Saga s’adresse à des personnes qui ont l’air de chercher eux aussi des informations et peut-être son aide, l’argument du « nous sommes là pour vous protéger d’une menace que vous ne connaissez pas » ne tient pas une seconde. Bref, il serait peut-être temps qu’il comprenne qu’un bon dirigeant ne se comporte pas toujours en mâle alpha (même si au fond ils le sont tous un peu).
    Et si ça se trouve, c’est pour cela que Corman a photocopié des documents sur le sanctuaire : une organisation secrète, non démocratique, d’une puissance incontrôlée, même si elle est dirigée aujourd’hui par des chevaliers nobles et fiers, etc. (quoi que, un pope qui a pris le pouvoir par un coup d’Etat et un assassinat…) ne le sera pas toujours et peut-être considérait-il de son devoir d’en révéler l’existence. Pour le coup, je ne pourrai pas lui donner tort.
    Comme dit ailleurs « who watches the watchmen ? »

    Et du coup, si ça tourne mal avec Asgaard, ou autre, Saga perd un allié de poids et éventuellement expose ses troupes… D’ailleurs, ils se comportent un peu en voyou là-bas aussi : ils arrivent, tuent 2/3 personnes et repartent avec les chevaliers de bronze qu’ils avaient laissés…

    Bref, tu auras compris, j’ai addooooré !

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    • Hello !

      Alors pour la longueur des chapitres, comment dire… *tousse* J’essaye de faire plus court que dans UDC, mais j’ai du mal à tomber en dessous de 20 pages. Je vais vraiment essayer de m’en tenir à ce chiffre, et quand je pourrai faire plus court, ce ne sera que mieux ! Quoi qu’il en soit, tu as tenu jusqu’au bout, c’est le principal !

      Niveau continuité, on garde les mêmes personnages, avec l’histoire qu’on leur connait, et celle qui s’est écrite dans UDC. Il s’est passé quasi deux ans mais on les retrouve plus ou moins là où on les a laissés, pour certains d’entre eux. Donc, oui, on retrouve les thèmes déjà abordés antérieurement, et il en ressort qu’avoir vaincu les Portes ne s’est pas fait sans contrepartie (tu sais, l’Equilibre :-p). Ceci étant, la vie continue, envers et contre tout et chacun apprend à faire avec ce qu’il ou elle a gagné, ce qu’il ou elle a perdu. J’aime beaucoup ton point de vue, c’est vrai qu’on est face à des personnages qui ont tous perdu quelque chose à un moment donné ou à un autre de leur existence… Et, non, non, Saga ne fait pas exception ! En ce qui le concerne, sa Perte avec un grand P est sa mère, Sofia. Le sujet est abordé dans UDC, lorsqu’il retrouve son père dans la maison familiale fermée depuis des années et où il comprend que Andreas a profondément aimé son épouse, et j’en ai parlé dans « Indivisible » (https://archiveofourown.org/works/2007633) et plus récemment dans « Quarante » (https://archiveofourown.org/works/24699796). Et ledit sujet reviendra sur la table, mais ce n’est pas pour tout de suite.

      Ah ah ! Le débat est posé ! La légitimité du Sanctuaire et sa place dans le monde : vous avez quatre heures XD Ton questionnement est porteur d’un vrai sujet de fond et met le doigt sur ce qui est, peut-être, le résultat d’un fossé qui s’est creusé et élargi entre le Sanctuaire et le monde au fil des siècles. Lorsqu’on est dépositaire du pouvoir ultime, et qu’on doit le mettre au service de l’humanité, la responsabilité qui est découle autorise-t-elle – ou pas – de se placer au-dessus du commun des mortels ? Les repères moraux peuvent-ils être identiques ? Un tel pouvoir permet-il de s’affranchir des règles, pourvu qu’il soit exercé selon la règle pré-établie ?

