Asgard, fin Juin 2006
Le chemin du retour s’amorça dans le silence. L’insouciance de l’aller, aussi feinte fût-elle, avait disparu et c’était le cœur lourd que Sigmund avait incité sa monture à emboîter le pas de celle d’Hilda qui avait décidé de passer par la forêt plutôt que par la plaine pour revenir au Palais.
La hauteur vertigineuse des sapins et des quelques très rares feuillus qui tentaient de rivaliser avec eux pour ne pas succomber dans leur ombre accentuait leur morosité. Seul s’entendaient le craquement des aiguilles et des feuilles mortes sous les sabots des chevaux et, de loin en loin, le couinement ou le grondement de quelque animal. Pour le reste, ils cheminaient au cœur d’une immobilité absolue.
A l’occasion, Sigmund jetait des coups d’œil furtifs à sa souveraine dont il n’apercevait que le dos droit le long duquel dansait sa longue chevelure argentée. Les paroles qu’elle avait adressées tantôt aux pêcheurs devaient peser aussi lourd dans leur cœur que dans le sien : confesser de la sorte son impuissance n’avait pas dû être facile pour la fière Polaris. Sigmund cherchait désespérément des mots susceptibles de soulager sa peine mais ne les trouvait pas, aussi choisit-il rester dans le silence plutôt que sa maladresse n’aggravât le mal-être d’Hilda.Lire la suite »
Le Sagittaire gloussa doucement, tout en accordant son pas à celui de l’autre Grec. Certains de leurs pairs les précédaient, d’autres fermaient la marche – les moins matinaux – et tous cheminaient le long d’une ruelle qui descendait en pente raide vers la mer. Il n’y avait pas grand-monde aux fenêtres pour assister ce qui ressemblait peu ou prou à un pèlerinage ; tous les habitants de l’île étaient déjà rassemblés autour des tables du banquet dressées sur le quai plongeant dans la mer Égée et que les mariés de la veille venaient d’inaugurer.