Rodorio, Grèce, 29 mai 2006
Un concert de sifflements incrédules cueillit Ethan à peine le pied posé sur le seuil du cyber café. En réponse, il sourit crânement ; une mauvaise idée comprit-il un peu trop tard quand la douleur irradia depuis tout le bas de son visage pour s’enrouler autour de sa nuque.
« Journée difficile ? S’enquit Armand avec sollicitude en le voyant arriver à sa hauteur.
— M’en parle pas.
— Hey, les gars, le chouchou du Pope daigne se mêler à la populace !
— Sa seigneurie souhaite-t-elle qu’on lui avance un siège ? C’est qu’elle en aurait bien besoin, on dirait ! »Lire la suite »
Orwell ouvrit les yeux sur du blanc. Un blanc sale, à la limite du gris et qui l’enveloppait tel du coton mouillé. Sous lui, le sol tanguait. Se redressant péniblement sur un coude, il réalisa tout à la fois qu’il était allongé sur une banquette en bois, qu’il se trouvait sur un bateau et que le silence régnait en maître pour ne tolérer que le clapotis étouffé de l’eau contre la coque et le ronronnement étrangement lointain des moteurs. Il s’assit. Par-delà le rebord de l’embarcation qu’il distinguait à peine, régnait une brume uniforme et si épaisse qu’il n’y décelait pas le moindre repère auquel se raccrocher.
Il n’était pas du matin. Il ne l’avait jamais été mais le monde du travail s’en cognait joyeusement aussi fût-ce avec son habituel soupir exténué que Stanley Wiggins appuya sur le bouton du distributeur, la tête basse, un dossier pendu au bout de son bras ballant.
Les pleurs transpercèrent de nouveau la nuit. Un soupir, un mouvement à côté d’elle, puis la voix ensommeillée de Kanon lui parvint :