Nouvelle Ère – Émergence – Chapitre 20

Sanctuaire, Grèce, 30 mai 2006

La fureur du Bélier percuta Angelo avant le Bélier lui-même ; ce qui faillit se solder par une bousculade malvenue se mua in extremis en un Atlante stoppé net dans son élan à moins de trente centimètres du Cancer qui avait pivoté vivement dans sa direction, tout prêt à l’accueillir.

Conscient des quelques regards intrigués qui avaient pivoté dans leur direction, Angelo affecta de tendre la main à l’Atlante en guise de salutation, main que l’autre homme broya sans aménité.

« Tu te fiches de qui, exactement ? » Souffla Mü entre ses dents serrées, bien décidé à jouer aux osselets avec les doigts de l’Italien que celui-ci finit par lui retirer sèchement.

« Bonjour au fait. »Lire la suite »

Nouvelle Ere – Emergence – Chapitre 19

Sanctuaire, Grèce, 30 Mai 2006

Les imprécations marmonnées depuis l’autre côté de la pièce par son jumeau devant la glace interrompirent Saga dans sa patiente tentative de démêlage d’une mèche récalcitrante ; un dernier coup de brosse aussi brusque qu’agacé le délivra de son sacerdoce.

« Ce fichu nœud refuse de rester droit », grogna Kanon tout en triturant son col pour la énième fois, son frère désormais à côté de lui et qui le contemplait dans le miroir.

« Laisse-moi faire. »

Avec un soupir, le cadet pivota face à l’aîné qui défit entièrement la cravate pour la repositionner autour de son cou et s’atteler à la confection d’un nouveau nœud.

« Voilà. C’est mieux, non ? »

De nouveau, ils firent face à leurs reflets et Kanon hocha la tête, satisfait :

« Tu as toujours été plus méticuleux que moi.

— Plus patient, surtout. »Lire la suite »

Nouvelle Ère – Émergence – Chapitre 18

Rodorio, Grèce, 29 mai 2006

Un concert de sifflements incrédules cueillit Ethan à peine le pied posé sur le seuil du cyber café. En réponse, il sourit crânement ; une mauvaise idée comprit-il un peu trop tard quand la douleur irradia depuis tout le bas de son visage pour s’enrouler autour de sa nuque.

« Journée difficile ? S’enquit Armand avec sollicitude en le voyant arriver à sa hauteur.

— M’en parle pas.

— Hey, les gars, le chouchou du Pope daigne se mêler à la populace !

— Sa seigneurie souhaite-t-elle qu’on lui avance un siège ? C’est qu’elle en aurait bien besoin, on dirait ! »Lire la suite »

Nouvelle Ère – Émergence – Chapitre 17

Arènes principales, Sanctuaire, Grèce, 28 Mai 2006

La sueur plaquait les fins cheveux raides et blonds sur le front bombé d’Armand et coulait à ses tempes en dépit de la fraîcheur du soir qui remontait depuis la mer. De nouveau, il repartit à l’assaut, avec toujours aussi peu de succès : son poing fendit l’espace vide d’où son maître avait déjà disparu.

« Derrière toi », fit la voix laconique du chevalier du Capricorne.

Shura se tenait quelques pas dans son dos, les mains dans les poches, exactement dans la même position que celle qu’il occupait aux yeux d’Armand moins d’un seconde plus tôt. Devant lui.

Un lourd soupir de dépit échappa au jeune Français, comme ses épaules ployaient sous la fatigue.

« Vous êtes trop rapide. »Lire la suite »

Nouvelle Ère – Émergence – Chapitre 16

Angola, Mai 2006

L’humidité était étouffante, la progression sur le sol meuble malaisée, et les insectes agressifs. Geist cependant ne s’était pas plainte une seule fois. Elle y mettait un point d’honneur – et de dignité – d’autant que devant elle Alexei progressait dans les mêmes conditions et elle avait deviné, à son air fermé, qu’il goûtait aussi peu qu’elle les conditions de leur périple. Lui-même n’avait pas desserré les dents et bien décidée à l’imiter, elle avait mis ses pas dans les siens tout en respectant son silence.Lire la suite »

Nouvelle Ère – Émergence – Chapitre 15

Sanctuaire, Grèce, Mai 2006

Étonnant. Tandis qu’il dévalait l’Escalier de son habituel pas alerte, Shura songeait à la facilité déconcertante avec laquelle, à chaque retour, il se coulait dans le moule du Sanctuaire au point de – presque – en oublier le monde extérieur et les préoccupations qui allaient avec. Saluant d’un signe de tête ou d’un sourire bref tel ou tel habitant des lieux, fût-il un chevalier ou un serviteur, il avait le sentiment d’avoir croisé ces mêmes visages pas plus tard la veille alors que cela faisait près de cinq mois qu’il n’avait pas remis les pieds sur l’île. Depuis le jour de l’an, plus précisément.Lire la suite »