      Saga ne croit pas aux dieux mais d’une certaine façon… il en est un lui-même, par comparaison à un être humain lambda. Et il se comporte comme tel, l’idée ne lui effleure même pas l’esprit qu’il puisse faire preuve d’arrogance : il *sait* sa propre puissance et dans son esprit, celle-ci l’affranchit de toute justification. Il est au sommet de la chaîne alimentaire, en gros XD

      Les motivations de Corman seront révélées en temps et en heure mais comme tu l’as déjà compris, son journal va avoir un rôle à jouer dans l’histoire.

      Quant à Asgard… Tout à fait d’accord avec toi, le Sanctuaire se comporte en cow-boy avec eux, là encore du fait d’une supériorité hiérarchique qui s’est instaurée au fil du temps. Mais le sujet est disons… *sensible* et il y a un équilibre très délicat à maintenir, surtout avec des Asgardiens au caractère bien trempé.

      Je suis ra-vie que tu aies adoré ce premier chapitre ! J’espère que la suite sera à la hauteur de tes attentes et un immense merci pour ton commentaire et ta sagacité 🙂

      A bientôt !

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  5. Re!

    Je suis assez impressionnée car, venant de finir ma relecture d’UDC, je trouve la transition vraiment très « lisse ». J’étais déjà au courant de certains événements post-UDC bien sûr, comme la naissance d’Andreas, et je ne me rends pas compte de l’effet que tout ça peut produire sur quelqu’un qui n’aurait pas ces éléments en tête… mais en tout cas je n’ai pas retrouvé dans ce chapitre ces passages si fréquents dans les suites, qui sont presque marqués avec des feux clignotants « ici rappel de l’épisode précédent ». C’est appréciable. Et bien sûr, j’aime le fait que les traumatismes d’UDC et le prix à payer pour la victoire n’aient pas été mis sous le tapis ou guéris par miracle (même si je n’en attendais pas moins de toi et de cette histoire).

    La scène marquante de ce chapitre pour moi c’est évidemment la tentative d’interrogatoire de Saga. J’adore ces moments où les chevaliers sont confrontés au monde « réel » et où le décalage entre les deux prend tout son sens. Le face à face avec l’armée américaine était particulièrement riche à cet égard déjà dans UDC, mais là tu as encore poussé le curseur. Et il faut reconnaître que Saga, là, c’est la classe ultime. C’est un peu James Bond contre les sous-fifres minables. « Je suis le Pope. Le Grand Pope ». (pardon, je délire). J’espère juste qu’il ne s’est pas un peu vite privé d’alliés potentiellement utiles, parce qu’en effet, les armures manquantes sont bien quelque part, et on ne sait pas entre les mains de qui…

    Bon je file lire la suite, à bientôt!
    Lily

    Aimé par 1 personne

    • Bien le bonjour Lily !

      Je pense que c’est une vraie chance de pouvoir enchainer Nouvelle Ere (qu’on appellera NE, pour faire simple :-)) tout de suite après la fin d’UDC, c’est beaucoup plus facile pour le lecteur ! Le hasard a bien fait les choses en ce qui te concerne, car pour ceux qui ont lu la fin d’UDC en 2009 (eh oui, déjà !), s’ils n’ont pas relu a minima la totalité du chapitre 36 et de l’épiloque d’UDC avant d’attaquer NE, ils risquent d’être bien perdus.

      Bien vu : en effet, la tentation était grande de tomber dans le piège du « rappel des épisodes précédents » et c’est un choix tout à fait volontaire de ma part de ne pas en passer par là. Au risque, comme expliqué ci dessus, de perdre des lecteurs en route mais mon intention concernant l’UDC!verse ne varie pas : le film continue à se dérouler indépendamment des spectateurs. Il n’en reste pas moins que je suis soulagée que tu aies pu rattacher les wagons sans difficulté et ce, de façon fluide !

