Arènes principales, Sanctuaire, Grèce, 28 Mai 2006
La sueur plaquait les fins cheveux raides et blonds sur le front bombé d’Armand et coulait à ses tempes en dépit de la fraîcheur du soir qui remontait depuis la mer. De nouveau, il repartit à l’assaut, avec toujours aussi peu de succès : son poing fendit l’espace vide d’où son maître avait déjà disparu.
« Derrière toi », fit la voix laconique du chevalier du Capricorne.
Shura se tenait quelques pas dans son dos, les mains dans les poches, exactement dans la même position que celle qu’il occupait aux yeux d’Armand moins d’un seconde plus tôt. Devant lui.
Un lourd soupir de dépit échappa au jeune Français, comme ses épaules ployaient sous la fatigue.
« Vous êtes trop rapide. »Lire la suite »
Orwell ouvrit les yeux sur du blanc. Un blanc sale, à la limite du gris et qui l’enveloppait tel du coton mouillé. Sous lui, le sol tanguait. Se redressant péniblement sur un coude, il réalisa tout à la fois qu’il était allongé sur une banquette en bois, qu’il se trouvait sur un bateau et que le silence régnait en maître pour ne tolérer que le clapotis étouffé de l’eau contre la coque et le ronronnement étrangement lointain des moteurs. Il s’assit. Par-delà le rebord de l’embarcation qu’il distinguait à peine, régnait une brume uniforme et si épaisse qu’il n’y décelait pas le moindre repère auquel se raccrocher.
Il n’était pas du matin. Il ne l’avait jamais été mais le monde du travail s’en cognait joyeusement aussi fût-ce avec son habituel soupir exténué que Stanley Wiggins appuya sur le bouton du distributeur, la tête basse, un dossier pendu au bout de son bras ballant.
as maigri », commenta Shura allongé sur le dos sur les draps en désordre, sa poitrine s’élevant et s’abaissant au rythme de sa respiration, ample et profonde. Il avait tourné la tête vers l’Italien qui s’était levé pour s’approcher de l’immense baie vitrée de la suite localisée au dernier étage de l’hôtel où Shura lui avait donné rendez-vous. La vue sur le Duomo