Nouvelle Ere – Emergence – Chapitre 14

Sanctuaire, Grèce, Mai 2006

La pluie était fine, froide et persistante. Tout le contraire de ce à quoi il s’était attendu en guise de comité d’accueil et depuis le ponton, Mü leva vers le ciel plombé un regard chargé de rancune. Il venait de quitter le vent et le froid des hauts plateaux tibétains après des mois de retraite, n’avait-il donc pas mérité de profiter du soleil de la mer Égée ?

Avec un soupir, il ne jeta qu’un coup d’œil à ses deux sacs de voyage avant de les expédier d’un geste de l’index et du majeur en direction de son temple ; l’un aurait pu supporter l’humidité sans souci mais ce n’était pas le cas de l’autre, tout du moins de son contenu.

Pour ce que ça change, de toute façon.

Une claque mentale plus tard, il entreprit d’attaquer vaillamment l’étroit sentier cheminant à flanc de falaise en direction de l’entrée du Domaine Sacré et de son temple par la même occasion.Lire la suite »

Nouvelle Ère – Émergence – Chapitre 13

Sanctuaire, Grèce, Mai 2006

Orwell ouvrit les yeux sur du blanc. Un blanc sale, à la limite du gris et qui l’enveloppait tel du coton mouillé. Sous lui, le sol tanguait. Se redressant péniblement sur un coude, il réalisa tout à la fois qu’il était allongé sur une banquette en bois, qu’il se trouvait sur un bateau et que le silence régnait en maître pour ne tolérer que le clapotis étouffé de l’eau contre la coque et le ronronnement étrangement lointain des moteurs. Il s’assit. Par-delà le rebord de l’embarcation qu’il distinguait à peine, régnait une brume uniforme et si épaisse qu’il n’y décelait pas le moindre repère auquel se raccrocher.

Ses poings se serrèrent, son corps frissonnant sous l’effet de l’humidité qui transperçait ses vêtements. Où était-il ? Conscient soudain du trou noir qui pour l’heure lui tenait lieu de mémoire à court terme, il tourna la tête avec précaution en direction de la proue : une silhouette indistincte se tenait debout sous l’auvent, aux commandes du bateau, lequel progressait à une vitesse raisonnable mais régulière pour autant qu’il pût en juger. Quant à sa destination… Appuyant avec force ses paumes contre ses yeux, il s’efforça de chasser sa léthargie persistante, sans grand succès. De toute évidence, il avait été drogué au moment où il quittait le siège de la NSA car il ne se rappelait plus de rien après cet instant. Lire la suite »

Nouvelle Ère – Émergence – Chapitre 12

New-York, États-Unis d’Amérique, début mai 2006

Cet homme était un cornichon. Un gentil, poli et terriblement sexy cornichon, mais un cornichon tout de même : en guise d’au-revoir, il venait de la gratifier d’une bise. Sur la joue.

Toujours plantée sur le seuil de sa porte d’entrée pour le suivre des yeux jusqu’au bout de la rue, Myriam ne put réprimer un éclat de rire qui fit sursauter son chat alors qu’il se frottait avec insistance contre ses jambes : vexé il s’éloigna vers l’intérieur de la maison non sans un arrêt stratégique devant la cuisine. Peine perdue : sa maîtresse ne lui accordait toujours pas l’attention qu’il lui quémandait et sa gamelle allait rester vide encore une petit bout de temps.Lire la suite »

Nouvelle Ere – Emergence – Chapitre 11

Fort Meade, Maryland, Etats-Unis d’Amérique, avril 2006

national-security-agency-nsa_5153941Il n’était pas du matin. Il ne l’avait jamais été mais le monde du travail s’en cognait joyeusement aussi fût-ce avec son habituel soupir exténué que Stanley Wiggins appuya sur le bouton du distributeur, la tête basse, un dossier pendu au bout de son bras ballant.

De ce café-là, ou de celui que d’autres plus réveillés que lui préparaient chaque matin dans la salle de pause de son étage, il ne savait pas lequel était le plus infâme. Les quatre dernières années passées à la NSA ne lui avaient toujours pas permis de les départager mais s’il avait du choisir, disons que celui de la machine était plus supportable. Sûrement parce qu’il n’était pas obligé de faire la causette à qui que ce fût à partir du moment où sa tasse était remplie.Lire la suite »