Nouvelle Ère – Émergence – Chapitre 2

Arlington, USA, Février 2006

Wiggins n’eut pas à attendre longtemps :

« Voulez-vous me suivre s’il vous plaît ? Il vous attend. »

C’était bien la première fois que Grisham le recevait aussi vite, constata-t-il, sarcastique, alors que les portes du bureau devenu familier se refermait derrière lui. Situé au cinquième étage de la façade nord-ouest du Pentagone, le service dévolu au chef d’Etat-Major interarmées en occupait la quasi-totalité. Une équipe restreinte disait-on sans ironie aucune : certains des prédécesseurs de Grisham avaient jugé nécessaire de s’entourer d‘un nombre de conseillers plus consistant au point de déborder sur les étages inférieurs.

Le militaire aux quatre étoiles – son patron sut se rappeler Wiggins – était installé derrière sa table de travail, son parapheur ouvert devant lui.Lire la suite »

Nouvelle Ère : sommaire

 

Émergence

 

Submersion

 

Nouvelle Ere – Emergence – Prologue

Adirondacks, Etat de New York, USA, Février 2006

L’eau clapotait autour de la barque, amarrée à l’un des corps-morts qui parsemaient la surface du lac. Chacun appartenait à la demeure à laquelle il faisait face mais leurs propriétaires ne s’offusquaient jamais qu’un voisin en utilisât un autre que le sien, au hasard de ses pérégrinations sur la vaste étendue d’eau.

Contre toute attente, le vent ne s’était pas levé et les brumes matinales achevaient de s’effilocher d’elles-mêmes, quelques longues écharpes pâles demeurant toutefois lovées dans les creux de la rive ou accrochées à la cime des sapins. Engoncé dans son épaisse parka, les mains bien au chaud dans leurs gants enroulés autour de la tasse de café fumant qu’il venait de se verser depuis son thermos, Aleister L. Corman, assis à la proue de la petite embarcation, observait le fil argenté qui plongeait droit dans l’eau tranquille.

Ce n’était pas la saison bien sûr. L’ouverture officielle de la pêche n’interviendrait pas avant deux bons mois mais d’une part personne n’aurait l’idée de le contrôler aussi tôt dans la journée et d’autre part, il savait qu’il n’attraperait rien par une température aussi glaciale. Il n’empêchait. Lire la suite »