      Effectivement, vu l’état dans lequel certains sont revenus des Portes et les sacrifices qu’il a fallu consentir d’une façon ou d’une autre, il était difficile d’imaginer que les séquelles se soient évaporées comme par magie 😀 Dans ma conception des choses, et donc dans l’UDC!verse, la règle de l’Equilibre implique que le prix à payer pour l’usage du cosmos et plus encore du 7ème sens se traduit par un vieillissement accéléré généralisé des corps : organes vitaux, squelettes, cellules. Cette déliquescence est progressive, invisible mais pourtant bien réelle et ils en sont tous conscients. Ce qui s’est passé devant les Portes leur a, à tous, fait perdre un bon paquet d’années. Pour l’heure, la plupart vivent avec cette idée mais Dôkho, qui s’est efforcé de lutter contre le temps toute son existence, s’est fait rattraper sans aucun retour en arrière possible.

      J’ai adoré écrire la scène de l’interrogatoire. Mais vraiment. Et Saga est le personnage parfait pour ce genre d’exercice ! J’aime beaucoup ta référence à James Bond, qui n’est pas pas du tout délirante parce que c’est complètement ça en fait, et même plus : c’est le Bond incarné par Daniel Craig que j’ai en tête. Et quand tu dis que j’ai poussé le curseur tu n’as pas encore idée à quel point… *ricanement dans le lointain* Les relations entre le Sanctuaire et le « monde réel » ont toujours existé ; Saga se montre très arrogant en l’occurrence et ne devrait sans doute pas l’être (pas à ce point) mais d’un autre côté, c’est Saga. Il est comme ça, se dire qu’il pourrait avoir besoin de ces gens ne lui effleure même pas l’esprit. D’autant qu’il a déjà interrogé les services de Grisham a plusieurs reprises sans jamais recevoir de réponse satisfaisante. De fait, il en a déduit qu’il ne devait rien attendre de ce côté-là donc il ne voit pas l’intérêt de se montrer coopératif, puisque de toute évidence, Girsham ne veut pas coopérer avec lui. Pour Saga, les armures sont un problème du Sanctuaire et basta.

      Un grand merci pour ta lecture et ton avis si positif et à tout bientôt !

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  6. Re !

    Eh bien, ça commence sur les chapeaux de roues dis-moi ! Et c’est juste parfait ! ( et tellement fluide vis à vis de la continuité d’UDC).

    Alors comment ça, le petit Balance serait un mauvais dormeur qui donnerait du fil à retordre à ses parents ? Pourquoi je ne suis pas étonnée ? (et non, cela n’a rien à voir avec le fait que je connaîtrais possiblement une personne née le même jour que ce petit Andreas, et qui aurait elle aussi pourri la vie de ses pauvres parents épuisés jusqu’à ce qu’elle daigne enfin de faire ses nuits… Même si la personne en question ne disposait pas de cosmos, bien malheureusement pour elle…). Et donc, Kanon et Thétis vont se marier ! Mais c’est tout choupinet ça dis donc ! Et en plus le 30 mai. Quel symbole ! Par contre, j’espère sincèrement que Dôkho pourra assister à la fête. Mais connaissant la force de caractère du doyen des chevaliers d’Or, je ne m’inquiète pas trop non plus.

    Bon et comme plusieurs des lecteurs/lectrices ci-dessus, je suis absolument fan de la scène de l’interrogatoire à Langley ! (cela dit, j’ai aussi beaucoup aimé la scène du cimetière). Et au risque d’en remettre une couche (car il me semble avoir aperçu dans les commentaires que quelqu’un te l’avait déjà souligné), j’ai presque éclaté de rire à la remarque : « Il est interdit de fumer » ! J’ai tout d’abord imaginé Saga en train de lentement décroiser ses longues jambes et de les recroiser (référence à Basic Instinct, bien entendu). Puis j’ai visualisé l’image assez tordue de Chantal Lauby en train de manger de la choucroute (référence, cette fois-ci, à la parodie de Basic Instinct dans la Cité de la Peur, évidemment !). Et là, je te demande Pardon, sincèrement, parce que 1) cela n’a juste aucun sens, et 2) je ne vois pas vraiment Saga être un grand amateur de choucroute. Bref… Mais pour en revenir à cette scène… Elle était vraiment géniale. On ressent totalement l’aura du Pope du Sanctuaire, sa présence écrasante, sa maîtrise et sa force. Comment ces pauvres sbires de la CIA et de la NSA pourraient-ils donc faire le poids ? Et tu laisses toujours planer beaucoup de suspense (sur les responsables de ce qui est arrivé à Corman, sur ce que contenait son journal, sur ce que le Sanctuaire a perdu). Ce qui fait que je crève d’envie de connaître la suite !

