Sanctuaire, Grèce, 30 Mai 2006
Là où auraient du se trouver les traits familiers de son infirmier, Dôkho distingua un corps massif et il dut relever ses yeux qui ne voyaient plus grand-chose pour discerner le visage flou d’Aldébaran qui lui souriait.
« Allons bon, chevrota le vieux Chinois en dodelinant sur son oreiller, c’est toi qui as hérité de la paille la plus courte ?
— Non, mais c’est moi qui ai les plus gros bras. »
Et le Taureau de franchir le mètre qui le séparait du lit médicalisé puis de glisser des mains étonnamment délicates sous les genoux et les épaules du Chevalier de la Balance. Ce dernier, soulevé sans effort, ne dut qu’aux infinies précautions de son camarade de ne pas sentir son cœur en bout de course s’arrêter tout net devant cette perturbation inopinée dans son quotidien de vieillard agonisant.
« Ça va aller ? » Lui demanda Aldébaran avec sollicitude. Dôkho opina, un minuscule signe du menton qui rassura assez l’autre homme pour qu’il s’ébranlât, le vieil homme dans ses bras, en direction de la porte des appartements, restée ouverte.Lire la suite »
Un concert de sifflements incrédules cueillit Ethan à peine le pied posé sur le seuil du cyber café. En réponse, il sourit crânement ; une mauvaise idée comprit-il un peu trop tard quand la douleur irradia depuis tout le bas de son visage pour s’enrouler autour de sa nuque.
Orwell ouvrit les yeux sur du blanc. Un blanc sale, à la limite du gris et qui l’enveloppait tel du coton mouillé. Sous lui, le sol tanguait. Se redressant péniblement sur un coude, il réalisa tout à la fois qu’il était allongé sur une banquette en bois, qu’il se trouvait sur un bateau et que le silence régnait en maître pour ne tolérer que le clapotis étouffé de l’eau contre la coque et le ronronnement étrangement lointain des moteurs. Il s’assit. Par-delà le rebord de l’embarcation qu’il distinguait à peine, régnait une brume uniforme et si épaisse qu’il n’y décelait pas le moindre repère auquel se raccrocher.