    Et enfin… le passage à Asgard. A vrai dire, je ne m’attendais pas à ce qu’Asgard ait une place aussi importante. Mais en repensant à nos récentes discussions dans d’autres lieux, cela me paraît assez logique à présent que je connais ton opinion sur cet arc. Et je suis donc très curieuse d’en apprendre davantage sur le rôle d’Hilda et des autres Asgardiens dans tout cela. Et je ne t’interroge pas sur l’identité du « elle » mentionnée à la fin, puisque j’ai déjà lu le chapitre 2, que je m’en vais d’ailleurs reviewer de ce pas.

    En tout cas bravo à toi pour ce premier chapitre. Absolument. Parfait. Comme. Toujours. Et merci de l’avoir partagé avec nous.

    Phed’

    Aimé par 1 personne

    • Re !

      Yay, merci pour les compliments et l’enthousiasme ! 😀 Il me faut avouer que le début de NE est écrit dans ma tête depuis teeeeeeellement longtemps que certaines scènes elles-mêmes ont été rédigées il y a plusieurs années. Je les ai exhumées et retravaillées à la lumière de ce qui va suivre mais le fond n’a pas tellement bougé. Donc ça démarre direct, en effet 🙂 Ceci s’explique aussi par le fait qu’il y a eu UDC avant donc le décor de base est déjà planté, inutile de s’appesantir plus que nécessaire sur une bonne part du contexte.

      Ah ah, serait-ce propre aux Balance, que de pourrir la vie de leurs pauvres parents ? XD En l’occurrence, Andreas Jr a « l’excuse » du cosmos qui est un paramètre supplémentaire à gérer pour le bébé qu’il est. Mais bon, comme le disent Rachel et Saga, ce ne sera pas le premier gamin a naître avec, ni le dernier donc les choses devraient rentrer dans l’ordre. Le plus difficile reste pour Thétis qui n’est plus « équipée » pour faire face…

      Eh oui, Kanon et Thétis « officialisent » ! La vie continue, ils ont failli y passer tous les deux et y ont laissé des plumes : la vie n’en a que plus de valeur et ce mariage est un peu leur façon de consolider cette deuxième chance qu’ils ont eue 🙂

      Mwhahaha, la référence à la Cité de la Peur XDDD Du coup, ça me fait penser à Hot Shots XDDD

      J’ai adoré écrire cette scène, Saga reste l’un de mes personnages préférés, Best Manager Ever, tout ça… Ce gars, c’est le charisme puissance 1000 incarné et je me délecte à chaque fois de le mettre en scène face à autrui. Surtout face à des « civils ». Quant au suspens… Je place mes pions. Qui sont nombreux. Na :-p

      Oui, tu le sais, j’adore Asgard. J’avais introduit cette « faction » à la fin d’UDC parce que j’avais déjà une idée assez précise de son rôle et de son implication pour la suite. Donc oui, Asgard aura une place très importante dans cette histoire, et j’ai vraiment plaisir à écrire sur les personnages et l’univers dans lequel ils évoluent (cela m’offre la possibilité de rédiger avec un langage un peu plus soutenu, en plus !)

      Merci enfin pour tes mots, cela me touche et m’encourage ! ❤

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